La jeunesse malgache est dotée d’énergie, de créativité et de talents incontestables. Elle doit dorénavant prendre conscience des réels enjeux de la vie publique.

« Promouvoir la culture démocratique, la justice sociale et la relève ». Tel est le cheval de bataille de la Friedrich-Ebert-Stiftung. Pouvoir jouir pleinement des fruits de la croissance économique nationale est le droit de tous. C’est dans cette optique que la Fondation a établi le programme Tanora Manova Rasa (TMR).

« RASA » SIGNIFIE distribution, partage. Tanora Manova Rasa symbolise une jeunesse prête à effectuer des changements dans la redistribution des richesses. Ce programme de formation tire son essence de la nécessité de faire régner l’équité. « Il s’agit ici de promouvoir une redistribution équitable des fruits de la croissance afin de faire baisser les inégalités sociales », a souligné Jean-Aimé Raveloson, initiateur du programme et Représentant adjoint de la FES à Madagascar. « Le programme de formation veut contribuer à donner aux 92% de Malgaches qui vivent en-dessous de seuil de pauvreté, la chance de bénéficier des fruits de la croissance », a-t-il expliqué. Si tel est l’esprit dans lequel se fonde le programme, son objectif est, d’un autre côté, de « faciliter l’inclusion de jeunes issus des couches défavorisées dans le processus de prises de décision démocratiques à travers leur conscientisation politique ». Pour ce faire, la formation porte sur quatre volets principaux. À savoir l’enrichissement des connaissances thématiques générales, la confortation en cultures et pratiques politiques, le renforcement des aptitudes en communication et en dynamique de comportement, et l’accompagnement dans un processus d’organisation en mouvement militant, visible, activiste et autonome.

ACTUELLEMENT, LA GRANDE majorité des Malgaches vivent dans l’acceptation de la pauvreté. « Cette acceptation est ancrée dans notre culture. Nous sommes résignés à ne plus pouvoir nous sortir de cet état de pauvreté », explique l’initiateur de la formation. Si bien qu’on assiste au règne de l’individualisme, de la corruption, du matérialisme… TMR s’adresse ainsi aux jeunes, « en situation de difficulté économique » appartenant au « précariat », mais qui sont intéressés par la politique et surtout qui ont une forte aspiration pour « le changement politique et social ». L’idée est de faire en sorte que ces jeunes prennent conscience des réels enjeux de la politique et de l’économie, notamment du secteur informel où se concentrent les activités économiques de la majorité des Malgaches. Sachant d’ailleurs que, comme insiste Jean-Aimé Raveloson, « durant les crises, qui se sont succédé dans le pays, c’est l’informel qui a permis à l’économie de survivre ». Selon notre interlocuteur, « il est nécessaire que cette majorité prenne conscience qu’elle peut sortir de cette pauvreté ».

TMR EST UNE INITIATIVE qui entend former les jeunes issus de la couche vulnérable à la prise de position dans la politique. Aussi, à l’issue de la formation, la Fondation attend de ces jeunes qu’ils soient de réels vecteurs de changement dans leurs sociétés respectives. 53,8% des Malgaches ont moins de 20 ans et les moins de 35 ans représentent environ 70% de la population. Dans l’état actuel, elle est à la fois une « bombe démographique » à retardement et une véritable opportunité pour le pays. Leur donner l’opportunité de s’engager et de prendre en main leur avenir concrétisera les espoirs placés en cette jeunesse.

Karina Zarazafy

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