La compétitivité passe aussi par une identité compétitive

La compétitivité passe aussi  par une identité compétitive

Souffrant d’un déficit d’image dû à la pauvreté et à l’instabilité politique, Madagascar a besoin de redorer son image. Ainsi, il faudrait, qu’au-delà des promesses publicitaires d’un paradis terrestre sous les tropiques, se crée un véritable message. L’idée est de changer de registre : parler de ce qui marche à Madagascar, aussi infime soit-il.

La Grande île pourrait tourner les mauvais signaux à son avantage. Le pays a des atouts suffisamment importants pour maîtriser son image et pour gérer sa réputation internationale. Elle devrait faire parler d’elle, à travers une politique de communication efficace, en développant et en mettant en œuvre une stratégie nationale et internationale d’image de marque proactive et intégrée. Dans les pays en développement, le gouvernement peut se doter d’un département de la diplomatie publique ou faire appel à des agences de relations publiques pour gérer leur image.

Dans d’autres, la tendance est à la création d’une image de marque. Pour Madagascar, l’option immédiate mais non sans risques serait l’image de marque. Cela sous-entend la création d’une marque forte et compétitive qui soutiendrait la politique de développement. Plus qu’un logo marketing, la marque Madagascar doit reposer sur une stratégie solide, incluant plusieurs aspects tels l’attraction des IDE, l’exportation, le tourisme, la crédibilité en termes de gouvernance, le rayonnement de la diplomatie, la diffusion de la culture à travers les nationaux y compris la diaspora.

Sur le plan des exportations par exemple, cela pourrait se traduire par l’apposition d’un label certifiant l’origine du produit afin de protéger l’origine Madagascar, en usant de termes, facile à mémoriser et à reconnaître à l’instar du fameux Proudly South Africa que l’on peut lire sur les produits sud-africains. Sur le plan du rayonnement international, cela pourrait tout simplement prendre la forme d’une marque parapluie comme Made in Russia, vantant les mérites de tout ce qui de près ou de loin touche à la Russie.

Des marque-pays solides comme Incredible India, Malaysia, truly Asia, Great Britain et autres avatars sont considérés comme des outils du développement. À travers une politique de communication internationale maîtrisée, les pays émergents ont compris que la guerre n’est plus économique. Elle ne concerne plus uniquement les têtes nucléaires ni les mines de pétrole. Elle est aussi – et les États-Unis ont été les premiers à le comprendre – une guerre d’image.

Vu sous cet angle, même Madagascar, considéré par beaucoup comme un nain économique peut prétendre à une place respectable dans le concert des nations sympathiques et crédibles. Madagascar pourrait renaître de nouveau, à travers une nouvelle identité, une identité forte et compétitive. Le peuple malgache, fier de sa culture et de ses racines, conscient de ses valeurs pourrait prendre un nouvel élan et accepter de se développer. Être Malgache ne serait plus une tare, une identité impossible à définir.

Cela redeviendrait l’identité d’un peuple fier de son métissage culturel et linguistique. La compétitivité, il ne faut pas l’oublier, passe aussi par une identité compétitive véhiculée par une image de marque solide et cohérente. Faut-il rappeler que toutes les nations en développement sont avant tout des puissances culturelles ?