Le plan Marshall, toujours d’actualité

Le plan Marshall, toujours d’actualité

1 043 milliards d’ariary. C’est le volume d’investissements que Andry Rajoelina avait promis d’injecter dans le cadre du Plan Marshall, en juin 2020. S’inspirant du plan de relance américain en faveur des Européens après la Seconde guerre mondiale, le pendant malgache prévoyait la construction de nombreuses infrastructures pour redynamiser l’économie locale, à travers les infrastructures. Passé sous silence depuis quelques mois, Hajo Andrianainarivelo, ministre de l’Aménagement du territoire et des Travaux publics, nous confie qu’il est bel et bien en route et il est toujours d’actualité.

« C’est toujours d’actualité parce que, si vous regardez la Loi de finances 2021, chaque ministère affiche une rubrique “projets pour l’émergence”. Donc à charge pour chaque département de proposer des projets à même de relancer l’économie après cette pandémie de Covid-19 », explique Hajo Andrianainarivelo. La LFR 2020 a également prévu des projets d’investissements de type « grands travaux » d’infrastructure BTP dans des secteurs tels que la santé, les transports, l’éducation, le tourisme et l’assainissement. Le plan ambitionne notamment de construire 1 100 nouvelles salles de classes, dont 4 salles équipées par district soit 476 salles et à la demande des élus dans les 119 districts, des campus universitaires, des hôpitaux, des logements… et d’autres projets qui ne diffèrent guère de ce que le Plan émergence Madagascar détaille déjà. Le numéro Un de l’État malgache avait misé sur le lancement de chantiers dans toute l’île – « Plus aucun district ne sera oublié (…) c’est le “Velirano ” (engagement) que j’ai fait durant ma campagne », avait promis le chef de l’État à l’époque –, afin de créer des emplois. Il avait exhorté les petites entreprises à soumissionner. Les appels d’offres pour ces travaux seront lancés au niveau de chaque district et non au niveau des ministères, pour que les entrepreneurs de ces circonscriptions puissent en bénéficier. Ils devront être prioritaires dans le traitement des appels d’offres, avait expliqué Andry Rajoelina. Néanmoins, sur terrain, la réalité est encore tout autre. « La lourdeur administrative, et un sérieux manque de budget sûrement, nous a encore empêchés de lancer les travaux », nous confie un agent auprès du district d’Ambatondrazaka, dans la région Alaotra-Mangoro.

« Le Plan Marshall n’est pas uniquement la relance. Il concerne également les réformes, les questions de gouvernance. Mais les gens se sont beaucoup plus focalisés sur les infrastructures », nuance le ministre de l’Aménagement du territoire et des Travaux publics. La logique du plan malgache épouse celle de la reconstruction de l’Europe. Mais selon notre interlocuteur, cette planification infrastructurelle est également un moyen pour pouvoir engager les Partenaires techniques et financiers. « C’était une manière aussi de mobiliser nos partenaires. Nous voulions souligner que Madagascar a besoin de beaucoup plus d’infrastructures, aujourd’hui et d’ investissements conséquents dans ce sens », glisse Hajo Andrianainarivelo.

Photo : Présidence de la République de Madagascar