Médias privés en quête d’équité : une gageure

Médias privés en quête d’équité : une gageure

À défaut de la mise en place de l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée (ANRCM), la Ceni doit veiller à ce que les médias ne débordent pas durant la période électorale, notamment lors de la campagne. L’organe de gestion des élections doit assurer la « plénitude des attributions de l’ANRCM ». Durant la campagne électorale, les médias publics seront particulièrement surveillés. « Dans les dix principes fondamentaux régissant la campagne électorale, l’impartialité du service public de la communication audiovisuelle doit être assurée par les services de radiodiffusion et de télévision publics », détaille Thierry Rakotonarivo.

La bataille électorale se décidera sur le terrain des médias privés, de plus en plus nombreux et de plus en plus influents. La loi organique relative au régime général des élections et des référendums dispose qu’ils doivent garantir le principe « d’équité » pour tous les candidats, sous peine d’une mise en demeure par la Ceni, si une infraction est avérée.

La concentration aux mains de politiques et d’hommes d’affaires des médias laisse présager des difficultés dans l’effectivité de cette équité en période électorale. « Les organes les plus influents ne cessent d’étendre et d’accroître leur puissance, en se dotant de tous les supports et de tous les canaux. Tentant de couvrir tous les champs de la communication, ces grands groupes se trouvent également impliqués dans d’autres activités connexes de la vie industrielle ou commerciale. En même temps, les alliances entre les grands groupes se multiplient », comme l’ont souligné Lovamalala Randriatavy et Iloniaina Alain dans leur étude Les impacts de la structure de la propriété des médias sur la couverture médiatique, la représentation politique et le travail du journaliste.

2018 sera-t-elle l’année de la rédemption de la presse? Rien n’est moins sûr. « La couverture de l’élection présidentielle de 2013 démontre clairement les dérives créées par la structure actuelle de la propriété des médias privés, et ses impacts sur le contenu des informations mises à la disposition du public. La couverture médiatique est, pour la plupart du temps, déséquilibrée, superficielle, partiale et dramatisante », soulignent les deux auteurs.