La consolidation de la paix est une expression encore méconnue des Malgaches. C’est un processus politique qui consiste à prévenir les conflits et à favoriser la restauration de la paix après une guerre ou un conflit armé. Par extension, elle tend à prévenir les crises et est rendue possible, entre autres, par l’implication de tous les acteurs. Les femmes et les jeunes sont généralement les plus vulnérables et les principales victimes lors des conflits. La consolidation de la paix vise expressément à les intégrer dans le processus d’instauration de la paix afin d’en garantir la durabilité. Le contexte malgache est particulier. On pourrait s’interroger sur l’utilité de sensibiliser les jeunes et les femmes malgaches sur la consolidation de la paix puisqu’à première vue, Madagascar n’est pas un pays en guerre ou en situation de post-conflit. La Grande île fait face à des conflits latents qui présentent des risques d’embrasement : comme le problème des dahalo ou celui de l’insécurité en zone urbaine.

L’un des éléments de notre culture est marqué par l’exclusion des jeunes du processus de prise de décision. Ceci est un handicap qui nuit au développement. Selon moi, les aînés ne seront pas là éternellement et devront un jour passer le flambeau aux jeunes. En les mettant de côté, en les ménageant ainsi, cela ne les aide guère à grandir, ni ne leur donne le sens de la responsabilité. Le problème actuel est que les aînés n’accordent pas cette indépendance et cette confiance aux jeunes, trop souvent perçus comme étant des « trouble-fêtes ». Un grand moyen de les encourager à s’engager dans la consolidation de la paix et la lutte contre l’insécurité serait de reconnaître leur place dans la société et de les responsabiliser. La promotion et la vulgarisation de la culture de la paix sont nécessaires à ce processus.

Les aînés doivent donc apprendre à accorder un rôle aux jeunes au sein de la société en encourageant les initiatives et actions qu’ils entreprennent, tout en les incluant dans les processus de prise de décision. Comment cela pourrait-il se faire ? Un premier pas dans la responsabilisation serait de les mettre à la tête d’un réseau destiné à lutter contre la violence. Les composantes seraient des jeunes issus de différents horizons afin de sensibiliser leur pair par rapport à leur engagement dans la consolidation de la paix. Il est nécessaire d’encourager les échanges entre les forces de l’ordre, les autorités et les jeunes afin d’avoir le point de vue de chacun sur des problématiques du quotidien. En outre, je pense qu’il est important d’inciter les jeunes à briser l’omerta sur les différents éléments ou personnes perturbateurs dans leur entourage. C’est un premier pas vers une prise de responsabilité et dans la lutte contre l’insécurité et l’instabilité.

La consolidation de la paix ne nécessite pas d’être en situation de guerre ou de post conflit. La paix est la base de toute chose. On ne peut développer un pays sans paix. Sans paix, il n’y a pas de stabilité et sans stabilité, nous ne pourrons nous développer.

Mandaniarivo Rabekoto

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