Interview croisée entre Michel Domenichini Ramiaramanana, vice-président d’Émergence Madagascar, et Ny Riana Andriamasinoro, sécrétaire général du TIM

Interview croisée entre Michel Domenichini Ramiaramanana, vice-président d’Émergence Madagascar, et Ny Riana Andriamasinoro, sécrétaire général du TIM

Il se qualifie d’ « émergentiste » convaincu. Michel Domenichini Ramiaramanana est le vice-président d’Émergence Madagascar. Il défend le bilan à mi-parcours du chef de l’État. Figure de la jeunesse propulsée au rang de Secrétaire général (SG) du premier parti de l’opposition, Tiako i Madagasikara (TIM), Ny Riana Andriamasinoro juge du point de vue de la formation la première partie du mandat de Andry Rajoelina.

Nous sommes à mi-mandat, comment jugez-vous les actions du Président de la République ?

Michel Domenichini Ramiaramanana (M.D.R.) : Le constat est déjà fait d’un pays qui regorge de potentiels extrêmement prometteurs, mais nous n’avons pas su en profiter jusqu’à présent. La population n’a pas pu en recevoir les bénéfices. De ce point de vue, je dirais que le Président est tout à fait sur la bonne voie en prônant l’Initiative pour l’Émergence de Madagascar. Sa déclinaison en PEM (Plan émergence Madagascar) contient quelques projets phares qui tiennent compte des problématiques réelles. Le chef de l’État a appelé à un changement de paradigme qui n’était pas évident, comme à chaque fois qu’il est proposé une révolution. Dans l’histoire de toutes les sociétés, nous avons toujours eu des résistances au changement qu’il faut gérer. Un “émergentiste” convaincu est en recherche permanente de solutions. Le défi est d’apporter des réponses pour que celui qui résiste à ce changement puisse comprendre les enjeux de cette nouvelle voie de l’émergence. Les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont mis en place un nouveau concept, un nouveau modèle de développement en proposant une alternative aux solutions préconisées par les institutions de Bretton Woods. Ces dernières, selon le fameux livre de Dambisa Moyo intitulé L’aide fatale (éditions JC Lattes, NDLR), ont démontré des aspects assez peu pertinents de leurs préconisations pour des pays comme le nôtre.

À mi-mandat, le Président de la République s’est attaché à renouer et à remettre dans l’exercice de la politique à Madagascar, ce que peuvent être les valeurs fondamentales et culturelles malgaches. Globalement, le Plan émergence Madagascar (PEM) est l’antidote au Syndrome de l’île de Pâques qui exprime une menace permanente à notre environnement socioéconomique, culturel et à son exception environnementale. Notons à cet égard que dans la gestion de la crise sanitaire, le chef de l’État a résolument favorisé l’humain et le social sur toute autre considération. La résistance au changement n’est pas uniquement de nature humaine, elle peut être également structurelle. L’adoption du concept émergence ne nécessite pas seulement un changement de paradigme de tout à chacun, mais aussi une révolution de la pensée économique ordinaire. Le plan Marshall est incontestablement un des préalables très fort au PEM.

Ny Riana Andriamasinoro (N.R.A.) : Le président de la République acte publiquement comme la seule personne qui assure l’exécution de toutes les décisions et la mise en œuvre des programmes du gouvernement. Il ne dirige pas et n’agit pas comme un vrai leader, mais uniquement en tant qu’un exécutant. Est-ce qu’il fait confiance à son gouvernement, y compris le Premier ministre ?

Sentez-vous que l’on ait pu réellement avancer sur l’émergence promise ? N’a-t-on pas l’impression que l’administration tâtonne sur de nombreux dossiers ?

M.D.R . : Je récuse totalement le terme de tâtonnement. Quand je parle de résistance au changement, il est réel. En fait, il est extrêmement compliqué pour une personne de pouvoir appréhender immédiatement l’ensemble de la problématique de l’émergence. Cette résistance provient de tous les stigmates des vieux modèles de pensée, y compris dans l’administration. C’est le “poison lent” de ce que certaines périodes politiques du pays ont mis dans notre système et dont on subit encore aujourd’hui les conséquences. La structuration de la pensée de certains rouages de l’administration n’est absolument pas prête à s’adapter à ce que propose l’émergence.

L’enjeu est de mettre en place de nouveaux systèmes, formats et de nouveaux modèles de développement. Cette première partie du mandat du Président aura au moins permis de faire en sorte que certaines valeurs fondamentales, qualifiées de “soatoavina” malgaches, enrichissent culturellement l’émergence du pays. Par exemple, cette crise sanitaire mondiale aura été l’occasion ou l’opportunité pour le Président de remettre à jour les fonctions régaliennes traditionnelles véritablement malgaches de l’État, en prenant en main le domaine de la santé. En créant Pharmalagasy, il fait avancer dans la modernité les remèdes traditionnels améliorés qui constituent une véritable solution pour la population. Il a renoué avec ce qui était une des valeurs cardinales malgaches de la gouvernance “Vita Malagasy” ou Made in Madagascar.

N.R.A. : Non, avec l’attentisme, le manque d’initiative et l’absence de priorisation des actions gouvernementales, il est difficile de croire que les promesses seront exécutées. En outre, à mi-mandat, le Plan émergence Madagascar (PEM) n’a pas encore été adopté officiellement. Cela démontre une incompétence de la part du gouvernement.

Nous avons l’impression qu’il y a deux vitesses entre le chef de l’État et l’Exécutif. Est-ce qu’il n’y a pas de friction entre ces deux rouages ?

M.D.R . : Quand viennent de nouveaux concepts, il y a nécessairement des frictions. Ils font partie des réactions auxquelles il faut s’attendre lorsqu’on propose une telle vision. Il nous appartient de régulièrement convaincre et d’expliquer ce en quoi cette nouvelle vision est pertinente. Les mandats de cinq ans sont largement insuffisants pour pouvoir expliquer et apporter des résultats définitivement efficients. Donc, gérer les court, moyen et long termes n’est pas une mince affaire. À court terme, durant cette première partie de mandat, il a lancé, par exemple, un Plan Marshall et a mis le pays entier en chantier, en attendant que se mette véritablement en place l’essentiel d’un programme d’émergence. Je dois dire que si nous n’avions pas été altérés par cette crise sanitaire, les choses auraient très probablement évolué différemment. Mais restons toujours attentifs. À travers cette crise sanitaire, peut-être allons-nous pouvoir tirer le meilleur de nous-mêmes. Elle nous a amenés à avoir une réflexion encore plus profonde sur ce que pouvaient être les vulnérabilités de Madagascar. Vous savez l’idéogramme chinois pour signifier “crise”, qui exprime également la notion d’opportunité.

N.R.A. : On a tendance à conclure que le Président et le gouvernement opèrent à deux vitesses différentes, mais la réalité est que la mise en œuvre des décisions prises n’est pas profondément analysée, expliquant la difficulté de l’exécution. En plus, la sortie médiatique fréquente du chef de l’État est uniquement une fausse apparence pour montrer qu’il est souvent en avance par rapport au gouvernement. Or, la réalité est qu’il existe un manque de leadership et de pragmatisme dans le développement des programmes à exécuter.

L’administration veut et investit de manière très importante dans les programmes d’infrastructures, tandis que des urgences sociales se posent. Comment appréciez-vous ce choix ?

M.D.R . : Ce n’est pas parce que nous aurions éventuellement renoncé à la construction des stades que nous aurions pu apporter une solution plus durable à la situation qu’il y a dans le Sud. La préoccupation d’apporter un élément symbolique vis- à-vis de la jeunesse, lui donner et lui inculquer la notion de la compétition et de vouloir gagner régulièrement les défis, sont largement matérialisés à travers ce programme d’édification des stades. Quant à la problématique du Sud de l’île, de nombreuses initiatives ont été entamées pour apporter des solutions durables à la question de la famine ou encore pour combattre la sécheresse, etc. Toutes ces initiatives et ces solutions annoncées vont contribuer progressivement à la réalisation du PEM. Relevons notamment le programme Odof (One Disctrict, One factory) qui engage le pays dans la voie de la souveraineté industrielle. Les réseaux sociaux ont malheureusement modifié notre façon de penser : “ils veulent tout, et tout de suite”. Ce n’est pas possible, Rome n’a pas été bâtie en un jour.

