Etude sur le monde des médias à Madagascar : un paysage médiatique concentré et déséquilibré

Etude sur le monde des médias à Madagascar : un paysage médiatique concentré et déséquilibré

Le paysage médiatique malgache est marqué par sa diversité. Bien que bouleversée par l’essor du numérique, la presse traditionnelle garde toujours la main sur la sphère de l’information. Le paysage médiatique malgache change rapidement, même si la radio demeure le média de masse le plus populaire. L’Organisation non gouvernementale (ONG) Communication idea development (CID) s’est intéressée aux multiples facettes du monde des médias à Madagascar.

Pour comprendre la dynamique des médias à Madagascar, il faut s’intéresser à leur convergence.

Le tableau ci-dessous démontre ce niveau élevé de concentration des médias malgaches. Il est à noter que l’étude s’est heurtée à un obstacle majeur, dans la mesure où aucune réglementation cohérente n’existe sur la propriété des médias dans la Grande île. Cette situation ne permet pas de favoriser la transparence dans les différentes transactions liées à la fusion ou à l’acquisition d’entreprises de presse. La Loi sur la communication médiatisée a tenté de pallier ce manque, le problème réside actuellement dans l’application du texte.

Tableau 1 : Les principaux groupes de médias à Madagascar1

NOM DU GROUPEQUOTIDIENRADIOTV
GROUPE WMMidi Madagasikara – Gazetiko – Imprimerie SNIC
GROUPE MA-TVMadagascar-Laza – Zay Zany – Ma-Hery – Midi FlashMA-FMMA-TV
GROUPE PREYL’Express de Madagascar – Ao Raha – L’Hebdo de Madagascar – Revue Essentielle – Business MagAntsiva – RFM – RADIO TANARTA
GROUPE FREEFree NewsFree FM
GROUPE VIVAVIVA RADIOTELEVISION VIVA
GROUPE SMPCKOLO FMKOLO TV
SMC PRESSE et GROUPE SODIATLa Vérité – Madagascar Matin Hebdo– Inona no Vaovao – Ino Vaovao –www.matin.mg – www.laverite.mgM3FM – Radio Feon’ItasyM3TV
GROUPE DREAM’INI-BC, DREAM’ON, LA 7 RADIODREAM’IN – I-BC La7
GROUPE RLM COMMUNICATION2La Dépêche – La Ligne de Mire – Triatra – Le Citoyen – Akon’i Madagasikara – LaChasse-info.com – 24h Mada (médias sur Facebook)3On air Radio, AZ Radio, Radio NakayOn Air TV, AZ TV
GROUPE ULTIMA MÉDIATaratra – Les Nouvelles – Bôjy – Newsmada –Alliance 92
GROUPE EVITRASNy Valisoa, Takoritsika, Diva, Basy Vava
GROUPE GII et CLa Gazette de la Grande Ile www.lagazette-dgi.com
GROUPE TV Pluswww.tvplusmadagascar.comRADIO PLUSTV Plus (Antananarivo, Toliara et Mananjary)
GROUPE MBSLe Quotidien – Ny VaovaontsikaRadio MBSTélévision MBS
GROUPE REALREAL FMREAL TV
GROUPE SaturneRadio RFOneTélévision TNTV (Antananarivo, Fianarantsoa, Manakara)

L’obédience politique du média a été identifiée en fonction de la posture politique de son propriétaire et de l’analyse du discours du média. Le fait que le propriétaire du média soit un politicien n’implique pas nécessairement que le média laisse transparaître une position politique tranchée. Raison pour laquelle leurs discours ont été analysés. Il résulte ainsi de l’analyse de ces discours que le choix de rester objectif politiquement, malgré une appartenance politique évidente, devient moins rare. Quand ils appartiennent à des hommes d’affaires ou à des sociétés anonymes, les journaux, radios et télévisions ont toujours tendance à défendre des intérêts politiques et des intérêts privés. Or, les groupes de médias présents dans le pays appartiennent, dans la majorité des cas, à des politiciens et des intérêts privés.4 Le graphique suivant révèle que les groupes de médias présents dans le pays appartiennent, dans la majorité des cas, à des politiciens.

