Reférendum ? Reférendum !

Après les trois rounds d’élections, l’équilibre politique du pouvoir à Madagascar a été réorganisé. Alors que l’opposition doit retrouver des forces pour faire face à l’avenir, après une série de défaites cinglantes, le camp autour de l’IRD/IRK peut revendiquer un large mandat gouvernemental à tous les niveaux. Mais après le marathon des derniers mois, nous n’avons pas encore le temps de reprendre souffle. Le prochain référendum approche à grands pas.

Les référendums servent à donner aux citoyens la parole pour décider de questions fondamentales portant sur le « vivre ensemble ». Cette consultation est essentielle pour rendre le pouvoir de décision des élus au peuple, même dans les systèmes républicains, du moins pour un court instant. Les optimistes devraient également admettre qu’ils sont généralement heureux de ne pas avoir à exercer ce pouvoir de décision de façon permanente.

Il existe des différences internationales majeures dans la façon dont les pays traitent cet instrument de référendum. Les républiques sont des démocraties, mais toutes les démocraties ne sont pas des républiques. En Allemagne, par exemple, la Constitution ne prévoit pas de référendum au niveau national. Pourquoi ? Lorsque la Constitution allemande avait été rédigée, le pays était en ruine et le régime terroriste du national-socialisme était encore très présent. La propagande omniprésente a montré comment les votants pouvaient être influencés si des campagnes de désinformation ciblées et des pressions politiques avaient lieu en même temps.

Les mères et les pères de la Loi fondamentale ont donc décidé de ne pas autoriser la possibilité de la tenue d’un référendum. À l’époque, ils considéraient que c’était encore trop dangereux pour un Allemand moyen. En conséquence, l’Allemagne a modifié sa Loi fondamentale plus de 60 fois au cours de ses 70 ans d’existence – uniquement par vote du Bundestag – l’Assemblée nationale allemande –, sans jamais avoir consulté directement la population. Cela n’a pas nui à l’Allemagne ; la politique est pour les professionnels, et non pas pour les amateurs.

Les politiciens doivent utiliser l’instrument du référendum de manière responsable. Pour moi, la première question est donc la suivante : que pourrait changer un référendum dans la façon de vivre ensemble des citoyens ? Je crois fondamentalement que les référendums n’ont de sens que si trois critères sont remplis. En premier lieu, les citoyens devraient avoir  un vrai choix entre deux alternatives. Ensuite, ils devraient être bien informés des avantages et des inconvénients de ces alternatives et, enfin, ils ne doivent pas craindre aucun inconvénient individuel, quel que soit leur choix ou leur manière de choisir. Les référendums qui n’essaient en substance que de clarifier les détails de l’ingénierie politique ne me suffiraient pas pour aller aux urnes, car ils n’ont pas grand-chose à voir avec ma vie concrète.

D’un autre côté, les référendums sont parfaitement adaptés pour créer un momentum politique exceptionnel. Un momentum qui rassemble un pays. Si les citoyens se considèrent vraiment et véritablement comme faisant partie d’une grande expérience appelée « démocratie », et s’ils se sentent en union avec le système dans lequel ils vivent, cela produirait une immense force positive qui pourrait booster un collectif dans son ensemble.