La talentueuse jeune slameuse est devenue le porte-étendard d’une jeunesse qui veut que sa voix se fasse entendre.

Certains pensent que le slam est un art élitiste. Est-ce le cas ?

Le slam n’est pas élitiste. On peut en faire dans toutes les langues et à travers le prisme de diverses cultures. On peut même inventer des mots ou utiliser des sonorités banales (onomatopées, bruitages, etc.) à travers cet art qui transcende les frontières connues de la poésie, du rap et de la littérature. Mais si beaucoup de slameurs utilisent le français, c’est à cause de leur proximité avec cette langue. Quelque part, il n’est pas à négliger aussi de penser que c’est peut-être aussi dû au fait que nous sommes victimes de la colonisation et de la mondialisation.

Des règles particulières régissent-elles cette discipline ?

Les codifications du slam sont claires : il faut simplement se respecter. C’est pour cela que les injures sont bannies dans les textes et peuvent conduire à la disqualification lors des concours. Cet art prône également les valeurs du fair play. Bien évidemment, le slam privilégie la liberté. Il parle de tous les sujets passant de la politique à la sexualité en toute indépendance.

Expliquez-nous la dimension sociétale que prend le slam à travers vos actions.

Cet art permet aux personnes de s’accepter comme elles sont. Dans la même foulée, c’est un outil pour le changement de comportement. Je l’utilise pour la réintégration sociale de jeunes exclus et de jeunes mères, notamment en milieu carcéral. Je les incite à écrire et à décrire ce qu’ils ressentent et à les extérioriser pour qu’ils puissent s’accepter par la suite à travers des slams. Le résultat est bien souvent probant ce qui prouve que « les mots ne sont pas toujours des mots et les mots soignent les maux ».

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