Communication : socle de la gestion d’une crise

Communication : socle de la gestion d’une crise

En   temps de crise, la communication fait partie des éléments clés. Les communicants politiques redoutent cette épreuve : gérer une situation au jour le jour, avec des paramètres qui changent presque toutes les minutes. Envoyée en première ligne, la ministre de la Communication et de la Culture, Lalatiana Rakotondrazafy n’a pas tellement rassuré l’opinion publique au début de la crise. « Le coronavirus n’est pas plus dangereux que la peste ou le choléra », avait-elle annoncé sur les ondes de la radio nationale. Une sortie médiatique qui n’a pas tellement rassuré, sur la forme. Après quelques jours de cafouillage, Ambohitsorohitra a repris les choses en main. Le chef de  l’État a décidé de saturer les médias. L’état d’urgence sanitaire a imposé à toutes les stations de télévision et de radio, l’obligation de « diffuser intégralement et en temps réel les émissions spéciales et les directs des autorités publiques, notamment du Centre de commandement opérationnel (CCO) dans le cadre de la lutte nationale contre le Covid-19, durant la période disposée par le décret n°02020-359 suscité, notamment les émissions spéciales “miara-manonja” (…) ».

Une occupation médiatique qui n’est pas du goût de tout le monde, à commencer par l’opposition. Le député élu sous les couleurs du Tim à Ambohidratrimo, Mamy Rabenirina, assène: « Nous manquons de réalisme  dans  la mise en place des stratégies. C’est l’apparence qui prime du côté étatique ». La GRC repose en grande partie sur l’efficacité de la communication ou du passage des informations qui sont souvent vitales dans un contexte précis. La gestion de la communication dans les premiers jours du Covid-19 a été, dans un premier temps cacophonique, avant d’avoir été structurée, notamment à travers l’opérationnalisation d’un centre opérationnel et la désignation d’une porte-parole, qui a suscité l’unanimité. En charge d’annoncer quotidiennement les « mauvaises nouvelles », la doyenne de la Faculté de médecine s’en sort avec brio et avec docte, ce qui qui tranche avec le ton martial adopté par le président de la République qui se démarque par « son hyperprésence », nous confie un communiquant d’une institution, le locataire d’Ambohitsorohitra ayant fait une apparition quasi-quotidienne à l’audiovisuel. Les ministres ont également été invités  à investir  l’espace médiatique.

Malgré les efforts constatés du côté des médias audio-visuels, pour diffuser communément les informations et les messages de sensibilisation, les actions sont jugées encore insuffisantes. C’est le sentiment du député élu à Ambohidratrimo. « Nous avons besoin de bien véhiculer les informations et communiquer le degré d’importance de la maladie. Le danger est réel car la maladie peut se propager à une vitesse folle », prévient-il. Par expérience, le général Elack Andriakaja pointe du doigt une certaine légèreté et insouciance des citoyens par rapport aux crises. « Les Malgaches ne réagissent pas du moment que le danger ne les affecte pas encore frontalement », précise-t-il. De ce fait, pour ne pas augmenter les risques, « des mesures plus radicales et sérieuses devront être prises », a réitéré Mamy Rabenirina, au tout début du confinement.

R.A et V-L.B