Michèle Rakotoson, écrivaine : « Le travail d’Indépendance est un travail psychologique, de confiance en soi et en sa culture »

Michèle Rakotoson, écrivaine : « Le travail d’Indépendance est un travail psychologique, de confiance en soi et en sa culture »

Revenue à Madagascar depuis plus d’une décennie, l’écrivaine Michèle Rakotoson est une voix écoutée et respectée. Interview.

Une rencontre avec Michèle Rakotoson n’est jamais anodine. L’écrivaine, porte-flambeau de la littérature francophone, porte en elle une énergie créatrice et culturelle. Elle a forgé sa plume dans le milieu des lettres, puis dans le milieu du journalisme, en France. Quand nous avions discuté avec elle d’un entretien pour évoquer l’indépendance et l’histoire contemporaine, elle a tout de suite accepté, tout en prévenant amicalement : « il y aura de la colère ! »

Comme la plupart des pays africains, Madagascar célèbre le soixantième anniversaire de son indépendance cette année. Que cela vous inspire-t-il ?

Ce soixantième anniversaire m’inspire beaucoup de choses : j’avais douze ans quand l’Indépendance fut prononcée et mon père étant alors journaliste, à Mad Press, l’ancêtre de l’agence Anta, il me traînait partout et j’ai assisté aux premiers rangs au défilé du Président Tsiranana et du Général De Gaulle (dont je ne me souviens que de la longue silhouette au très long nez, à côté d’un Président malgache, qui du coup avait l’air tout rond) à Mahamasina. J’ai assisté aussi au choix du drapeau malgache et de l’hymne de l’Indépendance malgache au lycée Gallieni, où j’étais aussi quand en 1972, nous y avions réclamé que nos copains qui avaient été envoyés à Nosy Lava soient ramenés. Ce ne sont que des souvenirs d’enfant, des souvenirs de l’inconscient, que je n’ai pas analysés plus que ça. Mais je crois que dans la symbolique, ils sont très importants. Ce fut une grande joie, mais en même temps, chez nous, nous étions très mitigés. Mes sentiments aussi.

À la maison, mon père nous racontait ses reportages, ses interviews et un nom revenait souvent Foccart…. J’étais trop jeune pour comprendre, mais ce nom évoquait pour moi quelque chose de glauque, d’agent secret, de mainmise et de contrôle, de barbouzes. N’oublions pas que mon père avait souffert en 1947 et un de mes oncles maternels, Marchand Ramahandry, avait été déporté dans les camps de Mahanoro, dont il ne sortit qu’en 1948, cassé. L’Indépendance symbolisait la libération… peut-être. Il y avait quelque chose de faux, de non abouti disait-on autour de moi. Je me souviens d’un état de questionnement et de frustration, entériné par des souvenirs de trahisons lors des mouvements de 1947, que mon oncle me racontait. Ces trahisons sont évoquées en filigrane dans le livre de E.D Andriamalala « Fofombadiko ». C’était très ambigu. Nous redevenions malgaches, à part entière ? mais comment ? tout était encore dirigé par des Français, il y avait des assistants techniques partout. Nous, nous étions sous-développés !

Je continue sur les questions personnelles qui se sont posées à moi. Je suis née quasiment à la Bibliothèque Nationale où j’ai grandi, ma mère y était employée. Là, j’avais l’impression que je pouvais avoir accès à toute cette culture du livre, cette culture de l’autre qui nous était présentée, tacitement, comme inaccessible. Fallait-il que j’arrête cette part de moi ? Dès cette époque, j’étais imbattable en français et en littérature, c’était une véritable boulimie. Il fallait être plus fort qu’eux dans leur domaine, inconsciemment je me disais que c’est en possédant leur culture que je ne serais plus considérée comme “la petite fille noiraude et crépue, issue d’un peuple de demi-civilisés”. D’ailleurs, les enseignants étaient stupéfiés que je rafle tout le temps le Prix de français. Une d’entre elles a dit d’ailleurs : “mais une Malgache ne peut avoir le Prix de français”. Cette phrase a converti la fierté en révolte, que j’ai jusqu’à maintenant. D’excellente élève, je suis devenue meneuse de grèves. Ce sont des souvenirs personnels, mais je crois que ces souvenirs sont symboliques de toute une génération. Il y a des racismes systémiques qui vous marquent à vie.

