île Maurice : la population comme socle

île Maurice : la population comme socle

Comment un pays quasiment condamné par les instances internationales au sortir de son indépendance a su se transcender et devenir un tigre ?  Par ses hommes et par des décisions sages.

Actuellement à sa 48e année d’indépendance, Maurice figure parmi les pays les plus riches de la région Afrique subsaharienne. L’île est classée première en termes de compétitivité en 2015-2016 par le Forum économique mondial.

Le citoyen mauricien est 25 fois plus riche que son homologue malgache de classe moyenne. « En 1982, le Produit national brut (PNB) par habitant de l’île Maurice était de 200 dollars, la plaçant parmi les pays les plus endettés de l’Afrique. Mais au bout de 13 années, soit en 1995, elle a atteint les 6 000 dollars. Actuellement, les mauriciens sont pratiquement à 10 000 dollars par habitant », explique Nando Bodha, ministre mauricien des Infrastructures publiques.

Ce qui n’est guère le fruit du hasard. Si le pays a pu atteindre ce résultat, et se positionner parmi les économies les plus compétitives d’Afrique, c’est grâce à la diversification de son économie et au fait qu’il y eut « une alternance démocratique dynamique avec une machine de développement qui continue », souligne le ministre. Ce miracle économique mauricien a également pu s’achever grâce à une ouverture du pays au monde et à la valorisation du facteur humain, ainsi qu’au respect de la séparation des pouvoirs.

Soodesh satkam calichurn, ministre du Travail, des Relations Industrielles, de l’Emploi et de la Formation, lors de son passage à Madagascar en juillet – à l’initiative de la Friedrich-Ebert-Stiftung – avait souligné que « tous les efforts que le gouvernement de Maurice met en place actuellement ont pour unique but de créer la richesse qui doit s’accompagner de création d’emplois décents. L’Exécutif mauricien met en effet la création d’emplois parmi les priorités affichées ». Pour ce faire, l’État mauricien a instauré un système de redistribution des richesses bénéfique pour tous.

Toutes les ressources générées par la croissance économique enregistrée par le pays sont réparties grâce à un généreux système d’assistance sociale sous les bons auspices de l’État providence. Ce qui explique le fait qu’aussi bien la santé, l’éducation que le transport public pour les étudiants, les personnels de santé et les personnes âgées, y soient gratuits. Du fait d’un bon système éducatif, les citoyens mauriciens sont dans la mesure d’exiger de l’État qu’il assure le bien-être de tous. Ce, en leur offrant la possibilité de satisfaire les besoins essentiels comme l’alimentation, le logement, le santé, l’accès égal au travail, la sécurité, l’éducation, les droits de l’homme, la culture et le patrimoine, etc.

L’île maurice alloue près de 60% de ses recettes au social. Pendant que Madagascar, avec ses 56 années d’indépendance et ses innombrables ressources, alloue 60% de ses recettes aux quelque 162 000 fonctionnaires de l’administration publique, qui ne constituent même pas 1% de sa population.

« Le développement durable doit être à la fois économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement tolérable. Le social doit être un objectif, l’économie un moyen et l’environnement une condition. Jusqu’à présent, je pense que Maurice a réussi à maintenir cet équilibre. Mais on a encore des efforts à faire », avait reconnu le ministre du Travail mauricien. Si l’île Maurice doit faire des efforts, Madagascar doit réellement s’appliquer. C’est une question de bon sens. Il suffira d’une étincelle pour que la Grande île s’envole, comme Maurice.