Même si la COP22 (Conférence des parties) a débouché sur des mesures limitées, les négociations ont porté sur la concrétisation des Accords de Paris. Une avancée non-négligeable.

Vendredi 18 novembre. Les délégués des 196 parties achèvent leurs travaux après avoir adopté la Proclamation de Marrakech, que l’on pourrait assimiler à la « vision de Marrakech ». La veille, ils avaient entériné ce document cadre issu des travaux de la COP22. La Proclamation de Marrakech est considérée comme étant « un moment politique fort », après deux semaines de négociations techniques. L’ensemble des participants à la conférence a réclamé à cor et à cri « l’engagement politique maximal » contre le réchauffement climatique.

« NOUS, CHEFS D’ÉTAT, de gouvernement, et délégations réunis à marrakech, (…) appelons à l’engagement politique maximal pour lutter contre le changement climatique, c’est une priorité urgente », peut-on lire sur le document. La COP22 a marqué un grand tournant dans l’action en faveur du climat et du développement durable. Les pays développés vont mobiliser près de 100 milliards de dollars par an pour les pays en développement d’ici 2020. Cela concrétise la promesse faite dès 2009 à la conférence de Copenhague. « Une action et un soutien supplémentaires pour le climat, bien avant 2020, en tenant compte des besoins spécifiques et des circonstances particulières des pays en développement, des pays les moins avancés et des pays particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques », sont réclamés.

MAIS QUE SIGNIFIE VRAIMENT cet appel à un engagement politique maximal ? Il est destiné aux parties prenantes pour renforcer et soutenir les efforts afin d’éradiquer la pauvreté, d’assurer la sécurité alimentaire de la population et de prendre les mesures nécessaires pour faire face aux défis du changement climatique. La délégation malgache a insisté sur la nécessité d’intervenir dans les secteurs de la nutrition et de l’agriculture durant les courtes interventions, les 14 et 17 novembre. La Proclamation de Marrakech est aussi un appel à renforcer une coopération internationale afin de combler l’écart entre les émissions actuelles et celles requises pour atteindre les objectifs à long terme : limiter la hausse des températures, comme ce qui a été fixé par l’Accord de Paris. Notons que la COP22 a eu lieu avant l’élection de Donald Trump. C’était un paramètre important dans les négociations, le nouveau président américain étant connu pour sa position très climato-sceptique.

LA COP22 À MARRAKECH a revendiqué une politique d’augmentation des financements, des flux et de leur accès, avec une amélioration de la capacité et de la technologie, y compris le transfert de ces technologies des pays développés vers les pays en développement. Les acteurs présents dans la capitale marocaine ont demandé à ce que le processus soit opéré en inclusion totale. État, société civile et secteur privé doivent collaborer étroitement pour « une action et une mobilisation immédiate et ambitieuse ». Mais comme toute déclaration, ce sont des idéaux à atteindre. L’histoire nous a prouvé qu’entre les promesses et les réalités, les écarts pouvaient être abyssaux. La Proclamation de Marrakech n’est qu’un ensemble de mots, d’objectifs et une vision de ce qu’il faudrait faire. Il est impératif que chaque gouvernement établisse des politiques efficientes sur la réduction de pauvreté, la facilitation de l’accès aux financements, l’inclusion des entités non étatiques et transparence dans les activités pour vraiment participer à sa concrétisation. À Madagascar de saisir cette opportunité.

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