Le conservateur se nommait Eugène Jaeglé, un vieux monsieur alsacien, et son bureau était tapissé de livres. Puis à sa mort, vint Juliette Ratsimandrava et dans son sillage, E.D Andriamalala, l’écrivain qui dans ses rencontres avec le public nous parlait de la vie, de ses livres, de ses colères, de ses mots, qui étaient les nôtres. J’y ai trouvé les réponses à mes questions. Ces rencontres organisées par Juliette Ratsimandrava, ont permis de rencontrer E.D Andriamalala, Rado, Clarisse Ratsifandrihamanana et elles furent d’une aide plus que précieuse pour sortir mentalement du sentiment d’infériorité suggéré fortement. Ils étaient des écrivains, des philosophes et ils nous parlaient de nous.

Je suis âgée maintenant et je dis très tranquillement : un pays qui a été un Empire, un peuple qui fut ou est très puissant ne lâche jamais facilement ses colonies et son emprise. Le travail d’Indépendance est aussi un travail psychologique, de confiance en soi et en sa culture, Il faut que les pays qui furent sous emprise puissent arriver à dire, sans colère : “nous voici avec nos failles et nos forces.

Nous sommes comme nous sommes, car il y a eu une histoire collective dans laquelle tout le monde a eu sa part de responsabilité, nos ancêtres, mais les vôtres aussi. Maintenant nous allons discuter sans colère : d’abord sortons des schémas préétablis et des rôles attribués à chacun. Nos pères et mères ont été des victimes. Nous refusons ce rôle. Voici nos intérêts, qui ne sont pas les vôtres, on discute en personnes adultes pour ne léser personne, car le bateau collectif est en train de couler et il faut peut-être revoir la partition”.

C’est facile à dire, mais c’est un long chemin à faire, il faut savoir que dire cela, c’est faire front à des intérêts matériels et financiers puissants, et que pour le faire, il faut avoir une image de soi, belle, sûre et solide et avoir une connaissance sans faille de son histoire et de celle de l’autre, de tous les rouages économiques, financiers et même psychologiques des deux parties, et arriver à dire : “à chacun sa culture profonde et son histoire et ce n’est pas parce qu’on a perdu une bataille qu’on a perdu la guerre”.

Dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, quel est votre avis sur les condamnations des figures historiques, notamment françaises, qui ont joué un rôle de près ou de loin dans la colonisation. Des condamnations allant jusqu’au déboulonnement des statues (par exemple celle de Gallieni) ?

Je suis pour le déboulonnage de toutes ces statues, symboliquement, pour nous, c’est difficile à supporter, car c’est nous mettre en pleine figure les symboles de nos défaites. Mais je crois que le travail de déboulonnage est fait : la statue de Gallieni n’est plus là et le lycée Jules Ferry est maintenant le lycée de Faravohitra. Par contre à Mahajanga, il y a une stèle commémorative remerciant les soldats de l’expédition coloniale.

Elle est oubliée, mais elle est là, à la place du débarquement, sur la corniche, devant le cimetière. Quand on a un minimum d’histoire, elle est insupportable. Par contre, ce qui serait génial c’est que tous ces symboles soient remplacés par des œuvres d’art.

On aime à présenter que 1972 est la deuxième indépendance. Partagez-vous ce point de vue ? Comment appréciez-vous la manière dont la « nouvelle indépendance » a été utilisée par l’amiral Didier Ratsiraka ?

Je n’ai pas envie d’en parler. Pour moi cette période fut celle des hélicoptères qui ont explosé en plein vol, des assassinats inexpliqués, du camp Pochard, des gosses tués à balles réelles dans des manifestations où ils étaient pacifiques, des ponts explosés à la dynamite. Certes, il y eut une embellie économique dans les années 1990, et merci à des gens comme José Kely. Mais j’espère que les historiens feront leur travail.

L’expérience de la démocratie est-elle concluante pour Madagascar ?