N.R.A. : L’investissement dans les programmes d’infrastructures en soi ne pose pas de problème, mais le problème réside dans le choix des infrastructures dans lesquelles investir. Les infrastructures sportives ne sont pas des priorités pour le pays. En plus, il n’existe pas d’équilibre particulier entre les urgences sociales qui devraient être la priorité des priorités et les investissements dans les programmes d’infrastructures.

L’administration actuelle compte noyer les problèmes sous des déluges de communication selon la société civile et certains partis politiques. Partagez-vous cette façon de voir?

M.D.R . : Je ne suis pas certain qu’il y ait un déluge de communication, comme vous le dites. Je crois sincèrement que cette crise sanitaire amène les uns et les autres à travailler différemment. Aujourd’hui, les priorités sont largement fixées d’une manière à la juguler tout en veillant à ce que l’économie puisse fonctionner. Vous savez, nous sommes en train de vivre une crise existentielle à l’échelon mondial et là, il faut être très factuel : chacun devrait avoir le sens critique pour trier les bonnes informations des mauvaises. Mais je pense que la communication en temps de crise est absolument nécessaire. Quoi qu’il en soit, il y a un travail de fond qui doit se poursuivre. Il faut savoir s’adapter aux situations et être réactif pour apporter des solutions immédiates, concrètes, positives et mesurables. Vous avez une population extrêmement jeune qui aspire à contribuer au développement de son propre pays. Il faut lui fournir une voie où il y a des perspectives positives. La construction mérite réflexion, créativité et beaucoup de savoir-faire, mais aussi de tranquillité d’esprit. J’y reviens, nous allons obtenir cette souveraineté industrielle pour Madagascar et mettre en place une alternative à cette économie de comptoir qui n’est pas productive. Elle n’est que source d’enrichissement d’une minorité.

N.R.A. : La médiatisation des actions du Président n’est qu’une stratégie populistique pour berner ceux et celles qui sont des fanatiques afin de pratiquer le culte de personnalité. Cette pratique vise uniquement à masquer l’incompétence, l’absence de la mise en œuvre des programmes de développement et faire croire à la population que le Président travaille pour le peuple.

L’un des fers de lance de la campagne de Andry Rajoelina était la question de la souveraineté économique, en promettant de s’affranchir des partenaires traditionnels. Force est de constater que ces partenaires sont bel et bien encore présents dans la Grande île. A-t-il échoué ?

M.D.R . : Je pense que le Président souhaitait plutôt dire que nous n’avons de leçon à recevoir de personne. Cela sous-entend que la meilleure expertise qui puisse être produite sur la situation malgache doit être faite par des Malgaches. Il n’y a aucune antinomie entre une contribution des partenaires techniques et financiers classiques et traditionnels et celle venant de nouvelles voies que pourrait inspirer une économie de l’émergence. Je pense qu’aujourd’hui, il y a véritablement une pensée commune qui se met progressivement en place entre les institutions de Bretton Woods et la pensée émergente. Nous avons été largement contrariés par cet épisode sanitaire, mais à un moment donné, ces nouvelles solutions de l’économie émergente seront concrétisées.

N.R.A. : Oui, il a échoué à cause de son ignorance du fonctionnement du monde du développement et de la relation internationale. L’échec peut être expliqué par les mauvais conseils qu’il a obtenus durant la campagne de la part des intérêts privés qui l’ont financée.

Mais régulièrement, les institutions de Bretton Woods tapent du poing sur la table, par exemple sur la question de la Jirama ou d’Air Madagascar. Comment le Président perçoit-il ces rappels à l’ordre ?

M.D.R . : Je pense que là-dessus, il faut distinguer deux choses. D’abord, sur le principe de fond, on peut exiger une meilleure gouvernance, soit de la Jirama, soit d’Air Madagascar, par rapport aux subventions que lui amène l’État. Cette question d’une meilleure gouvernance est régulièrement mise en avant par le chef de l’État. Aujourd’hui, nous devons gérer toutes les incompétences des régimes précédents qui mettent les dirigeants actuels dans des positions souvent très difficiles. Les bailleurs de fonds internationaux disent qu’il faut que la Jirama soit totalement autonome et il en est de même pour la compagnie Air Madagascar. De l’autre côté, nous devons être attentifs pour ce qui est du paramètre social. Le travail se fera progressivement. Pour l’aérien, des petites compagnies qui ont été jadis soutenues par Air Madagascar, telles qu’Air Mauritius, ont démontré dans le temps qu’elles étaient parfaitement capables de devenir autonomes, même si la crise sanitaire les a lourdement handicapées, au même titre que toutes les autres compagnies.

