Avant de répondre à la question, permettez-moi d’abord de définir brièvement ce qu’on entend par citoyen et ce qu’on entend par modèle. Le citoyen est une personne qui est en connaissance de ses droits et devoirs envers la nation (chacun est redevable envers la nation et vice-versa). Être modèle, c’est le fait d’appliquer consciencieusement et à la lettre les règles établies par la société (sinon ce sera la porte ouverte aux sanctions). Je voudrais vous laisser le soin d’essayer de répondre à la question en orientant vos réflexions sur quelques questions.

Est-on un citoyen modèle si on ne connaît pas, par avance, les devoirs envers la nation et faire en sorte de les appliquer ? Je veux bien admettre qu’il y ait encore beaucoup d’analphabètes et de personnes défavorisées trop occupées à leur train-train quotidien, mais comment se fait-il par exemple que le Malgache n’enlève pas son chapeau et ne s’immobilise pas pendant l’hymne national ? Comment expliquer le marchand illégal qui fait une grève à chaque mesure d’assainissement initiée dans la capitale ? Comment justifier ces piétons qui traversent la rue en dehors des passages cloutés ? Sans parler de ces politiciens – par accident ou de carrière – censés être les modèles, qui sont les premiers à faire la Une des journaux dans la rubrique fait divers ?

Pourra-t-on accéder à l’exemplarité (tout le monde doit aspirer à revendiquer ce droit fondamental) si aucune personne ne s’intéresse à la vie publique et à la vie politique ? Où ira ce pays si chacun se résigne à satisfaire ses besoins alimentaires quotidiens ? Être un citoyen modèle, c’est au moins interpeller l’État sur des choses très simples inhérentes à la vie de la nation pour ne citer que la lutte pour la gratuité des soins dans les hôpitaux publics, celle pour la liberté d’expression, la sécurité et la salubrité urbaines. Peut-être que l’État doit axer sa politique sur les sensibilisations de masse en matière de civisme et de citoyenneté.

Sera-t-on un politicien modèle si, à chaque fois que l’on est mécontent, l’on exige le départ du Président en exercice et que l’on n’attend pas les élections prévues pour cela ? Est-on un politicien modèle si on est le premier à bafouer les constitutions et les lois ?  Le mieux, ce serait peut-être d’amender les lois sur les élections pour que celles-ci ne soient plus en faveur des dirigeants. Il faudrait fixer une bonne fois pour toutes les règles de jeu démocratiques. Ce serait une mesure bienvenue.

Pour conclure, critiquer ne veut pas toujours forcément signifier vouloir renverser le régime. Défendre le pouvoir ne veut pas non plus dire vendre son âme pour le diable. Être politicien signifie servir le peuple. Autrement dit, il faut critiquer pour construire et défendre pour consolider. J’espère qu’un jour, tous les politiciens sauront faire la part des choses pour que nos richesses ne soient pas toujours l’objet de conflits géopolitiques et que nos dirigeants ne soient plus les « marionnettes » des bailleurs de fonds.

Tsiory Randrianarivony

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