Les principaux groupes de médias à Madagascar, leur propriétaire et la tendance politique qu’ils observent.

En 2016, on assistait à l’émergence et à l’intensification des mainmises économique et politique dans le secteur des médias. Les « petites » stations de radio ont rarement les moyens d’aller au-delà de leur zone de couverture, alors que certains médias, pris en main par de grands groupes industriels et/ou par des personnalités politiques, se constituent en de véritables empires médiatiques. Avec la naissance de ces empires, le paysage médiatique malgache devient concentré et déséquilibré, avec ce que cela entraîne comme impact sur le contenu des journaux et sur le travail des journalistes.5

Le fait que les médias se soient associés pour diffuser des émissions communes dénommées « miara-manonja » et « miara-mampita » en 2018, a contribué à réduire encore plus la diversité d’opinions. La propagande politique lancée par les trois stations Kolo, Free FM et Viva s’est manifestée à travers une émission dénommée « miara-manonja », diffusée conjointement tous les jours pendant au moins six heures. D’après les affirmations de la station Free FM, 64 radios à travers le territoire national se sont ralliées à l’émission « miara-manonja » durant le deuxième tour de la campagne électorale de 2018. Ces trois groupes de médias de la capitale ont fortement contribué à la propagande en faveur d’Andry Rajoelina quand il était candidat à la présidentielle. Ces médias se déclinent en radio, presse écrite ou TV, qui sont utilisés à travers la pratique du cross-média.

Actuellement, une dichotomie concernant la posture politique des médias se dessine. D’un côté, des médias cités plus haut soutiennent le pouvoir de Andry Rajoelina. D’un autre côté, un ensemble de médias dont MBS, AZ Radio, et 24h Mada se concentrent sur la propagande en faveur de Marc Ravalomanana. Cette solidarité entre médias de même sensibilité politique constitue une limite à la pluralité des points de vue, dans la mesure où elle laisse peu de place aux autres sensibilités politiques. En outre, les similitudes entre les lignes éditoriales des différents groupes de presse présents dans le pays ont aussi eu pour impacts que les unes de plusieurs médias arborent les mêmes contenus depuis plusieurs années. L’accès à une information objective, fiable et complète se réduit. Il est parfois nécessaire pour le citoyen de recouper les informations auprès de plusieurs médias pour se faire une idée de la situation de façon objective.

Les médias d’opinion se sont aussi raffermis, sachant que leurs opinions ne reflètent pas toujours toutes les tendances politiques existantes dans le pays. Des médias qui n’affichaient pas de tendance politique avant 2018 ont effectué un revirement. Les élections nationales ont été l’occasion pour eux d’affirmer une position politique tranchée. Les médias se revendiquant d’une ligne éditoriale engagée et d’une subjectivité assumée se multiplient. Il en est ainsi de TV Plus ou encore de Les Nouvelles. Ces médias ont, dans la plupart des cas, rejoint le camp politique du pouvoir en place. Par contre, le caractère tendancieux de certains médias comme L’Express de Madagascar a duré seulement le temps de la campagne électorale de 2018. Actuellement, ce journal affiche sa posture politique en faveur de son propriétaire uniquement, et ce, de façon modérée.

L’absence du groupe RLM Communication du paysage médiatique est constatée depuis l’incendie qui a ravagé les bureaux de ce groupe de média en janvier 2019. Ainsi, le groupe n’édite plus les quotidiens La Ligne de Mire et Le Citoyen. Or, ces journaux font partie de ceux qui ont soutenu le candidat Marc Ravalomanana, qui a perdu au second tour des élections présidentielles face à l’actuel Président Andry Rajoelina. L’absence de ces médias, de même que Sky One TV ou encore Le Quotidien, a eu pour conséquence un manque de diversité de l’information politique donnée aux consommateurs, car le pluralisme politique s’est réduit, les différents courants politiques ne sont pas représentés de manière équilibrée à travers les médias.

En somme, les enjeux autour des médias pèsent sur la vie politique. Les personnalités politiques propriétaires des médias cités comme faisant partie de ceux qui ont soutenu l’actuel Président Andry Rajoelina ont de suite été nommés pour siéger au sein du premier gouvernement mis en place en janvier 2019 par Christian Ntsay. Hajo Andrianainarivelo (propriétaire de Kolo TV/FM) a été nommé ministre de l’Aménagement du Territoire et des Travaux publics, Lalatiana Andriatongarivo Rakotondrazafy (propriétaire de Free FM/Free News) occupe le poste de ministre de la Communication et de la Culture. De même, Naina Andriantsitohaina (à la tête d’Ultima Média) est devenu ministre des Affaires étrangères pour être ensuite élu maire de la Commune urbaine d’Antananarivo, sous les couleurs du parti proche du Président. Et surtout, le Président Andry Rajoelina est le leader du groupe Viva. À ces médias s’ajoutent d’autres qui adoptent la même posture politique en faveur du Président actuel. Le pouvoir en place dispose donc d’un arsenal médiatique important qui véhicule une image positive de sa gouvernance. À côté, une présence moins significative des médias ayant une position politique différente est constatée.

Il faudrait mentionner aussi l’émission spéciale sur l’évolution des cas de Covid-19 à Madagascar qui a été diffusée sur la chaîne nationale (TVM) tous les jours à 13 h pour une durée moyenne de 45 min. Toutes les chaînes privées et publiques ont été réquisitionnées et contraintes de retransmettre en direct l’émission en question. Cette émission n’a pas seulement fait état de l’évolution de la pandémie dans le pays. Les interventions régulières des ministres concernés a également procuré davantage de temps de parole au gouvernement en place.

L’apparition des médias en ligne (les  pure players  de l’information et les médias sur Facebook), tels que Madagascar-Tribune.com, 24h Mada ou 2424.mg, a permis, dans une certaine mesure, de limiter les conséquences de cette concentration des médias. Le nouveau venu, Real TV, se montre aussi plus ou moins objectif dans le traitement des informations. Outre son journal télévisé, c’est son émission « L’invité du jour » qui a fait grimper l’audimat de la station. Depuis la création de l’émission, des dizaines d’invités sont passés sur le plateau de la station pour faire le point sur les sujets chauds du moment qui touchent différentes thématiques. Les invités de l’émission sont issus de différents bords politiques et de diverses confessions religieuses.

La déontologie du journaliste généralement respectée

En dehors des périodes électorales, le langage des médias est en général posé. Toutefois, les campagnes d’acharnement à l’encontre de personnalités politiques persistent. Auparavant, elles ont duré plusieurs mois à l’encontre de l’ancien président de la Haute cour constitutionnelle, qui a été traité de « con… démissionne ! » à chaque une de l’édition du journal La Gazette de la Grande île. Depuis que Jean Eric Rakotoarisoa n’est plus à la tête de la HCC, la photo comportant la légende mentionnée a disparu.

Par ailleurs, dans son éditorial intitulé « Covid-19 à Madagascar, un génocide présidentiel », La Gazette de la Grande île du 1er avril 2021 a indiqué que : « toutes les actions du Président ont donné à la population l’impression que la pandémie était derrière nous. Ce laxisme et ce laisser-aller de la part du président de la République face à cette pandémie sont considérés par beaucoup comme un crime contre l’humanité. La conséquence est l’élimination progressive de la population malgache. C’est une atteinte volontaire à la vie. Pour les mauvaises langues, c’est un génocide présidentiel».

Madagate.org a déclaré le 6 février 2021, au sujet de Fanirisoa Ernaivo : « on voit à travers son visage sa mauvaise foi et son instabilité. Certains disent en effet que ceux qui sont remplis de boutons d’acné sont également possédés… qui sait ? ». Et le 26 mai 2021, le journal en ligne s’interroge : « qu’est-il advenu du président Hery Rajaonarimampianina, au fait ? Actuellement vacciné, il se la coule douce quelque part en France, avec l’argent du peuple malgache qu’il a paupérisé en cinq ans de pouvoir. Mais il ne perd rien
pour attendre. »

Ces comportements qui constituent des dérives ont visé récemment une journaliste, Gaëlle Borgia. Dans ce contexte, Viva TV, dans son journal télévisé du 24 juin 2021, a réitéré la question de savoir « si celle-ci est tout à fait saine d’esprit. Le Prix Pulitzer lui a donné la grosse tête ? ».

À côté de ces propos diffamatoires, l’attitude des chaînes publiques laisse toujours refléter un intérêt minime vis-à-vis des foyers de tension qui se sont manifestés dans le pays. En effet, les médias publics en ont rarement parlé, sauf lorsque le gouvernement a pris des mesures pour tenter de les calmer.

Les pressions politiques exercées sur les médias

Deux ans avant les échéances électorales de 2018, on ne pouvait s’empêcher de constater que les transactions entre les politiciens ont été nombreuses pour redynamiser le secteur des médias. L’année 2016 marque d’ailleurs un tournant pour le paysage médiatique malgache, avec le lancement de Free News et des médias de RLM Communication. Les prochaines élections nationales étant prévues en 2023, il est intéressant d’évaluer les pressions politiques exercées actuellement sur les médias. Parmi ces pressions, nous citerons la décision interministérielle datée du 22 avril 2021, qui a, par la suite, été annulée. Cette décision avait interdit les manifestations publiques et la diffusion de plusieurs émissions radiophoniques et audiovisuelles « susceptibles de troubler l’ordre et la sécurité publiques et de nuire à l’unité nationale », sur fond de crise sanitaire. Ce texte ciblait particulièrement des émissions interactives avec des interventions téléphoniques directes d’auditeurs, et celles contenant des débats politiques. Pas moins de neuf émissions ont été interdites de diffusion par le gouvernement, et ce, pour toute la durée de l’état d’urgence sanitaire. La liste, précise le texte, est « non limitative ». L’état d’urgence sanitaire reste en vigueur à ce jour, après une brève interruption. La décision a été signée par le ministre de la Justice, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation (MID), le ministre de la Sécurité publique, le ministre de la Communication et de la Culture et le secrétariat d’État chargé de la Gendarmerie7.

Concernant l’affaire Gaëlle Borgia, Reporters sans frontières (RSF) dénonce une entrave au travail des journalistes à Madagascar. « Ces derniers mois, RSF a reçu plusieurs signalements inquiétants concernant l’exercice du journalisme à Madagascar. Les pressions, intimidations et menaces se sont multipliées pour tenter de contrôler la communication publique autour de certains sujets, notamment celui de l’épidémie de Covid-19 », mentionne RSF dans un communiqué publié le 1er juillet 2021. « Nous dénonçons avec la plus grande fermeté les tentatives grossières et mensongères de discréditer le travail de cette journaliste, en utilisant des victimes du changement climatique et l’antenne de la télévision nationale pour propager de fausses informations et s’en prendre à elle. Cette campagne de dénigrement discrédite ceux qui en sont l’origine. Elle est également irresponsable, car elle aurait pu mettre en danger la sécurité de cette journaliste reconnue pour son sérieux et son professionnalisme », déclare le responsable du bureau Afrique de RSF, Arnaud Froger.

Le positionnement politique des médias publics

Les chaînes publiques ont été longtemps utilisées pour servir la communication étatique. Ce constat n’a pas changé. Une subjectivité est observée au niveau du discours adopté par les journalistes de la station publique de télévision TVM, dans la mesure où ils tendent à mettre en avant les actions des dirigeants étatiques et accordent une couverture prioritaire aux activités des dirigeants. En outre, la TVM traite rarement des sujets chauds du moment, ou du moins la station donne la parole à un seul bord politique, à savoir aux sources institutionnelles, dans le traitement des sujets d’actualité. Ce qui a pour conséquence une absence de pluralisme de points de vue.

Si dans ses principaux programmes d’informations, la TVM n’a accordé aucune couverture aux manifestations des étudiants de l’Université de Toamasina durant lesquelles un étudiant est mort des suites d’une blessure par balle, la ministre de la Communication et de la Culture, et non moins porte-parole du gouvernement, Lalatiana Rakotondrazafy a apporté son point de vue par rapport à ladite manifestation et par rapport à la mort de l’étudiant durant l’émission « tsy ho tompon-trano mihono ».

Durant cette émission hebdomadaire, elle a défendu les forces de défense et de sécurité en déclarant que celles-ci ont été contraintes de tirer en l’air pour disperser les manifestants en colère et c’est par un malheureux hasard que l’étudiant a été touché et a succombé suite à sa blessure. Si la TVM a accordé un temps de parole conséquent à la porte-parole du gouvernement concernant ce sujet, la station n’a pas donné la parole à l’autre camp, à savoir aux manifestants. D’une manière générale, la TVM n’accorde pas de temps d’antenne aux autres bords politiques, et encore moins à l’opposition. La RNM est la seule radio publique exerçant à Madagascar. Elle donne une place importante aux informations locales à travers l’émission quotidienne « ampitampitao », durant laquelle chaque direction régionale de la communication produit une émission avec un temps d’antenne d’une heure pour relayer les informations de chaque district. Elle priorise aussi les informations régionales dans le journal parlé. En tant que média public, RNM a l’exclusivité de la couverture nationale.

RNM accorde une importante couverture aux informations officielles, ainsi qu’aux actions menées par le pouvoir en place. À cet effet, les journalistes tendent les micros aux élus et aux administrateurs publics. Prenons l’exemple de l’émission produite par la Direction régionale de la communication de Sava, le 12 juillet 2021, intitulée « Antsiranana mila vola, Diego tsara faritra ». Les invités des journalistes y sont le maire de Sambava, qui est le seul interviewé sur le sujet de l’assainissement de la commune, le chef de la Circonscription scolaire (Cisco) de Vohémar, concernant l’examen officiel du Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE), ainsi que le directeur régional de l’administration pénitentiaire. La radio publique est ainsi proche du pouvoir actuel.

Références : 1 Rapport de monitoring sur la couverture médiatique de la campagne de l’élection présidentielle de 2018, projet PEV Madagascar par le Centre Européen d’Appui Électoral. 2 Cf. https://lachasseinfo.wordpress. com/2018/03/19/media-le-groupe-rlm-communication-a-celebre-ses-deux-annees-dexistence/ 3 http://www.lagazette-dgi.com/?p=19119 4 Friedrich-Ebert-Stiftung, Les impacts de la structure de la propriété des médias sur la couverture médiatique, la représentation politique et le travail du journaliste, 2020 5 Friedrich-Ebert-Stiftung, Les impacts de la structure de la propriété des médias sur la couverture médiatique, la représentation politique et le travail du journaliste, 2016 6 Se référer au rapport de monitoring sur « Les médias face aux défis de l’indépendance et de l’apaisement » sorti en février 2018 (www.pevmadagascar.eu). 7 https://www.agenceecofin.com/audio-visuel/0212-15602-madagascar-l-office-de-radio-etde-television-fait-200-millions-de-recettes-publicitaires-en-un-mois 8 https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210424-le-gouvernement-malgache-interdit-neuf-%C3%A9missions-de-radio-pendant-quinze-jours

ONG Communication Idea Development