L’État Providence se reconnaît par les services qu’il offre à ses citoyens, notamment dans le domaine social. Il est soucieux du bien-être général. Quant à l’État voyou, il ne respecte pas les lois internationales les plus élémentaires. Dans ce classement très officieux, Madagascar pourrait se glisser dans la catégorie de l’État d’ivresse. Des dirigeants enivrés de pouvoir officient à sa tête, avec des élus peu enclins à remplir leur fonction élémentaire.

Dans cette grande beuverie, c’est le peuple qui trinque. La réaction éhontée du chef de l’État sur les ondes de la Radio Nationale concernant le terrible accident qui a eu lieu à Anjozorobe, n’est pas erronée mais vraie, même si elle paraît déplacée en de pareilles circonstances. En essence, il a accablé les passagers du camion en les fustigeant de ne pas avoir pris leur responsabilité bien en amont, en s’entassant – en toute connaissance de cause – dans le véhicule conduit par une personne en état d’ivresse. Dans la foulée, il aurait pu également pointer du doigt les dispositifs laxistes des départements ministériels concernés et l’œillère qui a recouvert les yeux des forces de l’ordre – habiles à racketter les transporteurs sur les routes nationales.

À rebours, le constat amer et véridique du chef de l’État s’applique également au pays. Le peuple ne peut s’en vouloir qu’à lui-même d’avoir porté à la tête du pays un projet de société vague – enrobé de promesses qui n’engagent que ceux et celles qui les écoutent – et une vision globalement creuse. Le déficit énergétique dont le pays est victime n’en est qu’une parfaite illustration. Alors que, ne nous abstenons pas à le rappeler, il avait été promis qu’au bout de trois mois, les délestages auraient dû être réglés. La grande fête de la relance économique qu’aurait dû être ce mandat, s’est plutôt muée en une gueule de bois constante dans laquelle est plongée la population. Et le peuple est en train de boire le calice jusqu’à la lie.

Raoto Andriamanambe

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