Dimanche 26 juin. La fête bat son plein à Mahamasina. Le Président de la République s’en frotte les mains : il a eu une peur bleue que l’évènement soit un bide mais il n’en est rien : la population est venue en masse répondre à l’appel et surtout profiter du podium offert par la Présidence.

Live

Ils seront à peu près 35 000 à danser sur les rythmes des chansons des artistes invités. Comme à l’accoutumée, la TVM, la télévision nationale sera de la fête en retransmettant directement les évènements. Les gros moyens sont déployés. Il ne faut en aucun cas froisser la susceptibilité des tenants du pouvoir à travers la chaîne nationale. Puis vers 19 heures, une explosion retentit. La retransmission en direct est coupée. Alors que les autres chaînes privées se démènent pour recouper rapidement les informations afin de proposer des émissions presque en « live », la TVM diffuse des clips. IBC et TV Plus réagissent rapidement pour diffuser des reportages à chaud. La TVM, qui a l’avantage de la technique et d’infrastructures, permettant de diffuser les informations en live n’en fera rien. Elle préfère se cacher dans le déni. Le drame n’aura que quelques bribes d’écho dans le Journal télévisé du soir avant une séance de rattrapage dans une édition spéciale… Trop tard. Les chaînes privées l’ont devancée dans la capitale. Les habitants en province s’informeront à travers les réseaux sociaux.

Fayotte

La TVM subira les ires des internautes et des journalistes qui fustigent cette « attitude » peu professionnelle mais qui révèle bien de la mainmise qu’exerce encore l’appareil étatique sur l’unique chaîne qui est autorisée à couvrir l’ensemble de la Grande île. Une journaliste incrédule s’interroge sur Facebook « quelqu’un pourrait-il me dire pourquoi la retransmission en directe de Mahamasina a-t-elle été coupée au moment de l’explosion, hier soir ? Quelle logique pour ceux qui doivent informer la population ? Si tu as la chance de faire vivre en direct, (du vrai direct) les choses qui se passent durant un drame de cette envergure, pourquoi t’en prives-tu ? ». Une autre ironise : « pas besoin d’un code de (la communication) pour museler la presse, finalement…La ‪‎TVM, le « fait » toute seule comme une grande. Comme une grande fayotte ». Des attaques frontales dures mais qui reflètent bien de la situation délicate vécue par la TVM et surtout ses journalistes tiraillés entre leur responsabilité en tant que vecteurs d’information et les conditionnalités imposées par l’Etat sur l’exercice de leur métier qui se limite souvent à couvrir les inaugurations et autres voyages étatiques.

Photo : capture d’écran chaîne Youtube TVM

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