La musique serait-elle le remède pour arrêter la dépolitisation inexorable des jeunes ? « Consciemment ou inconsciemment, l’on écoute toujours de la musique. On y est exposé en permanence », soutient Sariaka Rabearivony. Doubl’Enn, avance même que « certaines œuvres font et défont des régimes ». La chanson possède un sacré pouvoir subversif, certains artistes sont des leaders d’opinion incontestables. Ainsi, le magazine Times place Bruce Springsteen parmi les leaders d’opinion les plus influents aux États-Unis. Sur le continent africain, Tiken Jah Fakoly (Côte d’Ivoire) et Lapiro de Mbanga (Cameroun) ont – ou ont eu – une incidence notable dans leur société.

Au Sénégal, le collectif « Y’en a marre », un groupe de jeunes rappeurs, a été le fer de lance de la contestation anti-Wade qui a débouché sur la non-élection de l’octogénaire en 2012. « Au lieu de tout casser dans des émeutes, servez-vous du vote comme d’une arme et mobilisez-vous, au quotidien. Comme des citoyens que vous êtes », avait exhorté le rappeur Keyti Melakh, un des membres du mouvement, lors du Forum des Idées de Gauche à Antsirabe en avril. Ce réveil citoyen, à travers l’art, est un bel exemple de « politisation » des jeunes qui votent de moins en moins et ont une méfiance croissante envers les discours des gouvernants. La chanson, quelle que soit sa forme, est un outil puissant susceptible de transmettre l’espoir à la jeunesse par rapport aux verbes des hommes politiques qui se drapent de morale ou qui revêtent un ton inadéquat.

Raoto Andriamanambe

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