À chacune de ses interventions, le président du Syndicat des industries de Madagascar (Sim), Fredy Rajaonera, le clame haut et fort. L’organisation patronale pèse à hauteur de 25% dans les caisses fiscales de l’État. L’administration publique en a conscience : les contribuables peinent à honorer leurs dus, elle doit donc se rabattre sur ces unités industrielles – en exerçant le maximum de pression sur elles – au risque de faire fuir les investisseurs potentiels et de décourager ceux qui opèrent dans le pays. L’on se souvient qu’en 2013, en pleine période floue de la Transition, une partie des membres du Groupement des entreprises malgaches (Gem) – la principale organisation de patrons à Madagascar – n’a pas versé la TVA. Ce, pour « protester contre l’attitude des dirigeants face à la crise ».

À l’époque, la plateforme du secteur privé avait dénoncé « le manque total de visibilité » et qu’elle doit « de surcroît supporter des charges supplémentaires et subir des contrôles fiscaux incompatibles avec l’état de survie dans lequel elles ont été plongées malgré elle ». La situation n’a pas changé d’un iota. Les contrôles fiscaux servent toujours comme des épouvantails pour intimider les adversaires politiques ou les patrons qui élèvent un peu leur voix. Mais imposer les citoyens et les industriels ne se réduit pas seulement à de l’oppression fiscale. Il faut mettre en place un vrai contrat social : les contribuables acceptent de payer des impôts s’ils ont une contrepartie comme le développement d’infrastructures, des politiques publiques de santé, d’éducation, une économie qui fonctionne… C’est ce qui fait défaut actuellement alors que d’aucuns estiment que le potentiel fiscal malgache est encore énorme et vaste.

Raoto Andriamanambe

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