Les partis politiques sont-ils responsables et/ou victimes du développement de la tendance des candidats qui se disent « indépendants » aux élections ? Selon le Rapport final de la mission d’observation des élections de 2013 de l’Union européenne, 29% des sièges leur sont revenus. Ces résultats contrastent avec ceux obtenus par les partis politiques. Leader Fanilo et Hiaraka Isika sont les premières formations politiques à avoir pu placer le plus grand nombre d’élus en leur nom. Les autres partis ont pu sauver les meubles en choisissant les plateformes politiques.

L’apparition du phénomène indépendant a eu lieu au début des années 90. Il n’a cessé de prendre de l’ampleur, au détriment des formations politiques. Il renforce la pratique de la « géométrie variable » à l’Assemblée nationale, rendant difficile une lecture plus lisible de l’échiquier politique. Il faut ajouter à cela la problématique de représentativité nationale pour le cas des élus locaux ou régionaux. Outre le dysfonctionnement des partis, Philobert Milavonjy déplore le manque de ressources financières des partis comme étant l’une des sources du problème.  « Les partis sont faibles. Comment voulez-vous que des hommes politiques intègrent un parti et assument les obligations liées à ce choix, mais ne reçoivent rien en contrepartie ? Ils sont obligés d’assurer le financement de leur campagne. C’est normal qu’ils choisissent la couleur neutre », explique-t-il.

Cette tendance irrite certains partis. Des voix commencent à s’élever pour militer en faveur de la suppression des candidats « indépendants » aux élections. La sénatrice Brigitte Rasamoelina, présidente de Ampela Mpanao politika (APM), tout comme Eliana Bezaza, secrétaire nationale du Parti social-démocrate (PSD) en sont convaincues. « Cette solution se heurte à la charte de l’Union africaine en matière de liberté », déplore cette dernière. D’autres suggestions évoquent des pistes moins radicales. « Il faut inclure dans la Loi sur les partis une sorte de seuil de représentativité régionale pour pouvoir briguer un mandat électif », propose le sénateur Olivier Rakotovazaha du MFM. « On peut aussi instaurer un système de parrainage par des élus ou par des électeurs comme mesure transitoire », renchérit Eliana Bezaza.

Iloniaina Alain

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