« Pour éviter la mainmise des hommes d’affaires et des hommes politiques sur les médias, il faut d’abord dépolitiser les médias », martèle Sylvain Ranjalahy. Le directeur des publications de L’Express de Madagascar pense, entre autres, à « des professionnels (qui) deviennent propriétaires d’un journal ». Cela suppose évidemment « un environnement favorable avec la possibilité d’accès à une ligne de crédit bancaire par exemple, note-t-il. Un projet d’entreprise de presse avec des journalistes à la tête peut absolument réussir ».

Se voulant plus réaliste, Mamelasoa Ramiarinarivo n’est pas aussi certain quant à la réussite d’un organe de presse appartenant exclusivement à des journalistes. « Malgré une certaine bonne volonté à sa création, un organe de presse peut très vite devenir un outil politique du fait des difficultés du marché et des diverses sollicitations politiques et commerciales, surtout pendant les périodes électorales », explique-t-il. Le directeur exécutif de l’ONG Ilontsera met en avant « le risque pour un professionnel de n’être animé que par la passion du métier sans trop se soucier des aspects commerciaux et économiques, mettant ainsi en péril l’existence même de l’organe ». Il suggère l’exemple de certains pays où des journalistes sont propriétaires de leurs organes de presse en étant de petits actionnaires regroupés au sein d’une société des rédacteurs ou d’une coopérative.

I.A.

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