Le processus de développement économique d’un pays passe par la révolution industrielle principalement dans le domaine de l’agriculture.

La théorie économique de la « physiocratie » (16e siècle)1 en Europe a mis en exergue l’importance de la production agricole comme source de la croissance économique durable. Le secteur agricole représente 29,1% du PIB du pays et emploie plus de 80% de la population active. L’industrialisation de l’agriculture garantira l’accroissement de la richesse nationale tout en améliorant le cadre de vie d’une large frange de la population.

UNE POLITIQUE INDUSTRIELLE BASÉE sur la politique agricole efficace et efficiente conduit au décollage économique via la mécanisation, l’innovation et le progrès technique. De plus, la compétitivité des activités industrielles est déterminée principalement par un fort investissement dans le secteur agricole. Le retard de Madagascar en matière d’industrialisation peut s’expliquer par la déficience des facteurs de production, la domination extérieure et l’inadéquation de la politique sectorielle par rapport à la réalité économique. Dans la Grande île, les réformes agraires menées dans les années 70 ont été interrompues par les crises politiques qui sont devenues périodiques. De plus, la politique agricole n’a jamais été considérée comme étant prioritaire. L’État doit mettre les bouchées doubles dans la structuration des filières ainsi que les investissements dans des infrastructures. Néanmoins, la Loi des finances 2018 prévoit que le crédit ministère auprès de la Présidence en charge de l’agriculture et l’élevage (MPAE) diminue de 12 % par rapport à 2017, « bien que 13 nouveaux projets justifient le niveau du Programme d’investissement public (PIP)»2.

LA STRATÉGIE D’INDUSTRIALISATION est basée sur deux paramètres incontournables : la stratégie de développement autocentré ou endogène et la stratégie extravertie. La première a comme objectif de favoriser le pôle d’industrialisation. Il s’agit de booster le secteur agricole pour développer – par effet d’entrainement – les autres secteurs d’activités comme l’éducation, la santé publique, le transport, le tourisme, etc. Par ailleurs, l’industrialisation endogène permet d’instaurer l’industrie par substitution à l’importation. En d’autres termes, il s’agit de substituer les produits importés par les produits locaux dans l’objectif de diversifier la production et valoriser l’industrie ou la production locale. La seconde, qui est la stratégie extravertie, concerne la mise en place d’un système favorisant l’exportation des denrées agricoles (riz, vanille, café, etc.) et   l’exportation de produits à forte valeur ajoutée (équipement technologique et informatique). L’objectif ultime de ces deux stratégies d’industrialisation est de limiter la dépendance aux commerces internationaux – soit par des importations, soit par les prix fluctuants des importations –afin de mieux s’intégrer dans les organisations régionales en adoptant une posture plus offensive. Le secteur agricole a besoin d’une réforme et d’une solution durable afin de répondre aux besoins de consommation interne. Même s’il devrait être un domaine clé de l’expansion économique, il enregistre encore une trop faible croissance économique par rapport à d’autres secteurs. Pour cette année, les projections tablent sur une croissance de 3,2%, avec une croissance escomptée de la branche agricole de 4,9%3.

CONCEVOIR L’INDUSTRIALISATION DU SECTEUR AGRICOLE et surtout choisir l’agriculture comme secteur-clé et pôle de croissance économique sont admis comme étant une condition sine qua non pour le décollage de l’économie nationale. Les exemples des pays du Sud-est de l’Asie sont nombreux. Dans un avenir proche, il s’agit de faire répondre les produits agricoles aux exigences, en termes de quantité et de qualité. Ce qui est indispensable pour la normalisation de la politique agricole à Madagascar. Le rôle économique de l’État (État stratège et régulateur) être recentré dans l’objectif d’instaurer le dispositif participatif dans la mise en œuvre de la politique industrielle basée sur l’agriculture afin de rationaliser les décisions publiques. Une stratégie agricole tournée vers l’industrialisation met en valeur de multiples dimensions : comme la promotion des exportations des produits, les réformes agraires, la révolution verte et le développement rural intégré. La promotion des exportations permet de faire rentrer des devises plus significatives et accroit la capacité d’importer les équipements technologiques nécessaire pour la production agricole. Un investissement massif en matière d’équipements dans la filière rizicole par exemple entrainera un accroissement rapide de la production du riz débouchant, in fine, à l’autosuffisance alimentaire du pays. Une véritable réforme agraire doit passer par la vulgarisation en matière des normes aux paysans et aux agriculteurs et par une politique commerciale qui favoriserait les producteurs en les protégeant des importations asiatiques et européennes. Le fait est que le riz est actuellement détaxé. Le choix de la politique d’industrialisation induira des conséquences positives sur le bien-être de l’ensemble de la population.

Johnny Lemriss Ranaivoarison

1 La physiocratie est le « gouvernement de la nature », qui voit dans l’agriculture la source exclusive de la richesse, est la première théorisation des relations entre économie et population. – 2 Budget des Citoyens http://www.mefb.gov.mg/textes_lois/BDC/BDC-LFI-2018___FR.pdf3 Ministère des Finances et du budget

 

A la loupe

L’agriculture c’est

30% du Produit intérieur brut (PIB) de Madagascar

80% de la population active

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