Stratégie nationale de protection sociale, pour le salut des pauvres

Stratégie nationale de protection sociale, pour le salut des pauvres

7 000 chauffeurs de taxi et 5 000 chauffeurs et receveurs de taxi-be ont pu bénéficier d’aides dans le cadre de la lutte contre Covid-19.

Les travailleurs du sexe ainsi que la couche la plus défavorisée de la société ont ainsi bénéficié des aides, à travers l’opération Tsinjo. Sur le plan sanitaire, l’État a pris à bras le corps le problème en soignant gratuitement les personnes touchées par le Covid-19.

Cependant, en temps normal, la couverture de la sécurité sociale est à son plus bas, cause d’un déficit évident et chronique entre les besoins de sécurité sociale et la capacité à y répondre. « Seulement 1,1% des dépenses en protection sociale sont réalisées par le ministère de la Population, de la Protection sociale et de la Promotion de la femme (en 2017, NDLR), ce qui est très faible pour un ministère qui a vocation à coordonner la protection sociale non contributive. D’autant plus que la Stratégie nationale de protection sociale (SNPS) est financée presque entièrement par des fonds de bailleurs. (…)

Très peu de fonds propres de l’État servent à financer les programmes prioritaires (…) qui ciblent tout particulièrement les ménages les plus pauvres », peut-on lire dans un rapport écrit par  Damien Échevin, économiste, spécialiste du développement et des questions sanitaires. Il a planché sur le système de protection sociale à Madagascar. La part des secteurs sociaux dans le budget étatique demeure très faible. Le ministère de la Population, de la Protection Sociale et de la Promotion de la femme ne bénéficie que de moins de 1% du budget total.

Pourtant, la Grande île dispose d’un cadre légal assez bien développé qui accompagne la coordination et la supervision de la protection sociale.  Le Conseil national pour la protection sociale (CNPS) est l’organe d’orientation et de décision en matière de protection sociale pour le régime non contributif. Il est rattaché à la Primature et est présidé par le Premier ministre. Le Bureau national de coordination des actions de protection sociale assure la coordination de toutes les actions de protection sociale du régime non contributif sur le territoire national. Le même décret porte création des Comités de protection sociale a tous les niveaux territoriaux. Dans cette stratégie, les actions de protection sociale sont effectuées de manière transversale.

En premier lieu, la mise en place de la Caisse nationale de solidarité pour la santé (CNSS) qui est un établissement public à caractère administratif a comme mission la protection des individus et de leurs familles contre les risques financiers liés à leur accès aux soins de santé. Le ministère de l’Éducation nationale s’occupe du volet scolaire. Le Fonds d’intervention pour le développement (Fid) mobilise des financements afin de promouvoir, de financer et de réaliser des projets communautaires à caractère économique et social.

La Cnaps contribue à la réalisation de la Politique de protection sociale de l’État en faveur des travailleurs du secteur privé. La Caisse de retraite civile et militaire et la Caisse de prévoyance et de retraite couvrent les fonctionnaires civils et/ ou militaires contractuels. Les ONG interviennent dans l’exécution des programmes de protection sociale, pour les programmes de transferts sociaux et de services d’action sociale. Selon le plan établi, les partenaires techniques et financiers s’impliqueront directement dans l’exécution des programmes. 

En termes de financement, la stratégie se heurte à une grande inertie de l’État. Malgré le fait que Madagascar attribue plus de fonds que certains pays africains ne le font dans le système de protection sociale, ceci est visiblement encore très faible. En 2017, le financement de l’État au social équivaut à 3,4% du PIB.

« La dépense publique en protection sociale devrait s’établir idéalement à environ 5% du PIB pour la partie non contributive. Et bien que les dépenses de protection sociale aient globalement augmenté au cours de la dernière décennie, le budget de la protection sociale alloué au ministère de la Population, de la Protection Sociale et de la Promotion de la femme a régressé en proportion du budget total alloué à la protection sociale depuis le début de la crise en 2009 », écrit Damien Échevin.