Toamasina est une ville riche qui a tout le potentiel nécessaire pour être un levier de développement de Madagascar. Malheureusement, elle n’a cessé de se dégrader. Le 24 avril 2014 est né le groupe « Ino Maresaka à Tamatave », ou, en français, quoi de neuf à Tamatave ? sur Facebook, l’un des réseaux sociaux les plus utilisés actuellement.

A l’époque, ce groupe a été créé à l’initiative d’une dizaine de jeunes de Toamasina qui a constaté que la valeur « be tsy misaraka » (la solidarité de la masse populaire) était en train de se perdre. Cette solidarité forte qu’on généralise à Madagascar par le « fihavanana » a été ébranlée et fragilisée par l’extrême pauvreté détruisant chaque jour la société malgache.

La première raison d’être d’« Ino Maresaka à Tamatave » était donc de retrouver et de renforcer cette solidarité, à travers le partage. Nous sommes passés de 10 à 43 000 membres composés de résidents, d’expatriés, d’étrangers qui partagent tous les jours des nouvelles. Depuis juin 2014, les membres du groupe ont commencé à réaliser des activités sociales pour aider les compatriotes en difficulté.

Pendant un an et demi déjà, nous avons donné la main à plusieurs familles : aide financière pour les soins d’une femme victime d’un jet d’acide par sa rivale, nettoyage de la plage et de l’avenue de l’indépendance de la ville de Toamasina, distribution de plus de 20 fauteuils roulants à des personnes handicapées, etc. Bref, la liste des activités que nous avons réalisées est longue et elles ne vont pas s’arrêter de sitôt. Le travail ne fait que commencer et nos jeunes sont de plus en plus conscients de la nécessité de leur participation au développement de notre pays.

Tout cela n’aurait jamais pu être réalisé sans la participation de tout un chacun. Je cite les jeunes Tamataviens qu’ils soient sur Tamatave ou ailleurs, la communauté étrangère qui vit à Madagascar, les diverses organisations de la société civile qui travaille avec nous comme l’ONG LCDM avec qui l’on travaille de très près.

Grâce à tout ce que nous avons effectué sur Toamasina, d’autres groupes se sont créés à travers la Grande île. Nous avons montré l’exemple et notre souhait serait que chaque jeune malgache soit conscient de la nécessité de la participation active au développement de Madagascar.

Personnellement, je pense que le développement de la Grande île passera obligatoirement par la solidarité mais surtout par la volonté de changer de la part de tous. A l’image d’Ino Maresaka à Tamatave, les dirigeants de notre pays devraient laisser de côté leur intérêt personnel pour mettre en valeur celui du peuple. Le revers de la médaille, c’est qu’à ce jour, personnellement je reçois des centaines de messages sollicitant Ino Maresaka à Tamatave pour des collaborations. Cela demande du temps et beaucoup d’énergie. Certains membres de notre association et moi-même recevons des menaces venant d’autorités et d’organismes qui ressentent notre force comme une menace.

Unissons notre énergie et notre intelligence. Le développement de notre Grande île ne pourra passer que par l’union. Dans Ino Maresaka à Tamatave, c’est notre union qui fait notre force !

Yvan Fabius

Chronique publiée dans la version papier de Politikà

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