Le tourisme : un secteur naufragé

Le tourisme : un secteur naufragé

Les chiffres donnent le tournis : 40 000 emplois directs du secteur du tourisme sont en péril, suite à la crise de la pandémie de Covid-19. Ce qui englobe 37 882 employés dans l’hôtellerie et la restauration ainsi que 2 500 guides touristiques. Fortement dépendante des liaisons aériennes internationales, la filière a payé un lourd tribut à la crise sanitaire. À un moment, la Confédération du Tourisme de Madagascar (CTM) a déploré que près de 98% des employés du secteur ont dû être envoyés au chômage technique.

Pourtant, l’année avait très bien débuté dans la continuité de 2019. Fin 2019, le ministère des Transports, du Tourisme et de la Météorologie avait estimé que près de 350 000 touristes non-résidents avaient été enregistrés. Ce qui représentait une hausse de plus de 20% entre 2018 et 2019. « Il s’agit d’un niveau historique atteint depuis 10 ans », s’était réjoui Joël Randriamandranto, le ministre des Transports, du Tourisme et de la Météorologie. En moyenne, entre 2009 et 2019, les arrivées de non-résidents à Madagascar ont connu une croissance de plus de 11,5% par an, avant que la crise ne vienne annihiler cette belle tendance haussière.

La CTM estime que cette année, 5 000 emplois auraient pu être créés par les nouvelles entreprises touristiques. Sur terrain, la tendance à la morosité se confirme. À Andasibe, l’un des hot-spots touristiques de la Grande île, les chantiers à l’arrêt sont nombreux et symbolisent cet élan qui a été coupé : « J’ai eu une centaine de réservations pour la haute saison, s’émeut un propriétaire de chambre d’hôtes. Tout a été annulé. Il n’y a même pas eu de report ». Comme bon nombre de ses voisins, il avait déjà investi dans l’extension de son établissement en vue de la saison 2020. Aujourd’hui, les travaux sont suspendus. « Je n’ai plus de liquidité pour terminer le chantier. J’ai bon espoir que la saison reprenne pour Noël. Là encore, il faudrait scruter à la loupe le comportement du marché et l’ouverture de nos frontières aériennes », espère-t-il.

Pour tenter de sauver ce qui peut être encore sauvé, le chef de l’État avait annoncé dès le 9 août la reprise des liaisons aériennes pour l’île touristique de Nosy Be. La réouverture de l’île est un « petit » motif d’espoir pour les autres acteurs du secteur touristique. Plus de 70 touristes avaient débarqué sur l’Île aux parfums au début du mois d’octobre. Les hôteliers locaux ont annoncé un taux de remplissage des hôtels de Nosy Be de l’ordre de 25%.