« Les difficultés dans la gestion budgétaire ne manquent pas. Pour les dépasser, il est nécessaire d’adopter une démarche de transparence », plaide le Dr Ulrich Nussbaum (photo). Pour montrer la voie, il a expliqué les démarches accomplies quand il était ministre en Allemagne. Il a souligné la nécessité d’une coupe sur les investissements dans les infrastructures et la diminution des salaires et des avantages des fonctionnaires de 7% en dessous de la moyenne. « En limitant la hausse annuelle des dépenses, on diminuera les déficits. Si l’on explique clairement les efforts à fournir aux citoyens, ils comprendront », soutient l’ancien sénateur pour les Finances des États de Brême et de Berlin. Malgré une restriction budgétaire sévère, le ministre a pu jouir d’une cote de popularité élevée. Sous sa conduite, l’équilibre budgétaire a été atteint en 2015.

L’optimisation du budget nécessite donc un contrôle en temps réel des dépenses avec les nouvelles techniques de gestion de projet et des prises de position résolues. Si certains proposent la réduction des salaires des fonctionnaires, d’autres avancent plutôt de réduire leurs effectifs. « La machine administrative a besoin d’une souplesse qui diminuerait les coûts, tout en augmentant l’efficacité. Elle gagnerait même à se défaire de certaines lourdeurs administratives », avance l’économiste Elie Ramanankavana. Le Pr Mamy Ravelomanana, économiste et enseignant chercheur à l’Université d’Antananarivo, a souligné que « Madagascar doit revoir ses priorités dans les dépenses de fonctionnement ». En se référant sur le modèle allemand, il a indiqué que les investissements sociaux relèvent plutôt d’une politique à long terme. Pour lui, une augmentation de la pression fiscale est primordiale pour le bien-équilibre du budget. Cependant, l’expansion du secteur informel complique la tâche.

 R.A. et B.V.L.

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE