Négociations climatiques : 28 ans de recherche de consensus dans la lutte contre le changement climatique

Négociations climatiques : 28 ans de recherche de consensus dans la lutte contre le changement climatique

Au cours des conférences des Parties successives – appelées COP – de nouveaux éléments ont été introduits dans le rouage des négociations internationales sur le changement climatique. Ces éléments permettent de relever des défis spécifiques tels que le financement de l’atténuation, l’adaptation au changement climatique et le transfert technologique.

Janeiro en 1992, était le premier consensus international concernant le problème du changement climatique. Au cours du sommet, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été créée, la convention a été initialement signée par 166 pays et est entrée en vigueur le 21 mars 1994. À ce jour, elle a été ratifiée par 197 pays.

Du protocole de Kyoto à l’Accord de Paris

Le Protocole de Kyoto peut être défini comme le référentiel opérationnel de la CCNUCC. À l’époque, il représentait le premier engagement mondial à vouloir maîtriser les émissions responsables du réchauffement climatique et tous les accords sur le changement climatique ultérieurs se basent sur ce protocole. Bien que le Protocole ait été signé le 16 mars 1998, il n’est entré en vigueur que le 16 février 2005.

Le 12 décembre 2015, le texte de l’Accord de Paris a été approuvé, un pacte juridiquement contraignant contenant tous les éléments nécessaires à l’élaboration d’une stratégie mondiale de lutte contre le changement climatique pour la période post-2020 – la période antérieure à 2020 étant couverte par la deuxième étape du protocole de Kyoto. Certains des principaux points sont résumés ci-dessous :

 Objectifs à long terme

Un objectif a été fixé pour limiter l’augmentation de la température mondiale à moins de 2 ° C d’ici la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle, laissant la porte ouverte pour étendre cet objectif à 1,5 ° C. L’accord oblige tous les pays signataires à présenter des contributions climatiques nationales qui doivent être régulièrement mises à jour en les rendant de plus en plus ambitieuses pour atteindre l’objectif à long terme défini. Les parties sont instamment priées d’entreprendre des planifications adéquates afin de mettre en œuvre des mesures d’adaptations efficaces.

    Le financement

Il oblige les pays développés à jouer un rôle de chef de file dans le financement, mais, pour la première fois, les « autres parties » sont appelées à apporter un soutien financier volontaire. Cela exhorte les pays développés à établir une feuille de route spécifique pour permettre d’atteindre l’objectif annuel de 100 milliards de dollars de financement climatique.

  Suivi, Evaluation et vérification des actions menées

L’accord comprend un cadre de transparence qui n’est ni intrusif ni punitif, mais qui doit servir à créer la confiance entre les différents acteurs. Il établit également qu’à partir de 2023, l’ONU produira tous les cinq ans un rapport (bilan mondial) sur la mise en œuvre de l’accord et les progrès réalisés – impact des contributions climatiques, mobilisation des ressources financières et technologiques, prévisions des températures mondiales, etc.

  Transfert de technologie

Il reconnaît la nécessité d’accélérer le transfert technologique vers les pays en développement et déclare que tous les mécanismes techniques et financiers disponibles devront être utilisés. Des mesures ont été annoncées pour renforcer le mécanisme existant qui se base des besoins technologiques des pays en développement dans l’objectif d’atteindre une trajectoire d’émissions compatible avec l’objectif de 2 ° C.

Katowice Rulebook

La mise en œuvre de l’Accord de Paris s’est poursuivie au cours des dernières années, l’un des principaux jalons étant l’approbation du « règlement » de l’accord de Paris (Katowice Rulebook) lors du sommet de Katowice sur le climat (COP 24). Ce document a permis, entre autres, une meilleure transparence des informations ; une meilleure suivie et évaluation du respect de l’accord et des méthodologies globales convenues ; une intensification des questions d’adaptation et de transfert de technologie ; et il discute aussi concrètement des négociations visant à obtenir un financement climatique qui seront lancées d’ici à 2025.

Madagascar a ratifié l’Accord de Paris le 1er octobre 2015 et a participé à toutes les COP suivantes et est donc également soumis aux règles du Katwice Rulebook. Même si les candidatures restent fragiles, il y a une plus grande volonté de la part des acteurs, que ce soit dans le secteur public ou privé. Malgré la volonté politique du gouvernement à travers sa vision de « Madagasikara ho rakotra ala », on constate encore un manque de politiques nationales claires et fortes en matière de mesures d’adaptation face au changement climatique.