Interview d’Augustin Andriamananoro, Directeur général des projets présidentiels : «Nous ne souhaitons pas nous contenter des effets d’annonce»

Interview d’Augustin Andriamananoro, Directeur général des projets présidentiels : «Nous ne souhaitons pas nous contenter des effets d’annonce»

Augustin Andriamananoro s’est vu confier le portefeuille des projets présidentiels. Allié fidèle du chef de l’État, personne n’est mieux placée que lui pour « défendre » le bilan du locataire d’Ambohitsorohitra.

Le Président de la République avait formulé de nombreuses promesses durant la campagne. Entre autres la construction de 50 000 logements en cinq ans, soit 27 logements par jour, la dotation de 4×4 amphibies, les drones pour lutter contre l’insécurité … Où en sommes-nous actuellement? A-t-on avancé par rapport à ces chantiers ?

Augustin Andriamananoro (A.A.) : Il s’agit effectivement de parler de la mi-mandat, de dresser un bilan à mi-chemin par rapport au mandat accordé par le peuple malgache au Président ainsi qu’à ses promesses et ses Velirano. Les 13 Velirano concernent plusieurs axes. Ils portent sur le bien-être social, la sécurité, l’économie et tous les gros travaux ; dont ceux que vous avez cités. Malgré les efforts entrepris par le gouvernement malgache, en concert avec nos partenaires techniques et financiers, nous avons encore du pain sur la planche. Des chantiers sont en cours et des travaux sont déjà finis, notamment les stades. Récemment, le président de la République a inauguré le stade “manarapenitra ” – un stade dans les normes et les standards internationaux – qui se trouve à Mahitsy. Certes, c’est une petite commune dans le district d’Ambohidratrimo, à une quarantaine de kilomètres d’Antananarivo. Elle n’a pas connu de grands investissements publics pour de grandes infrastructures sportives, de bien-être, de santé, etc. depuis longtemps. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Dans le Sud, dans l’Androy, des stades, des gymnases… voient le jour. Un peu partout dans Madagascar, même dans des zones reculées comme Maintirano, on construit des hôpitaux et des universités.

Le pays est en chantier. Le Président, à travers sa vision clairvoyante sur l’émergence de Madagascar, a promis de rattraper le retard de développement. Les travaux de réhabilitation de la RN44 reliant Moramanga et Ambatondrazaka affichent actuellement un taux d’achèvement de plus de 70%. Cette route avait été laissée dans un état déplorable pendant des années, alors que cette région constitue le grenier à riz de Madagascar. Si vous allez aussi dans l’axe Nord-est de l’île, en passant par Ambilobe pour aller vers Vohémar, les travaux vont bon train tout comme ceux de la RN5, la RN13, la RN10 dans le Sud. Certains travaux sont en passe d’être achevés, d’autres ont été déjà livrés, à l’exemple de l’université d’Itasy. Les postes avancés des forces de sécurité vont assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Dans le Sud par exemple, une base militaire opérationnelle a été mise en place pour contrecarrer les dahalo.

Vous avez parlé tout à l’heure des équipements pour les forces de l’ordre. Nous les avons équipés d’hélicoptères, d’avions, de 4×4… La liste n’est pas exhaustive. Même si on a connu deux ans marqués par des mesures restrictives dues à l’urgence sanitaire, Madagascar, avec son ambition de se développer grâce au Plan Marshall et aux investissements publics, a avancé. À mi-mandat, nous pouvons clamer haut et fort que nous avons fait ce qu’il fallait, là où il fallait le faire, notamment auprès de la population qui est la première bénéficiaire de ces grandes infrastructures, de tous ces efforts et de ces mesures. On peut toujours nous critiquer. Nous sommes à l’écoute, prêts à rebondir et à prendre en compte toutes ces critiques de façon constructive.


Par rapport aux logements, l’objectif de construire 50 000 logements pourra-t-il être atteint ?

A.A. : Je voudrais souligner un point par rapport à ce que j’avais dit tout à l’heure. À Antananarivo par exemple, très peu de gens croyaient en la construction d’un grand stade aux normes internationales. Mais le fait est que le stade de Mahamasina – qu’on a rebaptisé Stade Barea – a émergé de terre. Les gens pensaient que construire un stade d’une telle ampleur en moins de deux ans relevait d’une pure utopie, mais maintenant, le stade est en cours d’achèvement. Pour ce qui est des logements sociaux, dans le quartier d’Ivato, des buildings flambant neufs sont également en cours de livraison. D’ailleurs, le ministère concerné est en train de lancer l’appel à manifestation d’intérêt pour des familles susceptibles d’être bénéficiaires de ce projet qui a été conçu pour le peuple malgache, plus particulièrement pour les jeunes. Donc, moyennant un revenu décent, ils pourraient accéder à ces logements. C’est juste un exemple parmi tant d’autres. Mais le projet continue son chemin.

Nous sommes actuellement en train de lancer l’appel d’offres pour la construction d’autres logements sociaux à Toamasina. 150 logements qui ont été inaugurés récemment à Mahajanga. D’autres vont voir le jour, partout dans l’île : à Antsiranana, à Toliara et à Antananarivo. Sur ce point, la nouvelle ville verra le jour. La capacité de construction s’étalera sur 300 ha. Une grande partie de cette superficie sera dédiée à l’accès au logement. Ce qui est très important, car de nouvelles cités administratives pour les fonctionnaires seront bâties. Tous ces projets sont en cours. Peut-être que la capacité réelle de nos entreprises malgaches ne permet pas encore d’atteindre cette performance de 27 logements par jour mais, avec le temps, je pense qu’on pourra améliorer le résultat. J’espère bien qu’après quelques mois, le paysage sera tout à fait différent du tableau qu’on essaie de dessiner aujourd’hui sur le régime.

Par rapport à ces grands travaux, l’émergence de nouvelles villes, Tanà-Masoandro, la construction de flyovers etc. Où en sommes-nous actuellement ?

A.A. : Nous sommes au cœur des actions. Un département est en charge des nouvelles villes (vice-ministre en charge des Villes nouvelles et de l’Habitat, NDLR). Il est rattaché au ministère de l’Aménagement du territoire et des Travaux publics. Un autre, rattaché directement à la Présidence, gère tous les grands projets d’infrastructures comme le Projet Miami de Toamasina, les projets de liaison d’autoroute de la nouvelle ville jusqu’à Antananarivo en passant par Ampasika, les projets de flyover et autres. Un conseiller spécial nommé en est en charge. Si vous voulez, nous ne souhaitons pas nous contenter des effets d’annonce, nous préférons travailler en toute sérénité au service de notre pays. Ce n’est pas évident parce qu’il y a toujours une frange de personnes qui ira à l’encontre de ces projets. Vous savez bien que pour un grand projet comme Tanà-Masoandro, il faut une adhésion de tout un peuple.

Justement, en ce qui concerne cette adhésion pour ce projet titanesque, l’avez-vous du côté de la population ?

A.A. : Disons que nous sommes aujourd’hui dans la phase une. En effet, plusieurs étapes doivent être respectées dans la construction d’une nouvelle ville. La phase des études, tout est couché sur papier. Après, on passe à l’évaluation financière et aux appels à manifestation d’intérêt pour trouver les acteurs concernés ou susceptibles de contribuer à la réussite du projet. Cette phase zéro est déjà bouclée.

Aujourd’hui, l’adhésion des populations concernées et la formalisation de toutes les démarches administratives qui se fait au niveau du gouvernement sont en bonne voie. Un décret d’application a été publié. La délimitation du périmètre pour le projet a été décidée en conseil des ministres. Il reste maintenant à son initiateur et concepteur, le Président Andry Rajoelina, de lancer les travaux de manière officielle. Aujourd’hui, il est encore pris par d’autres priorités, notamment le kere dans le Sud, l’urgence sanitaire due à la pandémie… Ce qui a chamboulé tout le programme. Mais tout est déjà en cours.

