Pas de « remondada »

 

Ils ont remporté le match aller. Nous allons triompher au retour », avait promis le parti Tim. Le parti de Marc Ravalomanana avait espéré une « remontada » (le terme est employé dans le milieu du sport, il est d’origine espagnole tiré du verbe « remontar »), dont le football européen est coutumier depuis une certaine nuit d’automne à Barcelone. Pari raté. La « remondada » escomptée n’aura pas eu lieu. Et la promesse du TIM n’a été qu’une « rodomondada ». La plateforme présidentielle IRD a raflé la majorité dans un fauteuil. Le Tim doit se contenter d’un tabouret. Cependant d’autres formations envieraient bien ce tabouret de seize élus. C’est une juste récompense d’une constance militante indiscutable et d’une vision centrée sur son fondateur, malgré les échecs et les défections de tous bords.

Cependant,  la victoire ou les matchs nuls enregistrés, vu que le Tim a dû partager les points dans l’ensemble des six arrondissements de la capitale, est un cache-misère. Les trucages électoraux, les imperfections du processus électoral ne doivent pas cacher un désaveu spectaculaire dans les autres régions de la Grande île. Le Tim paie sa stratégie incertaine et, sûrement, quelques erreurs de casting. Cependant, forte de seize élus, la formation Tim est une force de l’opposition sérieuse mue par certaines personnalités rompues aux joutes politiques. Le jeu démocratique a besoin d’un Tim fort et structuré, au sein d’une Assemblée nationale qui accorderait une place à une opposition constructive.

Mais que dire des autres partis ? Ils se contenteront des miettes. Réduites à la portion congrue, ces formations politiques risquent de ne faire que de la figuration. Le HVM termine sans gloire l’équipée entamée sous l’ancien quinquennat. À la percée ravageuse des candidats indépendants s’est succédé le débordement fatal de l’abstentionnisme. La débâcle la plus spectaculaire a frappé d’anciens ministres de l’Administration précédente. C’est un fait : un mandat public n’assure pas automatiquement une légitimité politique auprès de l’électorat. D’une manière plus globale, il bien est dommage que certains candidats qui avaient privilégié clairement des idées durant leur campagne électorale, n’aient pas pu rallier l’Assemblée nationale. Mais ils ne doivent pas baisser les bras. Notre numéro hors-série consacré aux législatives a eu également d’excellents échos. Nous n’allons pas baisser les bras dans la mission de vulgarisation et de promotion des débats démocratiques.

Problème plus large, d’ailleurs : le recul du taux de participation globale. Les formations ont essayé tant bien que mal de mobiliser leurs sympathisants et les organisations de la société civile afin de mener des campagnes de sensibilisation, mais le mal est ailleurs. Peut-être qu’il est temps de recentrer les citoyens/votants vers le cœur de la vie de la Nation. Les législatives ont changé, sans réellement bousculer, le jeu politique dans la Grande île. L’Assemblée nationale oppose dorénavant trois pôles : l’IRD, le TIM et les indépendants. Ceux qui ont espéré une bipolarisation de la vie politique peuvent passer leur chemin…

Raoto Andriamanambe