Il ne faut jamais oublier qu’il y a eu un travail politique de résistance impressionnant qui a été fait lors de ces années terribles. Le travail des partis MFM, Monima, AKFM et j’en oublie, un travail culturel fait par les Mahaleo, Vaovy Jean Gabin ou par des gens comme Tsilavina Ralaindimby, Solofo José ou Henri Rahaingoson, Monique Rakotoanosy, Christiane Ramanantsoa et j’en oublie beaucoup. Ils ont repris le travail des anciens comme le pasteur Ravelojaona, Venance Manifatra et la jeune génération reprend le flambeau. Difficilement car les enjeux financiers sont trop importants.

Mais le travail démocratique est en cours. Il prend d’autres formes. Culturellement, je vois le travail que fait l’association Faribolana Sandratra dans toute l’ile. Il y a une structure culturelle en place hors pair ; il n’y a qu’à voir les résultats des élections. Nous sommes loin des 80% à 90% d’autrefois, même dans les campagnes les votes sont contrôlés, certes difficilement, mais il y a contrôle, et la manipulation des résultats est plus sophistiquée. La prise de conscience est là et si les gens refusent d’aller voter, comme on dit : ao raha. Il faut aussi interroger le silence des Malgaches, j’appelle cela, la technique d’enlisement. “Je te regarde subir les conséquences de tes actes.”

Ce peuple est profondément démocrate. Ce n’est pas la peine d’envoyer des blindés pour qu’il se masque, 99,5% de la population est masquée. Par contre, il faut trouver des solutions économiques pour qu’elle puisse adopter la distanciation sociale. Et surtout observer et analyser les solutions qu’elle a trouvées pour survivre, et les formaliser. Il est peut-être temps de tourner les regards dans cette direction, au lieu de réprimer à tout va.

Depuis 1960, nous sommes allés de déception en déception. Pensez-vous que c’est une fatalité ?

Non, ce n’est pas une fatalité. Nous sommes en train d’essayer de sortir d’une économie de prédation, pour aller vers une économie inclusive. Ce n’est pas évident. Les intérêts en jeu sont trop importants. Comme disent les sociologues et les économistes actuels, il faut passer par des destructions constructives, donc faire tomber des structures obsolètes pour les remplacer par d’autres. Mais ce n’est pas facile, car nous revenons de très loin : d’un système d’esclavage, de castes et de traite, puis d’un système colonial, puis…

J’espère tout simplement, que les Malgaches pourront passer à une autre étape sans effusion de sang. Mais je crois que la génération actuelle ne le veut pas. De toute façon, personne ne l’a voulu. Il y a des prises en charge à faire, mais j’espère que cela se fera non par les armes, mais par une éducation adéquate. La priorité actuelle est là. Nous avons des gosses géniaux, il faut voir comment ils se sont emparés d’internet, mais il faut leur donner une culture, et une éducation, une vraie, et arrêter de leur raconter des bobards empailletés. Et les ouvrir au monde, le monde de la réflexion profonde et les aider à aller au bout de ce qu’ils sont en train de créer.

En tant qu’écrivaine, êtes-vous plus sensible aux soubresauts de l’Histoire malgache ?

En tant qu’écrivaine, l’histoire malgache me passionne, non parce que je suis malgache, mais parce ce que l’histoire de cette île du bout du monde est passionnante. Elle a tout vécu : l’isolement, les pirates, les naufragés, les diverses migrations, les royautés, les guerres de royaumes, les expéditions coloniales. Tout.

Et la population a construit des rizières en terrasses, les pêcheurs bravent les mers sur des pirogues, et les anthropologues généticiens sont en train de découvrir les multiples racines des Malgaches : l’Indonésie, mais aussi, Perses, les Arabes, les Bantous. Il y a de quoi rêver non ? Par contre, je suis très distante vis-à-vis des soubresauts politiques contemporains. Je préfère analyser ce qu’il y a derrière.

Pour vous qui aviez vécu de longues années en France, quelle relation entretenez-vous avec elle ?

Avec l’Histoire ou avec Madagascar ? Avec l’Histoire, je l’ai dit précédemment. Avec Madagascar j’ai un rapport d’amour-haine. Il y a des choses qui me font hurler, mais il y en a qui me font littéralement fondre. Madame à la campagne voit émerger une culture des zanaky ny tsy fananana, les enfants de la pénurie, une culture de débrouillardise, de recyclage, de bricolage, une culture de fait très moderne, très ingénieuse, malheureusement le plafond de verre est trop bas, il faut le briser.

Kateb Yacine écrivait à propos de la langue française que « le français est notre butin de guerre » en parlant des anciens pays colonisés par la France. Quelle est votre relation avec la langue de la Nation qui a colonisé votre pays de naissance ?

Je n’aime pas ce terme, “pays de naissance”, quoique… Je me définis comme une Malgache qui a vécu longtemps à l’extérieur et qui a une identité multi-facettes. J’aime beaucoup le terme d’Edouard Glissant : “Tout-Monde”. Je partage la langue française avec ce “Tout-Monde” et je partage aussi avec eux une histoire commune, des blessures communes, des cris communs, des colères communes et aussi une même compréhension du monde.

Je les partage avec des Sénégalais, des Camerounais, des Guyanais, des français de souche, des Français d’origine yougoslave, des Vietnamiens, des Algériens et j’en passe. C’est notre langue de cœur, ma langue post-coloniale, car s’il fallait de nouveau se définir, je me définirais de la tendance “post-coloniale”, dans la mouvance des Achille Mbembe, Elwine Sarr. Mais la langue de l’âme c’est le malgache, le malgache c’est la langue de ma mère.

Après la profusion des productions des auteurs malgaches entre les années 1960 et jusque dans les années 1990 – c’est ce qui vous a d’ailleurs sûrement motivé à lancer l’opération Bokiko – la littérature et l’édition locales semblent avoir périclité. Comment expliquer ce déclin ?

La raison profonde de cette éclipse fait partie des dégâts collatéraux du système de censure qui sévissait alors et du système de contrôle des esprits. Après le système colonial, c’est ce système qui a sévi, il fallait imiter la Corée du Nord et la Chine d’alors. Et cette interdiction s’est greffée sur une peur déjà existante qui est celle du henamaso, ce qui pourrait dire approximativement, la peur de perdre sa dignité au regard des autres. Et cette double peur est encore terrible. Il y a eu aussi une décision, excusez-moi du terme, “débile” en 1972, ne plus faire acheter de livres par les parents dans les écoles.

Du coup, tout le marché s’est effondré, alors que s’il avait existé, il aurait évolué. Et surtout, ce qui a arrêté tout, c’est la mort de l’usine Papmad. Il a fallu importer du papier et le livre est devenu extrêmement cher. Et c’est dommage, car il y avait des auteurs comme Bao Ralambo, Mathilde Rakotozafy, Monique Rakotoanosy et tant d’autres encore et tout le travail qu’a fait feu Claude Rabenoro en son temps ou des librairies comme la librairie Mixte, le TPFLM, ou la Librairie de Madagascar. Heureusement qu’une des plus anciennes, la librairie Fakra à Toamasina survit encore et que des auteurs, comme Solofo José et Lydiary, ainsi que Henri Rahaingoson, Hemerson Andrianetrazafy, et d’autres comme Patrick Andriamangatiana ont tenu haut le flambeau.

Mais ils sont malgachophones, donc sans aide, et n’ont pu résister au bull-dozer francophone qui bénéficiait d’un circuit puissant. Ce n’est pas un reproche, juste un constat. Quand on prend une décision aussi importante comme la malgachisation, il faut aller au bout de la logique, et accompagner le mouvement par une politique culturelle, non idéologique, mais privilégiant la production. Malheureusement, il y eut des tapuscrits de la plus haute importance qui ont existé, ils ont disparu depuis. Mais il y a des urgences comme éditer les hira vokatry ny tany. Moi, j’ai sauvé ma peau, car je vivais à Paris, travaillais à RFI et faisais partie du monde culturel “noir”.

