Une situation économique mitigée

Une situation économique mitigée

À mi-mandat de l’actuel président de la République, la situation économique de Madagascar peut être qualifiée de mitigée, en espérant que le meilleur est encore à venir pour un pays qui se veut être émergent.

Avant d’aborder le bilan, revenons sur les grandes lignes du programme économique des dirigeants actuels. Si l’on se réfère à la politique générale de l’État, présentée le 31 janvier 2019, les priorités économiques portent notamment sur le doublement de la production d’électricité et la réduction des tarifs de l’énergie, l’industrialisation et le soutien à la production locale, la mise en place d’une banque d’investissement et d’un fonds souverain, l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire d’ici 2024 ; et la réhabilitation et la construction de nouvelles routes.

À la recherche (des bases) de l’émergence

Ces priorités s’appuient sur la lutte contre l’insécurité et la corruption, l’amélioration du climat des affaires, le développement de l’agrobusiness et de l’économie bleue, l’optimisation de l’exploitation des ressources naturelles, l’essor du tourisme, l’augmentation de la surface des terres rizicoles et la hausse du rendement, la création de nouvelles villes et de logement, le développement des secteurs des mines, du gaz et du pétrole.

Après une année 2019 marquée par une croissance relativement modeste de 4,4 % du Produit intérieur brut (PIB), la situation économique de 2020 a été gravement marquée par la pandémie de Covid-19 avec un écart de 9% par rapport aux prévisions (moins 4% au lieu de plus 5%). La faiblesse de la demande intérieure et extérieure (interruption du tourisme et baisse des exportations, notamment dans les secteurs minier et textile) ainsi que la perturbation du mouvement des personnes et des marchandises liée à la mise en place des mesures de confinement ont entrainé un effondrement des activités économiques et du revenu par habitant (passé de 540 à 502 dollars). D’après la Banque mondiale, 1,4 million de personnes sont tombées en 2020 dans l’extrême pauvreté. La réalisation des grandes lignes du programme économique est également perturbée. En outre, les aléas climatiques et des problèmes structurels ont aggravé la situation en matière de sécurité alimentaire.

Mobiliser les ressources internationales

La situation économique de 2021 est très incertaine après la deuxième vague de la pandémie de Covid-19 de ces derniers mois. Il sera surement difficile d’atteindre les projections de croissance de + 3,2% du PIB et de revenu par habitant de 521 dollars de cette année, sachant que ce revenu estimé est encore inférieur à celui de 2019. La dynamisation des activités économiques et la recherche d’une croissance soutenue vont nécessiter de nouvelles mesures fortes de la part de l’État ainsi qu’un financement assez conséquent. Le Plan Marshall annoncé au second semestre 2020 et les différents programmes d’investissement publics prévus dans la Loi de finances risquent de ne pas suffire.

Les fruits de la croissance

Le récent Sommet sur le financement des économies africaines qui s’est tenu à Paris, auquel Madagascar n’a pas participé directement, peut être source d’espoir afin de mobiliser des ressources internationales publiques et privées permettant de relancer les activités économiques. Les principaux défis résident dans notre capacité à créer d’une manière soutenue plus de richesses, à libérer/solutionner les contraintes y afférentes et à mieux répartir les fruits de la croissance entre les différentes catégories de la population. Selon les estimations, l’émergence nécessite une croissance annuelle régulière du PIB supérieure
à 8 %.