À la conquête des mairies : « bousculer l’ordre établi »

Pour la plupart, ces élections municipales et communales sont une porte d’entrée vers un mandat électif. Le chemin sera semé d’embûches mais les personnes que nous avons interviewées affichent une volonté sans faille.

Hajatiana Randrianomenjanahary, Candidat au poste de conseiller municipal à Antananarivo (coalition Komba)

« La vraie politique est une question d’engagement  »

Cette élection est le premier pas d’un engagement sur le long terme. Souvent, on parle de nous en termes peu élogieux : “Vous perdez votre temps, de toute façon les deux grands partis vont tout rafler ”. Même si c’était vrai, il faudrait commencer notre engagement un jour ou l’autre. La vraie politique est une question d’engagement. Je m’engage car j’aime ma ville, j’aime mon pays. Le combat ne sera pas facile mais si c’était le cas, on aurait vécu dans une ville paradisiaque depuis des décennies. Élu ou pas, cette élection sera pour moi une première aventure d’une longue série vers cette réforme pour la vraie politique. On peut dire que c’est notre “Komba” personnel.

R.A

Johnny Lemriss Ranaivoarison, Candidat à la mairie de Vavatenina (IRK)

« La jeunesse qui se veut être responsable doit passer par l’épreuve des urnes »

C’est l’un des moyens qui permettent d’asseoir la décentralisation effective. Si je suis élu, les citoyens seront au cœ

ur du processus de décision. Les projets auront comme point de départ les réalités du terrain. Pour mettre fin à l’insécurité, il faut d’abord que l’électricité puisse être démocratisé et mettre en place des infrastructures de base dans tous les fokontany. Mon projet est essentiellement basé sur les infrastructures sociales : adduction d’eau, réfection des routes communales, utilisation de l’énergie renouvelable pour les éclairages publics, construction du bureau de la commune. Mais le plus grand défi reste la mise en place d’un guichet unique dédié à la gestion foncière qui est une véritable problématique pour toutes les communes à Madagascar.

 R.A

Céline Nathalie Razafindehibe, Candidate à la mairie de Belobaka (indépendante)

« Une femme peut apporter un grand changement »

Je me suis présentée car je voudrais aussi apporter ma pierre à l’édifice au développement de ma région dans tous les domaines. Je suis activiste dans la promotion du genre. En tant que femme, ma devise est “À compétence égale, parité égale ”. Une femme peut apporter un grand changement et  améliorer la vie du pays car elle a l’habitude de gérer et de coordonner. Une femme est polyvalente au quotidien, elle est capable de faire deux ou trois choses en même temps, c’est inné chez elle. Mon slogan est que les “Femmes et hommes ne sont pas des adversaires pour gérer, mais complémentaires pour faire avancer le pays”.

R.A

Hilda Hasinjo, Candidate au poste de conseiller municipal à Antananarivo (coalition Komba)

« Les jeunes doivent bousculer l’ordre établi »

Mes objectifs s’inscrivent sur deux plans. En premier lieu, se faire élire en tant que conseillère municipale pour devenir le porte-voix de la population tananarivienne et exiger de son administration une bonne gouvernance, la transparence et la redevabilité. Je jouerai le rôle d’un vrai conseiller municipal, qu’Antananarivo n’a jamais connu. Si le conseil municipal avait joué véritablement son rôle, la capitale n’aurait jamais connu toutes ces mésaventures. Mon deuxième objectif est davantage politique. Je veux démontrer aux jeunes qui ont démissionné de la vie politique que tant qu’ils ne bousculent pas l’ordre établi, ce seront toujours les politiciens aînés qui auront la place.  La politique est une guerre d’intérêts. Seuls les jeunes ont intérêt à élire des jeunes. Seuls les jeunes défendront les intérêts des jeunes.

R.A

Ralison Andriamandranto, Candidat à la mairie Antsirabe (association Tanànako, Tanànantsika Antsirabe)

« Le potentiel pour le redressement et pour le développement est réel»

J’ai été très sollicité, et puis je me suis décidé quand j’ai vu la dégradation des conditions de vie de la population et l’état lamentable de ma ville, Antsirabe. Il nous faut reconstruire nos pratiques politiques. Je propose une reconstruction à partir de la base. Par une mobilisation de la population autour des élections de proximité que sont les municipales. Actuellement, aucun parti ne peut faire cette mobilisation. Moi sur Antsirabe, par l’écoute et le dialogue, je pense pouvoir le faire. Les problèmes sont innombrables et graves. Mais le potentiel pour le redressement et pour le développement d’Antsirabe est réel. La vision que je souhaite partager à tous mes concitoyens est celle d’une ville où par la solidarité, l’union de toutes les forces vives, le travail, la discipline, on met en place ensemble un mieux vivre ensemble pour les générations actuelles et les générations futures. J’ai la conviction qu’Antsirabe tirera tout Madagascar vers le haut.

R.A

Eddie Fernand, candidat à la mairie d’Antalaha (IRK)

« L’objectif  n’est pas de chercher à plaire à qui que ce soit, mais de sauver la société en déshérence que vous avez en charge »

J’ai toujours eu une nette préférence pour l’onction populaire, pour l’accession au pouvoir par voie électorale que pour une quelconque nomination dépourvue de légitimité populaire. Le plus important est de jouir de l’adhésion des citoyens, d’œuvrer sincèrement et honnêtement pour la bonne gouvernance et pour l’intérêt de la population, parfois même au détriment de ses propres intérêts. La population, la seule souveraine, saura gratifier et défendre les efforts quelles que soient les éventuelles pressions et d’où qu’elles proviennent. L’objectif  n’est pas de chercher à plaire à qui que ce soit, ni au parti au pouvoir ni à l’opposition, mais de sauver la société en déshérence que vous avez en charge. Certes, l’Afrique n’a pas besoin d’homme fort,, mais d’institutions fortes, comme Barack Obama l’a expliqué, mais j’estime qu’une institution s’incarne d’abord par l’homme qui la dirige. C’est à moi en tant que dirigeant, maire, de donner avant tout l’exemple pour que les choses changent et s’améliorent. Certaines choses, comme la lutte contre la corruption, ne se déclarent pas , mais se démontrent.

I.A