Tandis que nos parlementaires s’écharpaient sur la Loi électorale, l’Afrique se donnait rendez-vous à Kigali. Non pas que les textes qui vont régir les prochaines échéances électorales ne soient pas importants, mais l’avenir du Continent noir se jouait peut-être dans la capitale rwandaise. Les décisions qui y ont été prises peuvent potentiellement bousculer la société et la politique, les habitudes malgaches sur les moyen et long termes.

44 pays africains, dont Madagascar, ont signé l’accord établissant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC), dont nous faisons longuement l’écho dans ce numéro. La Grande île a préféré ne pas signer le sous-chapitre relatif au traité établissant la libre circulation des personnes, le droit de résidence et le droit d’établissement. C’est une décision sage. Incontestablement, avant d’entrer dans une telle démarche, il est préférable d’engager des dialogues nationaux. Mais la question est de savoir si ces derniers intéresseront les citoyens et les mêmes parlementaires qui n’étaient qu’une poignée lors des auditions publiques sur la loi électorale. Combien de personnes seraient-elles réellement intéressées par ce débat qui doit être ouvert de manière dépassionnée et objective ?

L’Afrique est en marche, malgré les tares qui la handicapent. Une croissance franche qui est citée en exemple pour des pays comme l’Éthiopie, le Rwanda, justement, et l’île Maurice. N’en déplaisent aux dépositaires d’un discours ultranationaliste et réfractaires à l’ouverture : nous sommes en Afrique. Les vrais enjeux de la prochaine décennie seraient d’intégrer cette dimension et surtout de nous préparer à cette libéralisation africaine. Sommes-nous armés face aux industries sud-africaines, face aux techniciens Ivoiriens, face à l’élan d’une Afrique anglophone lancée à pleine vitesse ? Oui, nous avons la compétence, nous avons les hommes, mais avons-nous la volonté pour les mettre en avant ?

Tandis que nos yeux restent rivés aux rumeurs et aux futilités des réseaux sociaux, l’Afrique avancera. Espérons que, quand nous décrocheront, il ne serait pas trop tard.

Raoto Andriamanambe

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE