Le Directeur exécutif du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) découd pour nous la santé économique du secteur textile malgache. 

Comment se portent les zones franches en textile à Madagascar ?
De mieux en mieux. Les derniers chiffres en notre possession indiquent que, rien que pour le marché américain – grâce à l’AGOA – durant le premier trimestre de 2015, nous avons enregistré une recette de 6 millions de dollars grâce à l’exportation textile. Durant la même période, en 2016, les chiffres sont évalués à 18 millions de dollars, soit une hausse de 300% en un an ! Nous ne pouvons que nous en réjouir car le décollage tant espéré est sur la bonne voie. Certes, le marché européen est en faible régression, mais nous ne sommes pas pour autant pessimistes.

Ce rebond s’est-il traduit en création d’emploi ?
Dans le Doing business, le secteur textile est l’un des pourvoyeurs d’emploi par excellence. Ce qui signifie pour nous, acteurs dans le domaine, que nous accomplissons notre devoir en termes de création d’emplois. Mais il est clair que des efforts restent à faire, par exemple par rapport à l’amélioration des conditions de travail. La condition sine qua none pour intégrer le GEFP est l’inscription de tous les employés aux prestations sociales de bases, afin de leur garantir un travail décent. Mais il faut aussi savoir que sur 137 entreprises franches en textile, seules 75 sont membres du GEFP.

Actuellement, 23 entreprises locales sont accréditées par AGOA. Ce n’est pas le nombre escompté au début. Pourquoi ce ralentissement ?
Pour pouvoir exporter aux États-Unis, dans le cadre de l’AGOA, il faut passer par de nombreuses étapes. Il faut se conformer à une bonne vingtaine de critères. Les dossiers des entreprises franches sont en cours de traitement, mais il va falloir plus de patience car les procédures sont longues. Mais d’un autre côté, il faut aussi prendre en considération le fait que beaucoup d’entreprises ne sont pas encore revenues sur le marché. Les firmes asiatiques qui détiennent une importante capacité d’investissement ne sont pas encore décidées à réenclencher la machine. D’où le ralentissement par rapport à ce qui était prévu au départ.

Sur le marché international, la Grande île a aussi beaucoup de concurrents. Quels sont les comportements à adopter pour bien se positionner ?
Il est temps maintenant que Madagascar parte à la chasse aux grandes marques. Une centaine de griffes prestigieuses sous-traitent leur production dans les entreprises franches de par le monde. Madagascar n’en fait actuellement que très peu d’entre elles. Et nous nous attelons dans ce sens actuellement avec la mise en place de « Origin Africa ». C’est un nouveau projet qui va permettra de partir à l’assaut des grandes marques en nous faisant connaître partout dans le monde en tant que pays à forte capacité dans la production textile. Bientôt, nous allons nous positionner dans l’agenda des plus grands acheteurs mondiaux.

Pourquoi est-ce que le pays n’a pas pu se positionner dans ces segments auparavant ?
Il y a de nombreux facteurs qui entrent en compte. Mais le plus important est que Madagascar est géographiquement éloigné des acheteurs potentiels. Ce qui désavantage le pays. Mais pour nous, c’est juste un chalenge de plus à relever. Il va falloir trouver de quoi séduire les gros clients, en proposant des services sensiblement moins chers avec une qualité irréprochable. D’ailleurs, notre slogan au sein du GEFP est de « porter le savoir-faire malgache au cœur du marché mondial ». Nous avons franchi plusieurs étapes dans ce sens mais les efforts seront continus.

Reccueillis par Hilda Hasinjo

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