Interview de Bon-Temps Ramitandrinarivo, Directeur de l’Omaci : « le progrès a horreur du vide… juridique »

Interview de Bon-Temps Ramitandrinarivo,  Directeur de l’Omaci : « le progrès a horreur du vide… juridique »

Quel est le cap que s’est fixé l’Omaci ?

Anciennement appelé Tiasary (un fonds du ministère de la Culture et du patrimoine), l’Omaci est un organisme rattaché à l’État érigé sous la tutelle du ministère des Finances et du budget et du ministère de la Culture de la promotion de l’artisanat et de la Sauvegarde du Patrimoine. Il œuvre exclusivement pour le développement et la professionnalisation du domaine cinématographique à Madagascar. L’office a quatre principales missions dont, entre autres, la règlementation et la régulation des métiers de l’image animée. Il propose aussi de l’aide et un soutien aux divers acteurs travaillant dans le domaine du 7e art, et il facilite l’information et les concertations.

Quels sont les défis à relever ?

Le secteur de la cinématographie peut être un grand facteur de développement socio-culturel et économique. Tous les corps qui le composent, proposent une infinité d’opportunités financières et professionnelles. Je dirais que le plus grand problème qui était à résoudre était le vide juridique. Sans textes officiels, on ne peut sécuriser le métier et, de ce fait, on ne peut offrir un cadre favorable aux jeunes artistes locaux. On note actuellement un nombre important de tournages illicites dans le pays, dont plusieurs sont faits par de grandes industries cinématographiques mondiales. Et évidemment, nous ne bénéficions nullement des retombées de ces activités.

Quelle politique engage alors l’Omaci pour avancer dans la bonne direction ?

Le plus grand chantier déjà réalisé est le projet de loi portant sur la Politique nationale du cinéma, adopté en conseil des ministres en avril, dont on attend les décrets d’application. Nous avons aussi établi – avec 35 personnes travaillant dans divers corps de métier – un document-cadre d’actions prioritaires quadriennales (2016-2019). Actuellement, on peut dire que l’Omaci est en bonne voie pour devenir un Établissement public à caractère industriel et commercial (Epic).