La Banque centrale de Madagascar : les instruments monétaires en sa possession

La Banque centrale de Madagascar : les instruments monétaires en sa possession

La Banky foiben’i Madagasikara (BFM) est en charge « de la stabilité monétaire interne (inflation) et de la stabilité monétaire externe (réserves de change) ». Elle contribue également « à la stabilité financière et à la solidité du système financier de la République de Madagascar ».

Elle définit et met en œuvre la politique monétaire. Les taux d’intérêt sont parmi les instruments de politique monétaire en sa possession. Ils englobent le taux de facilité de dépôt, le taux de facilité de prêt marginal et le taux de refinancement, ainsi que les réserves obligatoires.

« Une facilité de dépôt désigne la possibilité, offerte aux banques, de déposer leurs excès de liquidité sur un compte ouvert auprès de la Banque centrale, en plus de leurs réserves obligatoires », explique l’économiste Zavamanitra Andriamiharivolamena. Il détaille aussi qu’« il n’y a aucune limitation de montant ou de durée pour ce compte qui est rémunéré par le “taux de facilité de dépôt”. En cas de risque d’inflation engendré par une trop forte demande de crédits, la banque, si nécessaire, peut réviser à la hausse ce taux afin de réduire le volume des prêts à l’économie ».

Notre interlocuteur insiste sur le taux de refinancement. « Si une banque ne dispose pas d’assez de liquidités qui puissent lui permettre d’enclencher un processus de distribution de crédits, elle peut se “refinancer” en empruntant auprès d’autres banques moyennant paiement d’intérêt. Dans le pire des cas, elle peut s’adresser à la BFM qui lui prête des liquidités pour un horizon journalier contre paiement d’un intérêt dont le taux est fixé par elle-même », affirme-t-il. Le taux d’intérêt pratiqué dans les prêts de liquidités interbancaires est déterminé par le taux de refinancement fixé par la BFM.

En conséquence, une hausse du taux de refinancement rend plus chers les crédits distribués et freine ainsi les demandes de crédits, donc la demande globale, abaissant du coup la tension inflationniste. « Le même mécanisme est adopté par la BFM pour les banques qui ont besoin de liquidités pour une durée d’une semaine. Dans ce cas, le taux pratiqué est appelé “taux de prêt marginal” », ajoute Zavamanitra Andriamiharivolamena.