Il y a un courant de renouveau actuellement, véhiculé par les jeunes auteurs de mouvements littéraires comme le Faribolana Sandratra, il y a des poètes majeurs comme Riambola Mitia, il faut déjà sauver tous leurs textes, mais je crois que la Direction des bibliothèques le fait. Car maintenant, il y a un travail important qui est en train de se faire en direction des bibliothèques et d’une politique d’auteurs balbutiante, mais en ce moment, le Covid-19 tue toute initiative.

Avant de revenir définitivement dans la Grande île, vous aviez effectué régulièrement « (des) vacances chez vous ». Quelle est la place et la légitimité de la diaspora dans le développement de Madagascar ? Doit-elle être plus active en faveur du pays ?

La diaspora a une place à prendre dans le développement de Madagascar. Elle peut être une excellente passerelle dans un mode de partenariat bien clair. C’est toute une réflexion alternative à faire. Qui fait quoi sur un projet commun à part égale.

Là, il faut éviter toute compassion ou commisération, ou pitié néfaste. Mais il y a des partenariats et des actions qui ont été faites en ce sens, en mode développement durable et écologie. Il faudra entériner le modèle et le diffuser pour qu’il soit plus connu et suivi. Vahinala Baomiavotse, l’actuelle ministre de l’Environnement y a beaucoup contribué.

À la lumière de ces dernières années, a-t-on des raisons d’espérer un lendemain qui chante ?

Des lendemains qui chantent, je ne sais pas, et je dirais même que les lendemains qui viennent vont être très difficiles, mais des sur-lendemains paisibles pourquoi pas ?

Le président de la République voudrait faire de l’érection d’un colisée au cœur du Rova, un symbole marquant pour ce soixantième anniversaire de l’indépendance. Etes-vous d’accord avec la démarche et le choix ?

Bof un colisée ! c’est historiquement un endroit où les romains faisaient des jeux de cirque avec des gladiateurs qui s’entretuaient. Et un colisée en béton armé sur une colline qui s’effrite donne froid dans le dos.

D’une manière générale, comment appréhendez-vous la conservation des patrimoines matériels et immatériels malgaches ?

Que voulez- vous que je vous dise : on remblaie des rizières centenaires qui sont des chefs d’œuvres en matière hydraulique, on a volé la couronne de la Reine et le dinosaure du Palais d’Andafiavaratra, on a démoli la Poste d’Antaninarenina, qui fut un bijou d’Art Moderne et on vous vend des manuscrits arabico-malgaches ou des ouvrages de Grandidier dans la rue… Pas de commentaires à faire.

Êtes-vous pour la restitution des œuvres d’art en France à
Madagascar ?

Oui, mais à une condition, que leur protection soit bien assurée ici. En attendant, il y a un travail urgent à faire, recenser tout ce qui existe, les cataloguer, les numériser, avant toute chose. Ce travail commence à se faire, notamment au niveau des archives nationales. Mais ce sera long, très long. Mais il faudra le faire pour que le public en ait connaissance.

Et puis, il n’y a pas qu’en France, en matière de livres, par exemple, il y en a à Londres, à Stavenger en Norvège, en matière de statues funéraires, il y en a aux États-Unis… Il faut vraiment faire le point de l’existant. Et s’ils sont dans des musées prestigieux, recensés, protégés et expliqués, pourquoi pas, ce seront de bons ambassadeurs de l’île, mais il faudrait les numériser pour que les Malgaches puissent en profiter eux aussi. Et protéger le reste pour qu’il n’y ait plus de pillages et préparer la conservation sur place.

D’aucuns pointent du doigt la responsabilité (ou l’irresponsabilité, c’est selon) de l’élite dans l’étiolement économique surtout de la Grande île. Partagez-vous cet avis ?

Est-ce qu’ils ont eu le choix ? Déjà ils ont le mérite d’exister. J’ai dit au début de cet entretien que nous sortons ou essayons de sortir d’une économie de prédation et d’extraction. Pour une politique économique inclusive, il faut des lois, des balises, de la formation… Mais ce n’est pas mon domaine, je risque de dire n’importe quoi.

Enfin, doit-on dire malgache ou malagasy ? (rire)

Euh… je ne sais pas (rires)