« La CSU a permis d’alléger les charges liées à la prise en charge des maladies  »

« La CSU a permis d’alléger les charges liées à la prise en charge des maladies  »

Après l’adoption de la stratégie nationale de protection sociale, sa commune a été choisie pour être pionnière dans la mise en place de la Couverture de santé universelle (CSU), une des composantes de la stratégie. André Joel Khan, ancien maire de la commune urbaine de Vatomandry nous livre ses retours d’expérience.

Comment la CSU fonctionne-t-elle?

C’est un projet étatique. Il doit permettre à ses adhérents de bénéficier d’une couverture médicale allant de la simple consultation aux différentes interventions chirurgicales qu’il était possible de faire dans le Centre hospitalier de référence (CHR) du district. C’est une sorte de mutuelle de santé où les cotisants – ceux qui en ont les moyens – paient 9 000 ariary par an par personne, avec une facilité de paiement.

Qui sont ces adhérents ?

Ce sont des habitants de la commune. Actuellement, on compte 5 000 adhérents cotisants. Une enquête, un recensement et des sensibilisations par des agents communautaires ont permis de les sensibiliser. Par ailleurs, des enquêtes par ménage ont aussi facilité l’identification des personnes les plus vulnérables de la communauté afin qu’elles soient intégrées dans le système. Dans cette optique, l’État devait apporter une contribution, équivalent de la cotisation de ces personnes vulnérables afin de leur permettre de bénéficier aussi de cet accès aux soins.

Comment ont été identifiées ces personnes vulnérables?

Pour les recenser, une enquête auprès des ménages a été menée. À chaque fois, il fallait comptabiliser neuf indicateurs et neuf critères. Plus les ménages comptabilisent de points, plus ils étaient catégorisés comme étant vulnérables, et plus ils ont de la chance de bénéficier de la couverture sociale gratuite, assurée par l’État.

Pratiquement, comment le système fonctionne-t-il ?

La Caisse nationale de solidarité pour la santé est l’entité en charge de rassembler et de gérer les cotisations. Elle est gérée par des fonctionnaires de l’État malgache qui œuvrent au sein du district. Les adhérents ont une carte. Chaque fois qu’ils doivent aller effectuer une consultation ou procéder à des soins, ils doivent d’abord se rendre dans les Centres de santé de base (CSB) qui les réfèrent au Centre hospitalier de référence (CHR) du district. Tous les soins sont gratuits dans la mesure où la maladie peut être prise en charge dans les CHR.

La mise en place de la CSU a-t-elle changé la vie des bénéficiaires?

Dans la globalité, oui. Elle a permis d’alléger les charges liées à la prise en charge des maladies pour les foyers. Elle a aussi permis aux citoyens de prendre conscience de la fragilité des couches vulnérables et d’être plus solidaires envers elles. Je ne suis plus maire de la commune de Vatomandry, et on m’a informé que le système est maintenant confronté à des problèmes d’ordre financier et ne pourra plus assurer la couverture pour les couches les plus vulnérables. La raison étant que les cotisations ne parviennent plus à supporter les charges liées aux personnes qui ne cotisent pas. L’État n’a jamais alloué sa part, sous prétexte, nous a-t-on informé, que les procédures de paiement ne sont pas encore règlementées, alors qu’il s’agit d’un projet étatique.