La Grande île peine bien souvent dans la diplomatie climatique, faute de véritables experts alors qu’elle subit de plein fouet les affres du changement climatique. Le YLFCC veut renverser la vapeur.

La lutte contre le changement climatique n’a jamais été aussi pressante. Elle a besoin de jeunes conscients et surtout engagés pour la mener à bien. Globalement, les initiatives se multiplient et s’accroissent, mais le temps presse. La jeunesse doit monter au créneau. C’est dans ce dessein que le programme Training Young Leader Fighting Climate Change (YLFCC) – de la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) – a été lancé cette année. « L’objectif est d’encourager l’émergence de nouvelles générations de multiplicateurs préparés à participer dans la sensibilisation, le plaidoyer et les négociations sur le changement climatique », explique Dominique Rakotomalala, chargé de programme de la FES.

Des formations thématiques et des outils de développement personnel sont dispensés dans le programme comprenant quatre sessions de trois à cinq jours en système résidentiel. « Quatre thèmes sont abordés : le changement climatique, les énergies renouvelables, la stratégie océan bleu et les négociations internationales », glisse Ranjy Anthony, un bénéficiaire de la formation représentant le Bureau national de coordination du changement climatique (BNCCC). La première promotion du YLFCC est actuellement à mi-chemin de sa formation, débutée en mars et prenant fin en octobre. Elle est composée de 20 jeunes femmes et hommes malgaches, « membres d’organisations et d’institutions militant pour la cause environnementale et engagés dans les activités de lutte contre le changement climatique », avance Saholy Ramanitra, de l’association 2HY Faire-Lien. Universitaires, experts nationaux et internationaux collaborent dans la formation pour que les jeunes soient capables d’appréhender le phénomène du changement climatique et pour qu’ils soient armés pour y faire face. Les apprenants sont appelés à inciter d’autres jeunes à renforcer la lutte afin de défendre les intérêts de Madagascar à l’international. C’est un véritable défi qui se pose.

Ces jeunes leaders sont incités à rappeler aux dirigeants les engagements qu’ils ont pris conformément aux dispositions des accords internationaux. « Nous aurons le devoir de sensibiliser le maximum de jeunes à renforcer la lutte contre le changement climatique. Les menaces et les effets sont réels, nos agriculteurs, nos zones côtières et notre pays tout entier en souffrent déjà énormément », souligne Saholy Ramanitra. Dans le cadre de la vulgarisation de cette thématique, une conférence a été organisée sur le thème La place des jeunes dans la lutte contre le changement climatique. Un premier pas qui a permis de mettre en avant les enjeux de cette lutte, mais également de faire connaitre l’existence de la formation au sein de la FES. « Nous prévoyons également d’organiser des ateliers pour partager ce que nous avons obtenu de la formation. Nous ne pouvons pas le garder pour nous uniquement », partage Mbolatiana Famenontsoa Rajaobelison, représentante du Réseau climat océan Indien. Elle a tenu à préciser le rôle de la jeunesse dans ce grand combat : « Nous sommes le présent mais pas le futur. Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde. » Lovakanto Ravelomananana, doctorante en géographie de conclure : « Les écogestes sont simples à adopter : utilisation minimale de l’électricité chez soi ou la gestion des déchets. Ils contribuent déjà énormément à cette lutte. Tout le monde doit s’engager. »

Behaja Van-Lee

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE