Haja Ratsimbazafy : l’art et la manière du direct

Haja Ratsimbazafy : l’art et la manière du direct

Haja Ratsimbazafy est un visage familier de la Télévision Malagasy (TVM). Grand ponte des directs TV, il parle avec aisance de son travail, de ses initiatives et des principes qui le guident.

Dans son enfance et dans sa jeunesse, Haja Ratsimbazafy adorait lire et regarder les photos. Il s’attachait à étudier le cadrage et l’inspiration aussi bien des écrivains que des photographes. Le goût de l’image lui venait de cette époque.

S’évader

En 1977, la télévision (Radio televiziona malagasy, RTM) émettait pour la première fois à Fianarantsoa. Le jeune Haja Ratsimbazafy est scotché devant des émissions culturelles et de voyages. « Mes parents achetaient beaucoup de livres. Je lisais beaucoup de livres des éditions Bordas, Castex, des livres sur l’Inde, la Chine… En parallèle, les émissions me permettaient de m’évader, de voyager et de mettre des images sur ces lieux ou ces personnalités que j’avais découverts dans les livres », se remémore-t-il. En fin d’année de lycée, il reçoit des mains du journaliste de la RTM, Sylvain Rafiadanantsoa, des distinctions pour ses études. « Tu as été touché par un journaliste, tu seras journaliste », plaisantaient ses camarades de classe à l’époque. L’événement ne l’avait pas marqué particulièrement, mais, bien plus tard, il allait recroiser le chemin de ces personnalités des médias. Sylvain Rafiadanantsoa et Jean Claude Andrianaivo sont parmi les journalistes malgaches qu’il admire.

Capacité

Après avoir obtenu son baccalauréat, Haja Ratsimbazafy intègre l’École normale supérieure (ENS) de philosophie de Toliara. Après cinq ans de formation, il obtient en 1995 le Certificat d’aptitude pédagogique de l’école normale (Capen). Il voulait être enseignant. Son diplôme en poche, il est revenu dans la ville qui l’a vu grandir, Fianarantsoa. Il apprend à la télévision et dans le journal qu’un concours est ouvert pour accéder à une formation en journalisme à l’Université d’Ankatso, Antananarivo.

Il envoie sa candidature et réussit le concours. Il intègre la première promotion. Ses professeurs identifient en lui la capacité de travailler à la télévision. Alphonse Andriamahaly, journaliste et formateur en journalisme, mentionne-t-il, est le premier à l’avoir encouragé et guidé sur cette voie. Le 2 septembre 1995, il présente son premier journal télévisé dans le cadre d’un stage pour devenir présentateur. Elisabeth Andrianozahana et Liliane Andriambololona, avec leur grande expérience, l’encadrent. En 1997, il exerce officiellement en tant que journaliste sur la chaîne nationale. Il est reporter et présentateur de journal.

Initiatives

Le journaliste s’est illustré depuis ses débuts sur les questions culturelles. Les initiatives qu’il a prises en tant que journaliste et les domaines qui sont devenus sa marque de fabrique. Bien qu’il apprécie l’émission Mivantana de Bernard Rakotomanga et Imaso de Gilbert Raharizatovo, il avoue qu’il n’est pas à son aise sur les sujets politiques. En 2007, il produit avec Johary Ravoajanahary l’émission Hebdomas qui traite surtout de l’économie. En début 2009, l’émission s’arrête, puis reprend au mois d’avril pour devenir E-See Magazine.

L’une des signatures de Haja Ratsimbazafy est également son talent particulier pour les directs durant lesquels il fait étalage de son professionnalisme et de son érudition. Lors de la visite du Pape François à Madagascar en 2019, il fait montre de toute sa connaissance sur le catholicisme, la papauté, le vaticanisme… nourrie par de nombreux voyages dans la cité papale. La maîtrise des retransmissions télévisées n’a pas de recette particulière, à son avis. « Il faut bien connaître le sujet. J’ai accumulé des connaissances au fil des années, je lis beaucoup, je m’informe, internet nous aide à mettre à jour nos connaissances », dévoile-t-il. 

Vertus

Haja Ratsimbazafy porte un regard positif sur le journalisme qui est, pour lui, un moyen d’enseigner et de transmettre des valeurs. « J’ai enseigné pendant deux mois dans le cadre de mon stage pour l’obtention de mon diplôme de fin d’études à l’ENS, explique-t-il. L’expérience ne s’est pas renouvelée, mais pour moi, la télévision est une manière d’enseigner à travers l’écran, de transmettre des connaissances ». Le journaliste vedette insiste aussi sur les vertus du journalisme. « Les interpellations et les critiques font partie du journalisme et il existe plusieurs manières de les faire », nous partage-t-il.