Étude : évaluation à deux ans du régime (3ème partie)

Étude : évaluation à deux ans du régime (3ème partie)

Les problématiques ne sont pas les mêmes pour le territoire national. Avec la pandémie, les villes et les campagnes ne sont pas confrontées aux mêmes défis. La situation est classique, et dans les chiffres résultant de l’étude, la contradiction est palpable : Antananarivo a toujours été opposée au régime en place. Or, Andry Rajoelina a eu la plupart de ses voix en dehors d’Antananarivo. Dans sa manière de mener ses actions publiques, c’est un populiste.

Je le définis comme étant un « omniprésident » : il va intervenir fréquemment pour être la personne qui apportera les solutions, « au détriment » de l’Exécutif, des élus… Nous le constatons dans les divers commentaires. Lors de la donation d’une ambulance pour la ville de Toamasina, certains citoyens avaient remercié le Président en ces termes : « heureusement que vous êtes à nos côtés, nous aurions attendu en vain, si nous devions attendre l’aide de l’État ». Nous pouvons faire remarquer que Andry Rajoelina répond aux demandes des gens qui ne voient pas plus loin qu’au-delà le quotidien. Il joue très bien avec ce code tout en insistant sur l’affect.

Maintenant, je vais vous lister les problèmes : insécurité publique, création d’emplois, corruption, pauvreté, insécurité sociale, système éducatif, efficacité des service publics, relance économique, infrastructures publiques, inégalité sociale et changement climatique. Pouvez-vous estimer la priorité pour chacun d’eux ?

Commentaire du cabinet ATW : Dans les problèmes cités, tous les problèmes sont restés très importants. Même si on observe une baisse de la note entre 2019 et 2021, elle reste au-dessus de 6,8. L’inflation, l’insécurité, la santé et l’éducation sont restés les principaux problèmes socioéconomiques à résoudre. D’autres problèmes mentionnés à un niveau minoritaire ont également fait leur apparition depuis 2019 : la bourse des étudiants, la crise alimentaire, la Covid-19 ou encore la réconciliation nationale et la justice.

Juvence Ramasy : En termes de priorités, les questions d’insécurité, de santé et éducation sont des problématiques classiques et logiques et les gouvernements successifs y ont répondu difficilement. Je pense qu’aujourd’hui, la situation est encore pire avec le confinement. Comme on peut le constater, la corruption a régressé dans la liste des préoccupations (par rapport à l’étude menée en 2019, NDLR). Cela peut s’expliquer par les importantes actions de communication des dirigeants avec des slogan « tolérance zéro » pour la corruption. Ce qui fait que cette perception est un peu le résultat des communications menées. Or, des cas de corruption sont constatés ici et là : la gestion des fonds Covid : l’écran plat, l’affaires des « sucreries » au sein du ministère de l’Éducation nationale… Il est assez étonnant que l’on prétende que les cas de corruptions aient baissé. Peut-être que c’est le fait qu’il a été promis que certains responsables allaient être limogés. Pour la question de la relance économique, cet indicateur est en baisse si l’on compare aux études menées à la suite de la prestation de serment. La plupart des ménages ont moins de rentrée d’argent. Les aides qui ont été apportées sont assez faibles. Le secteur privé, même s’il représente une petite partie des acteurs économiques à Madagascar, n’a pas été aidé. L’on peut donc s’étonner que pour les personnes qui ont répondu à l’enquête, la relance économique ne fasse pas objet de principale préoccupation.

Impression de bonne gouvernance depuis l’investiture par province

Commentaire du cabinet ATW : Fianarantsoa, Mahajanga, Toliara et Antsiranana trouvent plus que le pays se dirige dans la bonne direction. Antananarivo est la province qui trouve le moins que le pays va dans la bonne direction.

Juvence Ramasy : Je pense qu’effectivement, il y a une corrélation avec les résultats des élections. Il obtient une note élevée dans ces provinces auxquelles il a gagné plus de voix. Son action s’apparente à une « omniprésidence » avec ce que cela recouvre : l’omniprésence, l’omnipotence et l’omniscience. Sa présence sur tous les fronts et le fait qu’il dispose d’une solution aux divers problèmes et défis du pays fait ombrage au gouvernement. Le Premier ministre est quasiment absent. Nous nous demandons même si certains membres du gouvernement sont toujours en fonction. Le chef de l’État est ainsi partout. Il résout les problèmes et y apportent les solutions y afférentes. « Le Président est bon et bien. Après son passage, les choses doivent s’améliorer ». Dans le détail, pour Antsiranana, malgré son enclavement, il n’a pas perdu sa base, avec 47% de « oui ». Le défi du numéro Un de l’État est de réussir à rallier Antananarivo, la capitale est toujours l’opposant.

Impression de bonne gouvernance depuis l’investiture par province

Commentaire du cabinet ATW : Fianarantsoa, Mahajanga, Toliara et Antsiranana trouvent plus que le pays se dirige dans la bonne direction. Antananarivo est la province qui trouve le moins que le pays va dans la bonne direction.

Juvence Ramasy: Je pense qu’effectivement, il y a une corrélation avec les résultats des élections. Il obtient une note élevée dans ces provinces auxquelles il a gagné plus de voix. Son action s’apparente à une «omniprésidence» avec ce que cela recouvre : l’omniprésence, l’omnipotence et l’omniscience. Sa présence sur tous les fronts et le fait qu’il dispose d’une solution aux divers problèmes et défis du pays fait ombrage au gouvernement. Le Premier ministre est quasiment absent. Nous nous demandons même si certains membres du gouvernement sont toujours en fonction.

Le chef de l’État est ainsi partout. Il résout les problèmes et y apportent les solutions y afférentes. « Le Président est bon et bien. Après son passage, les choses doivent s’améliorer ». Dans le détail, pour Antsiranana, malgré son enclavement, il n’a pas perdu sa base, avec 47% de « oui ». Le défi du numéro Un de l’État est de réussir à rallier Antananarivo, la capitale est toujours l’opposant