Comment expliquer la recrudescence des vols de vanille dans la région de SAVA cette année ?
Le prix de la vanille a exceptionnellement augmenté, et cela a suscité des convoitises. Les gens pensent que ceux qui possèdent de la vanille ont de l’argent. Compte tenu de la hausse de la demande de la vanille verte, l’augmentation du prix touche aussi bien la vanille préparée que la vanille verte. D’où la recrudescence des vols sur pied.

Les champs de vanille ne peuvent-ils pas être sécurisés ?
Les planteurs n’arrivent pas à clôturer leur champ, compte tenu de leur superficie. C’est pour cela qu’ils sont exposés aux vols. Ils n’arrivent pas non plus à payer des gardiens. Or, pour sécuriser un champ de vanille, il faut pas moins de cent gardiens.

Quel est le rôle de l’Etat dans la prévention de cette insécurité ?
Les criminels profitent surtout de la désorganisation de la filière. A l’époque dirigiste des années 70-80, l’Etat était capable de surveiller d’amont en aval la filière vanille. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. On n’arrive plus à canaliser la filière.
Mais les acteurs ne sont-ils pas censés avoir des cartes professionnelles ?
Les planteurs doivent avoir une carte pour pouvoir planter de la vanille. Les collecteurs doivent également avoir une carte pour pouvoir exercer. Pareil pour les acheteurs, les préparateurs, etc… En théorie, tout cela est prévu dans les textes. Mais dans la pratique, l’Etat n’a pas la capacité de contrôler tout cela. Les brigands s’imbriquent dans cette faille. Quand on trouve quelqu’un qui vend de la vanille verte, on n’est pas forcément face à un planteur légal.

Propos recueillis par Iloniaina Alain  

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