Landry Richard Ramaroniaina, connu sous son nom d’artiste Nonoh Ramaro, est un artiste peintre malgache. Il a créé un style propre à lui. Une touche de « modernisme » qui le singularise.

Comment percevez-vous la génération actuelle d’artistes ?

Je trouve que de nos jours la plupart des artistes peintres se positionnent comme des créateurs, c’est là le problème. N’ayant aucune idée du message transmis par leurs œuvres, le public est confus. En tant qu’artiste, je suis un observateur et un reproducteur. Mon rôle est d’éduquer le peuple en lui rapportant « divers » faits. Je me dois donc de prendre un modèle et la société en fait grandement partie, je ne peins que ce que je vois. Pour moi, l’artiste représente la société, donc il doit s’informer avant de parler de son rêve.

Comment rendre les Malgaches sensibles à l’art ?

Ce n’est aucunement le problème de l’artiste car jamais, l’art n’a intéressé les Malgaches. Le peuple est pauvre, il n’a pas le temps d’y penser même si on faisait notre travail gratuitement. L’artiste doit s’adapter à la réalité ! Je suis réaliste car moi-même, je n’ai plus le temps de discuter, d’expliquer ni de chercher ce qui n’existe pas. La tendance actuelle, c’est la légèreté, faire des œuvres adaptés au pouvoir d’achat de la majorité sans se poser des questions.

Pensez-vous que le ministère de la Culture y est pour quelque chose ?

La culture a existé bien avant le ministère, cela signifie que nous ne savons tout simplement pas « aimer ». Alors, même si on effectuait une éducation artistique, cela ne changerait rien ! Le ministère réitère souvent « mitady ny very », une idéologie tout à fait à l’opposé de la mienne. C’est aux chercheurs de faire connaître l’histoire de chaque époque avec l’aide d’un artiste de leur société.  Mes tableaux ne représentent aucun symbole de Madagascar comme l’aloalo, Anosy, bivouac, etc. Je ne suis pas obligé de répéter la même chose pour qu’on sache que je suis artiste. Il y a beaucoup de thèmes à traiter. Le public doit accepter l’évolution et le changement, rien n’est donc perdu !

Propos recueillis par  Mammie Fanahimanana

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