Êtes-vous satisfait du casting des ministres successifs ?

M.D.R . : Je pense que, quand vous êtes ministre du gouvernement malgache, vous avez à cœur le développement du pays. Néanmoins, nous ne pouvons pas être absolument certains que les “idéaux de l’émergence” soient parfaitement intégrés et compris par le ou la ministre qui est en place. Il nous appartient d’en discuter. Toutefois, ce sont des personnes qui ont la capacité de pouvoir intégrer de nouveaux modes de réflexion et de nouveaux modèles de développement. C’est le pari qui est fait. En ce moment, nous sommes dans une transition politique pour passer des distorsions politiques de l’ancien système marxiste – dont nous héritons actuellement et dont nous percevons encore les stigmates – à un nouveau deal que l’on se propose de mettre en place. Pour rappel, les deux distorsions majeures de modèles politiques antérieures, à savoir celui de la colonisation et celui de la période marxisante qu’a connu le pays, ont profondément touché et détérioré nos valeurs traditionnelles. Le Président a fait un gros travail pour se remettre sur des fondamentaux solides de nos valeurs traditionnelles, en insistant sur la valorisation du génie national. C’est ce qui va nous permettre, in fine, d’assurer le succès de l’émergence de Madagascar.

N.R.A. : L’esprit d’équipe n’existe pas au niveau du gouvernement. Il n’existe pas une description claire de responsabilité (job description) pour les ministres, ce qui explique, par exemple, les différentes interventions du ministre de la Communication et de la Culture.

Tous les leviers sont entre les mains de Andry Rajoelina. A-t-il encore une quelconque excuse pour mettre le pays sur la voie du développement ?

M.D.R .: Je pense qu’il n’a jamais cherché d’excuses auprès de qui que ce soit. Il est lui-même parfaitement conscient de la situation. Une telle vision nécessite beaucoup de sérénité. Effectivement, l’environnement institutionnel entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif a été conforté au fil des mois. Cette évolution s’est opérée dans un contexte très particulier. Cependant, la question sanitaire n’est pas anodine. N’oublions pas, il y a encore deux ans et demi d’exercice du pouvoir pour continuer à avancer. Même si cela n’est pas perceptible par tous les citoyens, beaucoup sont déjà conscients des performances économiques qui vont suivre notamment avec cette mise en chantier de Madagascar, une volonté politique présidentielle essentielle pour l’ensemble de l’économie nationale. Nous pouvons citer à titre d’exemple et au hasard le cas de la réhabilitation de la RN 44. Le Président dispose effectivement de tous les pouvoirs pour favoriser la mise en œuvre du PEM, mais rien ne se fera sans une proactivité d’émergentistes convaincus du bien-fondé du PEM.

N.R.A. : Le Président n’a aucune excuse, mais avoir la concentration du pouvoir à une seule personne ne signifie pas le succès. La réalité de la situation Socioéconomique démontre l’échec et la défaillance de l’État qu’il dirige.

Sur la gestion de la crise sanitaire, le fait d’avoir quasiment tout misé sur le CVO n’a-t-il pas été une erreur fondamentale ?

M.D.R : Le premier savant de Madagascar, Joseph Rasamimanana, a reçu en 1886 une formation de médecine conventionnelle en France. Il était également un héritier de la médecine traditionnelle utilisant les plantes médicinales. Il a toujours fait valoir l’exercice de cette relation entre la médecine conventionnelle et la médecine traditionnelle. Par la suite, il a permis à de grands professeurs, comme Albert Rakoto Ratsimamanga, de poursuivre ce travail sur les remèdes traditionnels améliorés. Ces plantes constituent pratiquement notre première richesse. Elles ont des vertus thérapeutiques ou médicinales. L’histoire retiendra que notre Président a favorisé le retour aux valeurs traditionnelles. Ces remèdes traditionnels améliorés, sollicités partout dans le monde, vont être une grande partie de la solution à la pauvreté dans le pays.

