Mi-mandat, demi-mesure

Mi-mandat, demi-mesure

Deux ans et demi. Le temps file à toute allure. On se souvient encore des trois candidats qui rivalisaient de puissance financière et qui sillonnaient les quatre coins de l’île essayant de convaincre les électeurs, avec leur slogan, leur musique entêtante, à coups de millions et des tonnes de promesses. Aujourd’hui, le retour de bâton est douloureux pour le vainqueur du second tour qui est, semble-t-il, lié à ses promesses, pour le meilleur et pour le pire.

Changer le cours de l’histoire. La promesse était belle et alléchante sur papier avec le Plan pour l’émergence de Madagascar (PEM) comme locomotive. Sauf que le PEM censé mettre – remettre selon le locataire d’Ambohitsorohitra – le pays sur les rails n’a pas encore vu le jour.

Il faut remettre l’émergence dans le contexte : elle ne se décrète pas à coup de communication ou à coup de discours. Elle se décline en un projet de société et à travers des investissements. Pour atteindre le niveau de croissance des pays qui servent d’exemple en termes d’émergence, par exemple, il faudrait investir l’équivalent de 30% du Produit intérieur brut (PIB) par an. D’une manière plus globale, la Grande île a besoin d’une croissance à deux chiffres pour pouvoir sortir de l’extrême pauvreté. Ce qui parait aujourd’hui utopique. L’émergence ne sera une réalité que quand des mutations socioéconomiques profondes seront palpables avec des emplois décents pour tous, l’apparition d’une « vraie » classe moyenne, l’accès aux services sociaux de base, comme la santé, l’inclusion des femmes et des minorités dans toutes les sphères décisionnelles… Nous sommes loin du compte. Sortir de l’ornière en un mandat relevait (relève) de la gageure, d’autant plus que la crise sanitaire aura un impact sur le long-terme sur le secteur productif qui n’a guère bénéficié de mesures solides pour la relance. Or, si l’administration veut atteindre les objectifs de croissance, le secteur privé devrait être un allié de poids. Pour une réelle émergence, les demi-mesures sont à bannir.

Le modèle de l’administration Andry Rajoelina ne diffère guère de ce qu’une ribambelle de pays africains tente de faire. Sur 54 pays africains, 37 ont lancé un plan visant à devenir un « émergent » à moyen terme, en remplacement du mot « développement » devenu moins « bankable » auprès des investisseurs.

En deux ans et demi, nous aurions tout vu, ou presque. L’émergence a été cuisinée à toutes les sauces que les pratiques politiques n’aient que peu changées : malgré une cérémonie d’installation qui a été placée sous les auspices de la laïcité, les rapports entre l’État et la sphère religieuse n’ont pas changé, le Président a pris part à un méga culte dénommé « action de grâce pour le pays », malgré les remaniements, certains ministres qui se sont illustrés par leur manque relatif de maitrise – voire de méconnaissance – des dossiers n’ont pas (encore) été remerciés. Les parlementaires semblent vouloir réduire à leur portion la plus congrue les avancées en matière de la lutte anti-corruption à travers une loi sur les Pôles anti-corruption (Pac) tant décriée alors que la corruption et le népotisme règnent encore.

Aujourd’hui, le pouvoir s’est davantage concentré entre les mains du chef de l’État, en écho à la mainmise des Orange sur toutes les institutions au bénéfice d’une véritable rafle sur tous les postes électifs. Comme l’histoire de la République nous l’a appris, l’omniprésence d’une majorité au sein de l’institution et des chambres est bien souvent la porte ouverte à tous les excès. Nous avons encore en tête la demande très explicite d’un parlementaire pour que ses connaissances soient recrutées lors d’une séance en ligne de l’Assemblée nationale. Le président de la République a voulu marquer d’une pierre blanche sa mi-mandat en se lançant dans une sorte de campagne électorale. On le voit ne ménageant pas ses efforts pour colmater les brèches, pour tenter de sauver les meubles… pour allonger de nouveau sa liste de promesses.

