La concrétisation de la volonté du Président de développer le secteur industriel est attendue dans les prochains mois, à travers la mise en route effective de plusieurs chantiers allant dans ce sens.

Le président Hery Rajaonarimpianina dresse les grandes lignes de la relance de l’industrie. « L’objectif du gouvernement malgache à moyen terme est ainsi de transformer la structure économique du pays et d’augmenter significativement le poids de l’industrie dans le PIB national à plus de 25% à l’horizon 2025 », soutient-il lors du Sommet des chefs d’État et du gouvernement du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa) le 20 octobre. Pour l’instant, la part de l’industrie dans le PIB oscille entre 14 et 16%.

LE CHEF DE L’ÉTAT LISTE des secteurs prioritaires pour atteindre cet objectif. « L’industrialisation à Madagascar s’articulera essentiellement autour de l’agro-industrie, et la promotion d’une industrie structurante, la transformation des ressources minières, le textile et l’habillement, ainsi que les nouvelles technologies de l’information et des télécommunications, énumère-t-il avant de préciser que les autres secteurs générateurs d’emplois  ne nécessitant aucune spécialisation accrue et pour lesquelles le pays dispose d’une main-d’œuvre locale compétitive en terme de coût et de dextérité, feront l’objet d’une priorisation ». Le bouclage de l’avant-projet de texte portant loi sur le développement de l’industrie à Madagascar (LDIM) constitue un premier pas pour jauger la volonté gouvernementale pour l’industrialisation du pays. Le texte est encore « au stade de concertation finale », précise Hyacinthe Befeno, membre du Collège des conseillers économiques du président de la République. La mouture devrait, entre autres, traiter l’accès au financement et les mesures incitatives. Le conseiller du président de la République évoque également « le financement industriel par le biais de la création du Fonds national de développement de l’industrie (FNDI) ou encore le package fiscal ». Il a rappelé que le gouvernement affiche toujours l’ambition de faire de l’industrie le moteur du développement, si l’on se réfère au Plan national de développement (PND). Dans ce document stratégique, l’objectif fixé est d’augmenter à 25% sa part au PIB, soit au niveau de celle de l’Afrique subsaharienne.

À L’INSTAR DE Christian Rajaosafara, vice-président du Syndicat des industries de Madagascar (Sim), les industriels fondent beaucoup d’espoirs sur ce texte. Pour l’instant, il admet ne pas connaître les détails des mesures prises dans le document final avant sa soumission au gouvernement. Mais il espère, si possible, l’examen du projet de loi durant l’actuelle session parlementaire afin d’avancer plus vite dans le processus. Il reste à savoir si les autorités arrivent à boucler et présenter au Parlement l’avant-projet de loi avant le 18 décembre, date de la fin de la session budgétaire. Dans le cas contraire, il faudra attendre celle de mai 2017, à un an et demi des prochaines élections, là où le risque de surenchères ou du désintérêt des parlementaires n’est pas à écarter. Or, le texte sur l’industrie « nécessite un consensus national, réclame Hyacinthe Befeno. Il s’agit d’une stratégie, qui, espérons-le, ne fera pas l’objet de marchandage politique sinon on va faire du yoyo jusqu’en 2018 ». Techniquement, Raymond Razafindrakoto, ancien économiste du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) prône la « nécessité d’une vision globale (…) un choix de société. Les acteurs doivent convenir sur le type de société à développer ».

EN ATTENDANT la finalisation de l’avant-projet de loi, la volonté du gouvernement devrait être perceptible dans la pose des jalons vers la promotion de l’industrie. Les échanges et les partages des parties concernées au cours du Forum sur le développement industriel du 23 septembre, organisé par la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) permettent de recueillir les espoirs, les appréhensions, les aspirations ainsi que les propositions des parties concernées. En substance, le climat des affaires, l’accès au financement, l’énergie reviennent toujours en première ligne comme autant de faiblesses pointées du doigt, nécessitant des solutions, en parallèle au projet de texte. Pas plus tard qu’en septembre, le patronat a encore tapé du poing sur la table concernant l’assainissement du secteur. Il a exigé des mesures pour faire face, entre autres, à la « concurrence déloyale, apparaissant sous diverses formes (…), une gangrène qui nuit à la compétitivité des industries locales et provoque une mort lente du secteur industriel », et pour établir une « équité fiscale », dans un communiqué émanant des différents groupements économiques. L’État doit gérer le dossier sensible de la fiscalité, entre la promesse auprès des partenaires techniques et financiers d’augmenter le taux de pression fiscale, et la grogne des industriels. L’amélioration du climat des affaires revient toujours comme étant l’une des clés pour toutes les branches d’activités, même si les autorités se targuent d’avoir pu améliorer le milieu des affaires au niveau du l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), l’organisme de facilitation et de promotion de l’investissement. L’élaboration du projet de Loi de finances 2017 devrait fournir quelques indices sur la cohérence des actions gouvernementales.

Iloniaina Alain

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