Que cela soit pour les activistes, les simples citoyens ou les spadassins zélés pour ou contre le régime – avec leur lot de faux comptes – Facebook et les autres réseaux sociaux sont devenus des outils incontournables. Usines à information ou machines à polémiques, ces plateformes s’affichent comme étant inévitables en l’espace de quelques années. Ils semblent bien partis pour le rester.

C’est à travers ce réseau qu’on voit chaque citoyen exprimer librement, déverser sa colère ou partager un fait amusant. Chacun a sa façon d’exprimer ce qui donne un univers assez particulier et résolument désinhibé. Les opérateurs en téléphonie ont compris cet engouement local pour les réseaux sociaux. Ainsi, ils multiplient les offres commerciales afin de favoriser la gratuité de ces servies devenus incontournables. Cela entraîne la profusion des comptes et de nombreux faux-comptes.

Pour tenter de « juguler » ces écarts, le régime avait adopté en 2014 une loi très controversée avant de se rétracter. Deux années après, les dispositions de la loi 030/2016 du 6 juillet 2016 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi 2014-006 du 17 juillet 2014 sur la Lutte contre la Cybercriminalité ne sont pas mieux. En effet, si l’on se réfère à cette loi sur la cybercriminalité, tous les adeptes du franc-parler des réseaux sociaux devraient dorénavant tourner deux fois leur… clavier avant de s’attaquer frontalement un responsable étatique.

Dorénavant, tous ceux qui s’aventureraient à publier des idées, des dessins, caricatures, montages audio ou vidéo risquent gros. De plus, désormais les citoyens n’auront aucune idée sur la disposition légale mise en application en cas de comparution devant le tribunal : le Code de la Communication ou la Loi sur la Cybercriminalité ?  Est-ce vraiment à cette Justice, particulièrement partisane, que les citoyens voudraient confier le devoir de trancher aussi bien sur la décision de la détermination de l’infraction commise (ou non) que de la loi à appliquer ?

Karina Zarazafy

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