Je tiens à souligner que le premier colloque pour les régions Androy et Anosy s’est tenu à Fort Dauphin les 11 et 12 juin. Il a été organisé pour essayer de trouver des solutions rapides et pérennes afin d’éradiquer la famine dans cette partie de l’île. Tous les départements ministériels concernés tels que l’eau, l’aménagement, l’agriculture et l’élevage, l’énergie ou la défense, ont été invités à mobiliser leurs ressources pour pouvoir concerter avec les autorités et les opérateurs locaux ainsi que les partenaires pour trouver des solutions durables. Nous ne devons plus revivre le cauchemar de cette année et les scènes terribles d’enfants ou de familles décimées par la famine. Il y a des priorités dans tous les domaines à Madagascar.

Par rapport à ce problème de famine dans le Sud. Nous savons que depuis toujours, chaque année, le kere sévit à un moment donné dans cette partie de l’île. Et cela a été plus fort depuis l’année dernière. Le Président a promis de résoudre ce problème. Cependant, la situation demeure dramatique. Pourrait-on alors dire qu’il a échoué ?

A.A. : Il ne s’agit pas d’un constat par rapport au Président. C’est injuste de dire qu’il a réussi ou a échoué sur une problématique qui était prégnante. Elle résulte de plusieurs facteurs. A travers ce colloque du Sud, nous avons essayé de trouver les solutions. Ce n’est pas qu’une promesse, c’est un devoir aussi bien du chef de l’État que de ses prédécesseurs. Ils avaient le devoir de porter assistance aux populations du Sud. Maintenant, le Président a décidé de prendre le taureau par les cornes.

Dans son programme, il s’est lancé le défi de sortir le Sud de ses difficultés chroniques : l’insécurité, la famine, le manque d’eau et surtout l’analphabétisation. Aujourd’hui, le problème de l’éducation dans le sud est dramatique. Près de 47% de la population, surtout des femmes, n’ont pas accès à une éducation de qualité. À cela s’ajoutent les problématiques liées aux infrastructures. Il est impossible pour le Président de dire qu’on va lancer de grands projets structurants qui soient une fierté pour le pays tandis que le problème du Sud n’est pas encore réglé. Cependant, ce problème de fond concerne une grande partie de la population malgache.

Il n’est pas évident de gérer à la fois l’urgence, les priorités et aussi de réaliser des engagements liés aux promesses électorales. Mais je tiens à féliciter les personnes de bonne volonté ainsi que nos partenaires, qui se sont donné la main dans ce contexte difficile de la pandémie de Covid-19. Je peux le dire, Madagascar ne s’en sort pas si mal par rapport à la situation mondiale. Certes, la Grande île n’est pas indemne, mais elle est mieux vernie que d’autres pays qui affichent un bilan catastrophique sur le plan humain.

Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Afrique pourrait faire face à une troisième vague. Madagascar serait-il prêt à l’affronter ?

A.A. : Je n’exclus pas le danger pour le continent africain. Nous avons dû faire face à deux vagues. Tout le monde essaye de s’organiser à sa manière. Madagascar est passé de l’utilisation d’un remède traditionnel amélioré, le CVO, renforcé par l’arrivée des vaccins. Nous sommes rentrés dans le dispositif mondial Covax. Il vaut mieux avoir plusieurs cordes à son arc. On ne sait jamais, car il s’agit d’une question de santé publique, d’une préoccupation sociale. Je ne souhaite pas une troisième vague pour l’Afrique, encore moins pour Madagascar, mais si jamais elle nous atteint, je pense que nous avons déjà les solutions. Madagascar ne peut pas s’isoler du monde et adopter des mesures sanitaires restrictives. Cependant, il est trop tôt pour en parler. Ce ne sont que des suppositions et des analyses qui peuvent être vraies ou fausses. Il faut juste se préparer. Gouverner, c’est prévoir.

Pourquoi le Plan émergence Madagascar (PEM) tarde-t-il à voir le jour ? N’avez-vous pas l’impression que nous avançons à l’aveuglette ?

A.A. : Le PEM est le résultat de la vision Initiative émergence Madagascar (IEM), dans la vision de société initiée par le président de la République. En termes de programmation, la Politique générale de l’État (PGE) regroupe tous les travaux et les programmes annuels de chaque département ministériel, elle concerne de nombreux secteurs. Le Plan Marshall qui a été annoncé est en cours de déploiement. Aujourd’hui, tout cela permet de mieux asseoir le PEM. Pourquoi ? Comme je le dis toujours, il faut un minimum de prérequis. Si vous voulez attirer des investisseurs, il faudrait que le cadre règlementaire soit attractif, tout comme les infrastructures. Les partenaires stratégiques ou les fonds d’investissement viennent aussi s’implanter à Madagascar à travers les projets ambitieux et structurants qui répondent à la vision d’émergence, c’est ce qui va différencier le PEM des plans qui ont été faits auparavant.

Le PEM reste un document de référence qui pourrait aider éventuellement le gouvernement malgache à mieux vendre sur le plan marketing chaque projet dans chaque domaine. Par exemple, dans le PEM, quand on annonce qu’une zone d’émergence touristique doit être mise en place dans le triangle Nosy Be – Antsiranana – Ambilobe, cela doit avoir lieu avec des mesures d’accompagnement comme la mise en place de zones portuaires, de zones franches industrielles… Certes, tout cela relève de la vision, mais il faut établir les plans pour attirer les grands investisseurs.

La mise aux normes de l’aéroport de Fascène pour pouvoir accueillir de gros porteurs venant de Dubaï s’inscrit dans cette logique. Sur ce cas précis, les appels d’offres ont été effectués. Au moins cinq aéroports seront modernisés dans toute l’île, pour répondre à l’exigence des standards internationaux. Il s’agit de Morondava, de Fort Dauphin, de Toliara, de Mahajanga, d’Antsiranana et de Nosy Be. Des travaux de fonds ont été menés. Cependant, la fermeture des frontières a tout chamboulé.

Le prix du PPN ne cesse d’augmenter, le Président avait promis le litre à 2 500 ariary lors de la campagne éléctorale. À-t-il échoué dans sa mission de soulager le quotidien malgache ?

A.A. : Il y a beaucoup de spéculations. C’est un constat que je regrette. Mis à part cette situation, le saviez-vous ? Pour un conteneur de 20 pieds, le fret est passé de 3 000 à 7 000 dollars. Cela a un impact énorme sur les prix, malgré la volonté d’aller chercher les meilleurs prix par le Président et le gouvernement. La société State procurement of Madagascar (SPM), à travers ses importations, essaye d’atténuer la flambée des prix. À travers elle, l’Etat malgache importe du riz, mais ce n’est qu’une partie qui alimente le marché local, nous n’avons pas pour vocation d’avoir le monopole. Il faut laisser tout le monde amener sa contribution pour satisfaire les besoins locaux. Malheureusement, nous ne maitrisons pas la flambée des prix comme nous le voulions. La production est l’unique solution à moyen et long termes. D’ailleurs, nous sommes en partenariat avec le gouvernement chinois pour des semences hybrides qui peuvent ateindre un rendement de 11 tonnes à l’hectare. Les expériences se sont avérées satisfaisantes dans les régions Sofia et Menabe. Toutes ces innovations font partie des efforts à moyen terme que nous devrions vraiment faire pour avoir un impact sur le niveau de vie de chaque malgache, qui, aujourd’hui, est déjà au plus bas.

Par rapport à la corruption. Le vote de la loi sur les Pôles anti-corruption (Pac) a été ajourné par les parlementaires. Pour les observateurs, ces derniers tentent d’ôter les sens même du service anti-corruption. Le Président garde-t-il un œil sur ce dossier ?

A.A. : Je pense que le chef de l’État prend beaucoup de recul et il préfère adopter la neutralité par rapport à l’indépendance de la justice. Il essaie de donner l’exemple autour de lui en annonçant la “tolérance zéro” pour ceux qui essaient d’enfreindre ou qui tentent d’outrepasser la loi abusivement par rapport à leur statut ou à leur position. Ce dossier est détaché de l’Exécutif. Le législatif va élaborer cette loi et il est en charge de l’améliorer ou de la retoucher éventuellement. Ce texte va concerner le pouvoir judiciaire qui va juger et trancher sur des décisions qui peuvent impacter sur la vie de la nation ou même de chaque citoyen. Je ne vais pas émettre trop de commentaires parce que ces deux organes doivent garder leur indépendance. L’équilibre du pouvoir doit émaner d’eux pour que le peuple malgache ait le sentiment de vivre dans un État de droit. Pour qu’il puisse sentir qu’il est encadré par des lois conformes à la bonne gouvernance. Chaque citoyen devrait pouvoir s’épanouir loin de ces maux qui rongent le pays, dont la corruption.

Malgré le fait qu’il soit un fidèle allié du Président, on a l’impression ces derniers temps que le Premier ministre soit un peu à l’écart. Qu’est-ce que vous en pensez ?

A.A. : Je ne pense pas qu’il soit à l’écart. Le Premier ministre, en tant que chef de gouvernement, est constamment sur le chantier. Vous savez qu’il y a, chaque semaine, un conseil de gouvernement qu’il conduit. Le conseil peut durer des heures et des heures. En même temps, il prend part aussi au conseil des ministres qui doit se tenir avec le Président et les membres du gouvernement. Donc, rien qu’avec le nombre de dossiers sur lesquels travailler, il faut vraiment avoir les épaules solides. Le chef du gouvernement est de nature un peu discrète. Je le connais très bien, c’est un bosseur et un fonceur. Il n’est pas de nature extravertie, il préfère garder la sobriété en travaillant dans la discrétion et l’efficacité. J’ai beaucoup d’estime pour lui. Heureusement qu’il était là et qu’il est toujours là pour “apaiser” certaines situations.

La Loi sur l’opposition a consacré une opposition parlementaire. Elle a relégué les autres opposants au second plan. Cette configuration n’est-elle pas dangereuse pour le futur ?

A.A. : Je ne pense pas que ce soit dangereux. Vous savez, la loi doit être une émanation légitime d’une aspiration populaire. Les parlementaires représentent le peuple. Les textes doivent être issus des consultations avec leurs électeurs. Dans ce dessein, le chef de l’opposition doit représenter le peuple, du moins une partie des électeurs. À mon avis, il est tout à fait normal qu’il soit élu. Peut-être qu’il ne devrait pas être forcément un parlementaire, le chef de l’opposition pourrait être un gouverneur, qui devrait être élu prochainement… Il est important que le leader de l’opposition ait été consacré par un mandat électif pour qu’au moins, cela lui confère une certaine stabilité dans l’exercice de ses fonctions en tant que chef de l’opposition.

Quelle devrait être la relation des l’administration avec l’opposition en ce moment ?

A.A. : La relation avec l’opposition ne doit pas être diamétralement opposée, mais elle doit trouver un certain équilibre pour former un tout. Il faut un tout pour faire le monde. Si on arrive à bien harmoniser l’ensemble, on peut amener une harmonie et une paix sociale, un peu comme le yin et le yang ou les touches de piano qui mettent l’ivoire et l’ébène côte à côte. Si on sait bien les manier, la plus belle des partitions débouche sur une harmonie.

Quels sont les objectifs établis par le Président pour cette dernière partie de son mandat ?

A.A. : L’objectif établi par le président est de travailler sans relâche avec le peuple, pour le peuple. Comme il l’a toujours dit, chacun peut avoir dans son cœur ou entre ses mains une pierre pour rebâtir à nouveau le pays. Quel que soit votre statut social, votre fonction, votre mission, faites ce que vous pouvez là où vous êtes ! Le pays aura besoin de nous tous. Nous sommes avant tout l’enfant de ce pays et nous ne sommes que de passage sur cette terre. Nous devons laisser un bel héritage pour nos descendants pour qu’ils soient fiers de notre parcours, aussi éphémère soit-il sur cette terre.

De l’extérieur, on perçoit des tensions en interne, comment ces tensions sont-elles gérées ? Ne risquent-elles pas de porter atteinte à la dynamique de groupe ?

A.A. : Ce sont des situations courantes dans la gestion des affaires. C’est dû au stress et à beaucoup de facteurs. Il faut relativiser, c’est humain.