N.R.A : Effectivement, c’est une erreur du fait que le coronavirus est une maladie nouvelle que les scientifiques continuent toujours de l’étudier. La politisation de la crise sanitaire est une erreur de stratégie de la part du Président lui-même.

Quelle est la place de l’opposition dans un système verrouillé par l’administration ?

M.D.R : Pour moi, une opposition doit avoir un rôle extrêmement important à jouer, celui d’alerter. On devrait toujours avoir un regard croisé sur tous les événements ou sur toutes les situations sociopolitiques du pays. Il serait toujours judicieux d’avoir des personnes en capacité d’alerter sur une dérive, mais en ayant une réflexion constructive et positive. La démocratie, c’est effectivement être à l’écoute des revendications populaires. En tout cas, la perfection n’est pas de ce monde. Donc, soyons totalement réceptifs, car “l’autisme politique” est une très mauvaise chose.

N.R.A. : Malgré la marge de manœuvre limitée, l’opposition devrait sensibiliser la population de la conduite des affaires nationales et de l’incompétence du gouvernement. Le pouvoir appartient au peuple, ainsi seule la population a les moyens de déverrouiller le système. L’opposition devrait donc faire appel au peuple.

Au vu du bilan de cette mi-mandat, Andry Rajoelina était-il réellement prêt à présider la destinée du pays ?

M.D.R . : Comme beaucoup d’entre nous, il ne cesse de polir sa pierre. Chaque jour, le Président améliore sa courbe d’expérience, ce qui est indispensable, et il fait preuve de la qualité d’un homme d’État. Il n’a jamais de certitudes définitives, mais il est toujours en interrogation jusqu’au moment où il prend une décision. Décider, c’est renoncer à d’autres aspects. Cependant, il va toujours dans le sens de l’intérêt général. C’est une des valeurs cardinales de la politique qui a eu tendance à être un peu absente de nos réflexions et de nos discours de ces dernières années.

N.R.A. : Vu l’échec du gouvernement qu’il dirige, le chef de l’État n’a pas la capacité de sortir le pays de cette crise qu’il traverse.

Mais n’a-t-on pas l’impression qu’il confond intérêt général et parfois populisme ? C’est l’un des reproches les plus fréquents à son endroit.

M.D.R . : L’exercice est difficile. Effectivement, on pourrait rapidement considérer que certaines prises de position résultent d’une pensée populiste. Le programme Initiative pour l’émergence de Madagascar (IEM) reste le cadre référentiel de pensée du Président. Mais certaines décisions peuvent parfois ne pas être comprises immédiatement par la population, mais qui, dans le temps, auront leurs raisons d’être. En tout état de cause, aujourd’hui, nous avons la possibilité de pouvoir faire des comparaisons avec ce qui a pu être fait ailleurs. Pour autant, je revendique et recommande régulièrement notre rapprochement avec le continent asiatique, car les “Tigres de l’Asie” ont largement démontré l’efficacité et la pertinence de l’émergence. Du point de vue de la diplomatie économique, je suis résolument pour une approche multilatérale en faveur du développement de Madagascar, laquelle doit notamment inclure l’Association des nation de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).

N.R.A. : Comme il a été dit plus haut, il dirige le pays avec des décisions populistes impossibles à réaliser. Son incapacité à prioriser les actions à entreprendre démontre l’absence de volonté politique à sortir le pays de la pauvreté qu’il continue de maintenir.

Qu’est-ce qu’on peut lui souhaiter pour le reste de son mandat ?

M.D.R : Pour cette deuxième partie de son mandat, on va lui souhaiter que soit révélé au grand jour le résultat de tout ce qui aura déjà été engagé et qu’au fil des mois qui vont s’écouler, que les Velirano, un engagement très fort dans les valeurs malgaches, qu’il a énoncés, auront tous été respectés. Ainsi, qu’il puisse montrer la voie vertueuse de ce que devrait suivre ce pays pour les années à venir.

N.R.A. : Qu’il démissionne au plus vite, sinon Madagascar continuera sa descente aux enfers et deviendra le premier pays le plus pauvre
au monde.