Le fait est qu’aucune grande démocratie ne fonctionne sans porteurs et que les idées politiques ont le plus grand mal à se faire entendre sans des groupements pour les défendre. Mais alors, que doivent être ces groupements, et comment doivent-ils fonctionner ? Si l’on veut instaurer une démocratie efficace et applicable à Madagascar, il faut donc que l’on dresse « une politique sur les valeurs de la démocratie correspondante à notre contexte social, tout en analysant les problématiques et les variations qui font barrières à l’application de cette politique. » L’on a tendance à oublier que l’individu est le centre du système, le négliger équivaut à s’autodétruire. Les élus s’éloignent du terrain et de la réalité quotidienne, le citoyen est impuissant d’exercer une quelconque pression à leurs encontre, et surtout, une méfiance populaire s’établit envers les politiciens à cause des démagogies incessantes.

La démocratie participative, à travers les budgets participatifs, les conseils de quartier et de développement, les jurys citoyens, les procédures de concertation et de débat public, etc. devient en ce sens plus que nécessaire à Madagascar. Un exemple concret de démocratie participative efficace est « L’initiative nationale pour le développement humain (INDH) », un projet marocain d’envergure nationale visant à élever le niveau de la société. Au niveau local, le projet se base sur de comité de composition tripartite associant les élus, les représentants des services déconcentrés de l’État et les représentants du secteur associatif. Au niveau central, il est géré par un comité stratégique et un comité de pilotage présidés tous les deux par le Premier ministre.

Ce projet constitue un cas d’ancrage de la démocratie participative notamment au regard de  l’ implication des acteurs locaux dans le choix,  la conception,  la prise de décision, la conduite, le suivi et l’évaluation, l’intégration de la démocratisation du fonctionnement, la prise en compte de la mobilisation civique et des initiatives locales et citoyennes,  l’accroissement des capacités des individus et des groupements, la capacité de s’organiser localement et de se prendre en charge territorialement, et bien d’autres vertus loin d’être exhaustives. « La société civile constitue une véritable force de proposition et un espace adéquat d’éducation sur les valeurs du respect, de solidarité et du bénévolat, de même qu’elle joue un rôle primordial dans la mobilisation et l’adhésion des populations aux actions et politiques publiques » soutenait Farid El Bacha, professeur à l’université Mohammed V, au Maroc.

Pour Madagascar, l’on peut citer le dispositif l’Agenda 21 Local Madagascar. Tout comme l’INDH, il associe les élus, les représentants étatiques et la société civile. Le projet veut agir en partageant une vision commune et citoyenne de l’avenir du territoire, en suscitant la mobilisation citoyenne par le lancement d’actions de terrain, en garantissant un projet d’aménagement du territoire avec une culture partagée du « reporting » (positif et négatif) transparent, clair et accessible à tous, et en inscrivant les projets dans l’amélioration continue (le droit et le devoir à l’erreur). Changer les habitudes est difficile à réaliser. La société est un moule, et la population est moulée comme telle. Le défi qui nous attend est grand mais « difficile n’est pas impossible, impossible n’est pas sorcier et les sorciers existent. »

Hajatiana Randrianomenjanahary 

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