Deux ans et demi. Le temps file à toute allure. On se souvient encore des trois candidats qui rivalisaient de puissance financière et qui sillonnaient les quatre coins de l’île essayant de convaincre les électeurs, avec leur slogan, leur musique entêtante, à coups de millions et des tonnes de promesses. Aujourd’hui, le retour de bâton est douloureux pour le vainqueur du second tour qui est, semble-t-il, lié à ses promesses, pour le meilleur et pour le pire.

Changer le cours de l’histoire. La promesse était belle et alléchante sur papier avec le Plan pour l’émergence de Madagascar (PEM) comme locomotive. Sauf que le PEM censé mettre – remettre selon le locataire d’Ambohitsorohitra – le pays sur les rails n’a pas encore vu le jour.

Il faut remettre l’émergence dans le contexte : elle ne se décrète pas à coup de communication ou à coup de discours. Elle se décline en un projet de société et à travers des investissements. Pour atteindre le niveau de croissance des pays qui servent d’exemple en termes d’émergence, par exemple, il faudrait investir l’équivalent de 30% du Produit intérieur brut (PIB) par an. D’une manière plus globale, la Grande île a besoin d’une croissance à deux chiffres pour pouvoir sortir de l’extrême pauvreté. Ce qui parait aujourd’hui utopique. L’émergence ne sera une réalité que quand des mutations socioéconomiques profondes seront palpables avec des emplois décents pour tous, l’apparition d’une « vraie » classe moyenne, l’accès aux services sociaux de base, comme la santé, l’inclusion des femmes et des minorités dans toutes les sphères décisionnelles… Nous sommes loin du compte. Sortir de l’ornière en un mandat relevait (relève) de la gageure, d’autant plus que la crise sanitaire aura un impact sur le long-terme sur le secteur productif qui n’a guère bénéficié de mesures solides pour la relance. Or, si l’administration veut atteindre les objectifs de croissance, le secteur privé devrait être un allié de poids. Pour une réelle émergence, les demi-mesures sont à bannir.

Le modèle de l’administration Andry Rajoelina ne diffère guère de ce qu’une ribambelle de pays africains tente de faire. Sur 54 pays africains, 37 ont lancé un plan visant à devenir un « émergent » à moyen terme, en remplacement du mot « développement » devenu moins « bankable » auprès des investisseurs.

En deux ans et demi, nous aurions tout vu, ou presque. L’émergence a été cuisinée à toutes les sauces que les pratiques politiques n’aient que peu changées : malgré une cérémonie d’installation qui a été placée sous les auspices de la laïcité, les rapports entre l’État et la sphère religieuse n’ont pas changé, le Président a pris part à un méga culte dénommé « action de grâce pour le pays », malgré les remaniements, certains ministres qui se sont illustrés par leur manque relatif de maitrise – voire de méconnaissance – des dossiers n’ont pas (encore) été remerciés. Les parlementaires semblent vouloir réduire à leur portion la plus congrue les avancées en matière de la lutte anti-corruption à travers une loi sur les Pôles anti-corruption (Pac) tant décriée alors que la corruption et le népotisme règnent encore.

Aujourd’hui, le pouvoir s’est davantage concentré entre les mains du chef de l’État, en écho à la mainmise des Orange sur toutes les institutions au bénéfice d’une véritable rafle sur tous les postes électifs. Comme l’histoire de la République nous l’a appris, l’omniprésence d’une majorité au sein de l’institution et des chambres est bien souvent la porte ouverte à tous les excès. Nous avons encore en tête la demande très explicite d’un parlementaire pour que ses connaissances soient recrutées lors d’une séance en ligne de l’Assemblée nationale. Le président de la République a voulu marquer d’une pierre blanche sa mi-mandat en se lançant dans une sorte de campagne électorale. On le voit ne ménageant pas ses efforts pour colmater les brèches, pour tenter de sauver les meubles… pour allonger de nouveau sa liste de promesses.