Conscient de la stagnation économique du pays depuis 60 ans, l’industrialisation du pays est reconnue comme étant le seul moyen pour le pays de sortir de cette pauvreté persistante.

Cela nécessite entre autres la transformation de la structure économique nationale et un changement de mentalité de tous nos concitoyens. Le processus de transformation de l’économie nationale, allant du stade agraire au stade industriel est sur ses rails. Le Pr Carlos Lopes en avait appelé à cette « transformation structurelle radicale » pour sortir l’économie malgache de son marasme profond. Aujourd’hui, la Grande île accuse un grand retard par rapport au monde entier dans l’industrialisation du pays, dans l’industrialisation de l’économie et dans l’industrialisation de la production (voir le grand dossier Politikà 6). Une triple pénalité qui se ressent dans le quotidien et au niveau économique du pays en général.

DEUX ORGANISATIONS patronales, à savoir le Syndicat des industries de Madagascar (Sim) et le Fivondronan’ny mpandraharaha malagasy (Fivmpama), deux plateformes syndicales composés de la Conférence des travailleurs de Madagascar (CTM) et la Solidarité syndicale de Madagascar (SSM), ainsi que le Cercle de réflexion des économistes de Madagascar (Crem), ont constitué le socle de l’Alliance qui en appelle d’autres. Ils ont procédé à la signature de la Charte la constitution de l’Alliance, le mardi 5 décembre dernier. Cette alliance fait suite à l’élaboration de la Loi sur le développement de l’industrie (LDI) et constitue une des grandes étapes de la mise en œuvre de la politique industrielle du pays.  Elle vise à entraîner Madagascar vers une industrialisation rapide, mais néanmoins durable et respectueuse de l’environnement, et à interpeller l’État afin qu’il fasse de l’industrialisation une vraie priorité pour le développement de la Grande île. « Cette alliance pour l’industrialisation de Madagascar est une nécessité absolue et impérative de nos jours, souligne le Dr Andriampeno Ramiliarison, Président du Conseil d’Administration du Crem. Madagascar devrait produire ce que son peuple va consommer et la population de Madagascar devrait consommer d’abord ce que son industrie produit ». « Nous nous sommes réunis afin de rassembler nos voix et de constituer une force de pression pour promouvoir les industries et l’entreprenariat à Madagascar. Tout en s’engageant pour une justice et une équité sociale dans le réinvestissement des fruits de la croissance » a, quant à lui, avancé Erick Rajaonary, président du Fivmpama.

NOTONS que l’industrialisation du pays a vocation à valoriser les produits agricoles, à promouvoir la transformation des matières premières localement afin de soutenir l’activité du secteur primaire, à augmenter la valeur ajoutée pour Madagascar et à créer plus de travail décent et d’améliorer la condition de vie générale de la population. Mais cette industrialisation fait face à plusieurs obstacles, comme la délinquance économique, la concurrence déloyale, la corruption, les mesures fiscales peu favorables, la volonté étatique, les infrastructures et d’autres maux. Pourtant, la relance économique et le développement du pays doivent impérativement passer par ce stade. Une étape qui a déjà révolutionné la structire économique de plusieurs pays dans le monde. Les représentants des organisations signataires de la charte ont chacun mis en exergue la nécessité d’adoption du patriotisme économique pour soutenir les industriels, pour accroître la notoriété du Vita malagasy et pour améliorer leur compétitivité tant qu’à l’échelle nationale qu’internationale. « Madagascar a toutes les potentialités de se développer, toutes les potentialités pour s’industrialiser, toutes les potentialités pour produire mieux qu’auparavant. Mais toutes ses potentialités restent vaines, si nous n’unissons pas nos forces pour les exploiter dans les conditions optimales », a exhorté le Dr Andriampeno Ramiliarison.

« L’ENJEU de l’industrialisation touche tous les aspects de la vie de la Nation. Sur le chapitre de l’emploi, nous constatons actuellement que le marché du travail est pratiquement inexistant à Madagascar. S’il y a du travail, il est précaire et instable. Les emplois plus stables créés par l’industrie, conduisent à une plus grande sécurité pour les travailleurs tout en mettant fin à l’emploi précaire », indique Olga Rakotoarimanga, de la CTM. La création de l’alliance tombe à point nommé. Elle aidera à soutenir activement le long de l’année 2018 les dispositifs mis en place dans le cadre de la LDI qui sera dorénavant le cadre législatif du secteur industriel.  Néanmoins, la bataille s’annonce rude pour que cette loi ne demeure pas sans fondation et sans apport concret pour le secteur. « Le nom Alliance a sans doute une consonance militaire mais il confère une stratégie commune pour une forte mobilisation », appuie Fredy Rajaonera, le président du SIM.

Van-Lee Behaja

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